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Broken Twin: « May »

 

Il est des albums qui ne reposent pas sur la production ou les musiciens mais seulement sur le « songwriting » et dont c’est la simplicité qui les rend beaux. Les textes peuvent dire des choses évidentes mais avec un flair poétique et sous entendu. Ainsi peut-on définir le premier album de Broken Twin, May.

Majke Voss Romme est basée à Copenhague et, après avoir fait partie d’un groupe, Glass Arena, elle a sorti un « single » (« Sun Has Gone ») inclus ici et tenant lieu de morceau central modeste avec son piano discret mélancolique.

Basé sur les émotions, celles-ci n’envahissent pourtant pas le disque. En son cœur il y a des tourments qui sont difficiles à prononcer à haute voix mais que Romme parvient à agripper dans l’éther et à chuchoter avec perfection. Il s’agit principalement de chansons d’amour mais, comme « Glimpse of a Time », elles sont diverses et peuvent s’appliquer à tout le monde et en toute situation.

Les arrangements sont, dans la plupart des cas, à cordes et jamais Broken Twin ne s’aventure très loin de cette formule. Cela donne un album doux et délicat, rappelant Nick Drake, mais, tout comme chez ce dernier, sans perdre profondeur et intensité. Du début à la fin, les couches musicales sont apprêtées et soignées, solennelles sans être orchestrales, éloignéas de tout bruit hormis peut-être sur un « River Raining » qui, tout tendu qu’il soit, ne fait pas office de bouche-trou.

Ce dépouillement met en évidence certaines faiblesses, une certaine monotonie ne serait-ce qu’au niveau de la tonalité générale. Gageons pourtant qu’avec les qualités de composition dont elle fait preuve, Romme sera capable de nous proposer des morceaux aussi intemporels que ceux dont elle semble vouloir faire sur May sa vocation.

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30 avril 2014 Posted by | Quickies | , | Un commentaire

Chad VanGaalen: « Shrink Dust »

Chad VanGaalen a défini son cinquième album comme un disque folk. Shrink Dust l’est sans doute en termes de structure et de thématique (les difficultés de l’amour et de la vie) mais on y trouve aussi un autre sous-genre car il s’agit également un essai sur la perte, l’évolution et nature de la transformation.

Loin d’être abstrait cela s’exemplifie dans son attrait pour la multiplication instrumentale où les guitares acoustiques et électriques comme emmaillotées dans des cymbales qui murmurent et épicées de synthétiseurs discordants et où les rythment sa balancent doucement au gré des instruments à bois et à vents.

Le morceau d’ouverture, « Cur Off My Hands » est le titre fondateur de cette démarche où le pastoral est nimbé d’électricité et on retrouvera le même assemblage astucieux entre sons naturels et modifiés sur des compositions comme « Where Are You » avec une atmosphère de music-hall semi acoustique créant une réverbération qui s’immiscera dans les divers parties instrumentales et émergera alors en un mur sonique singulier.

L’autre mutation s’opère au niveau des textes où VanGaalen va désincarner l’humain et le transformer en quelque chose issu d’un autre monde comme la pochette nous l’indique. « Cut Off MY Hands » s’attaquera aux mains, « Monster » sera sans équivoque » et cette métamorphose sera comme une métaphore du processus créatif dans ce qu’il révèle de caché.

« Weighed Sin » sait néanmoins faire montre de tendresse dans une voix qui passe du soprano à l’alto comme une soie se déroulant à nos oreilles ; preuve s’il en est que, même si c’est une âme qui explore, VanGaalen sait faire preuve de mesure où le paisible se mêle à l’effrayant comme l’abstrait des analogies sur l’altérité se fraie un passage sans le dévoyer vers le concret que représente le réel.

***1/2

30 avril 2014 Posted by | Quickies | | Un commentaire

Wye Oak: « Shriek »

 

Jenn Wasner, la chanteuse de Wye Oak avait déclaré, qu’après huit an de carrière, le duo noisy et fok rock de Baltimore n’utiliserait pas de guitares sur son prochain album. Les « singles » « The Tower » et « Glory », présents sur Shriek, avaient confirmé la chose de manière plutôt convaincante en particulier les synthés à contretemps du premier titre rappelant étrangement « The Logical Song » de Supertamp.

La chanson titre est encore meilleure avec ces accords électroniques en arpèges en synchronie presque divine avec les vocaux angéliques de Wasner. Avec la basse en staccato de « Before », on a droit à un début sans faute, une belle présentation de ce que la pop su=ynthéttique peut offrir de plus riche et fleurissante.

La voix de Wasner est, incontestablement, l’atout-maître dans Shriek ; leur acuité vocale est confondante et, utilisée au maximum de ses possibilités, elle fait de cet album une véritable épiphanie.

Elle alterne entre de légères touches angéliques et des tonalités enlevées qui démontre un spectre sensiblement plus large et plus déterminé qu’auparavant donnant ainsi au disque un sens de la direction peu commun.

Pourtant, si les premières compositions sont inspirées, la dynamique s’étiole ensuite assez rapidement. « Paradise » et «  Despicable Animal » sont des exercices peu aboutis de textures dream pop ressassées à l’envi, ce qui malheureusement donne à la deuxième partie de Shriek l’impression un peu amère de musiciens s’étant amusés naïvement avec de nouveaux jouets, les claviers, puis de les avoir abandonnés sur le sol.

Wye Oak s’étaient lassés de leur vieux répertoire ; il était prévisible qu’ils auraient besoin de changement. On hésite ici entre les admirables options qui ont été retenues au préalable et le regret de leur précédent répertoire qui peut surgir au bout d’un moment. La solution serait peut-être de ne pas revendre leurs six cordes et de nous offrir un nouvel opus plus équilibré au lieu d’un L.P. qui ne vaudrait que pour sa face A.

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30 avril 2014 Posted by | Quickies | , | Un commentaire

Nine Black Alps: « Candy For The Clowns »

 

Nine Black Alps est un groupe de alt-rock dont les racines sont fermement plantées à Manchester. Leur dernier opus, Sirens, faisait preuve d’une énergie post grunge et Candy For Clowns s’emploie à répéter la formule réussie pour ce combo .

« Novokaine » ouvre l’album sur diverses couches d’instruements qui sont légèrement désaccordés les uns des autres mais l’ensemble est plutôt réussi. Leur style est sombrement psychédélique qui est complémenté par la voix grave de Sam Forrest qui enchaîne très bien sur «  Blackout » lisse, suave et captivant sans perdre pourtant de son impact un peu comme si les grungers avaient endossé un smoking.

En termes de vêtements, « Supermarket Clothes » sera beaucoup plus enlevé et ferait un parfait « single » : il est accrocheur tout comme « Something Else » avec une rguitare rythmique excellente et d es percussions qui apportent puissance et engagement à la composition.

Ces titres semblent moins excessivement travaillés que le plupart des autres plages, par exemple « Patti »,qui offrira des pauses dramatiques dont on ne voit pas l’intérêt avec des notes traînantes et superposées comme pour donner profondeur et signification à un un son qui aurait gagné à être resté consistant.

Le reste des composition est, en effet, correct mais n’apporte rien de particulier et de significatif. Sur « Morning After » les vocaux sont assez bien mis en valeur, et « Come Back Around » ou « Destroy Me » n’apportent rien si ce n’est l’impression que Nine Black Alps s’est évertué à reproduire Sirens d’une manière trop besogneuse.

Le groupe a pourtant beaucoup à offrir, ainsi  « Clown », qui clôt l’album,  en est une excellente preuve ; il serait temps qu’au bout de onze ans d’existence nos mancuniens sachent quelle direction ils souhaitent prendre.

**1/2

 

 

30 avril 2014 Posted by | Quickies | , | Un commentaire

Rapid Talk: Interview de Afghan Whigs

The Afghan Whigs n’ont pas réalisé d’albums depuis 16 ans. Leur leader, Greg Dulli, a une bonne explication pour cela : il ne peut nommer aucun groupe qui aurait pu les remplacer ! À prendre au second degré bien sûr car il a, entretemps, collaboré avec Dave Grohl et Mark Lannegan. En même temps l’écho des Whigs peut se faire entendre chez The National ou My Chemical Romance ce qui explique qu’il se soit reposé sur ses lauriers.  Do To The Beast doit donc soutenir la comparaison avec son œuvre séminale, Gentlemen en 93 ou Black Love. Même si les résultats sont, pour le moins, peu convaincants, une rencontre avec Dulli s’imposait.

Do To The Beast est le premier album de Afghan Whigs en 16 ans. Pourquoi ce besoin et pourquoi maintenant ?.

C’est comme ça ; j’ai toujours fait les choses quand j’avais envie de les faire. Jamais je ne me suis dit que je me devais d’enregistrer. Ce qui m’a surpris c’est, qu’à la fin de la tournée, nous n’en avions jamais parlé. On n’évitait pas la discussion mais c’est ainsi que les choses se sont passées

Il y a eu le Usher show, le premier sans votre guitariste Rick McCollum. Vous étiez en place pour cet événement ?

Oui, on ne voulait pas faire un disque avec lui, considérant sa situation présente. Sans doute est-ce pour cale que nous n’en parlions pas en tournée. On existait car nous devions remplir nos obligations. C’était « fun » mais il y a eu des moments difficiles. Au Usher show on était vraiment cool et sans pression.

Vous avez donc eu plusieurs collaborateurs pour remplacer Rick durant l’enregistrement…

Alain Johannes et David Catching qui ont tous deux joué avec Queens of the Stone Age, Mark McGuire deEmeralds, d’ailleurs il joue paxs mal sur le disque. Et aussi Dave Rosser et Jon Skibic qui ont plusieurs cordes à leurs arcs. Je joue avec Skibic depuis 11 ans et Rosser, 8.. Je sais de quoi ils sont capables et je savais que j’allais les prendre pour les concerts.

« Algiers » ouvre l’album et débute avec le roulement de batterie de « Be My Baby ». Est-ce délibéré ?

J’avais le riff et chercher quelque chose pour démarrer le morceau. Je me suis dit beaucoup de gens et même Jesus & Mary Chain l’avaient utilisé. Alors pourqquoi pas moi ?q

Vous avez repis des satnadards R&B classiques comme « Band of Gold » ou « Come See About Me » : quel attrait a cette musique pour vous ?

C’est la musique avec laquelle j’ai grandi ; ma mère était une teenager à ma naissance et j’écoutais sa collection de disques. De la Motown, Dionne Warwick ou Dusty Springfield. J’ai grandi avec cette musicalité particulière, elle m’a toujours accompagné et il m’arrive encore d’en emprunter quelques passages.

D’ou vient le nom de « Matamoros » ?

Matamoros est une ville frontière près de Brownsville, Texas où des meurtres sataniques sesont- déroulés durant les 80’s . J’aimais les syllabes de ce nom et d’ailleurs il y a deux autres noms de lieu dans le disque, Alger et Can Rova. Ils sont évocateurs sans que je me sente obligé d’écrire quelque chose de particulier. Ce titre n’a donc rien à voir avec les meurtres sataniques au Mexique. Je ne fais que donner une information.

Il y a beaucoup de noms de lieux dans vos compositions, « Fountain And Fairfax » à Los Angeles est une intersection où ont lieu des séances des Alcooliques Anonymes…

« Decatur Street », ‘ »Front Street ». Tous ces endroits suscite quelque chose en moi et me poussent à écrire à ce propos.

Est-ce le point de départ de vos chansons ?

Non, c’est toujours la musique. Parfois un riff, parfois une partie de batterie. « Parked Outside » a commencé ainsi par exemple et ensuite on a construit le riff autour de la percussion. Pareil pour « Matamaros, la batterie a été mon premier instrument.

Et ensuite ?

Je n’ai jamais possédé de batterie, on m’en prêtait. Mais comme on était toujours à l’arrière j’ai voulu devenir chanteur J’ai commencé la guitare à 19 ans et c’était par nécessité. Je préférais écrire des chansons et les fredonner. J’ai appris la guitare et le piano tout seul et voilà…

Lors de votre tournée de réunion, une grande partie de votre vieux matériel avait des tonalités sombres. Est-ce difficile de revivre des vieux titres ?

Quand je les interprétais originellement ça allait. Par contre c’était plus dur après. Tout me revenait en mémoire et beaucoup des compositions tirées de Gentlemen étaient vraiment méchantes. J’ai commencé alors à ne plus trop m’aimer en raison du fait que je les avais écrites. Quand on a fait Black Love, j’en ai supprimé pas mal et refusais de les interpréter. Je reconnais la personnes qui l’a fait mais je ne me sens plus son obligé en tant que tel.

Ça a dû vous paraître étrange que les morceaux issus de Gentlemenont été celles qui vous ont attiré de nouveaux fans.

C’est certain. Je commençais à être cette personne de Congregation, qui est le moment où j’ai trouvé ma voix. Ceci dit, vous ne choisissez pas ce par quoi vous passez dans la vie. C’est cela que vous allez représenter artistiquement et, sur bien des plans, ça m’a aidé car ça m’a permis de me saisir de choses que j’avais en tête et de les mettre en face de moi. Ça n’était pas nécessairement plaisant à voir, mais c’était là.

À l’époque tout était très public et les gens voulaient me voir le faire. Il y avait quelque chose de masochiste et j’ai alors essayé d’altérer cette étrangeté avec la drogue. C’est devenu alors le gros foutoir aussi j’ai fait l’album suivant pour qu’il soit personnel mais dans un contexte cinématographique. Black Love m’a permis de me distancier de tous ces trucs et à de ne plus éprouver ces états d’âme. C’était un disque très protecteur.

Vous avez couvert Frank Ocean récemment. Quels chanteurs de R&B modernes admirez-vous ?

Martina Topley-Bird est une de mes favorites. J’aime aussi Lulu James, elle est assez jeune. Mais je n’ai jamais entendu quelqu’un rafraîchir le genre , cette dernière vient d’Afrique et elle apporte quelque chose. Son approche est très puissante et sexuelle mais toujours contrôlée.

Avez-vous entendu le nouvel album de Beyoncé ?

J’adore Beyoncé. Je n’ai jamais été très loin dans son répertoire mais je suis fan. Elle est un mélange de Prince et de Tina Turner et elel aussi maîtrise tout très bien. Je suis excité par ce qu’apporte Lulu de nouveau pourtant. Je voudrai voir si elle est une créatrice ou une création.

Et Janelle Monáe?

J’aime bien Janelle Monáe. Mais j’ai du mal à me connecter avec elle d’un point de vue émotionnel. J’aime la regarder mais c’est comme un mur . Tout est si conceptuel qu’on ne sait pas qui elle est réellement. C’est quelqu’un que je ne peux pas admirer.

Do To The Beast est le premier album sorti chez Sub Pop depuis 1992. Depuis combien n’avez-vous pas écouté Up In It, votre « debut album » sur ce label?

Je l’ai écouté avant notre tournée de réunion, tout comme les autres albums de manière à voir ce que nous allions jouer. Je crois qu’une grande partie de notre matériel est trop rapide. Il y avait l’urgence mais aujourd’hui je me demande si ça n’était pas artificiel. Disons qu’on a pris ça comme une jam session dans laquelle nous n’aurions pas peur de corriger les erreurs qu’on aurait pu faire plus jeunes en supprimant des trucs et en insistant sur ce qui avait marché et marche encore.

n’avez-vous pas écouté Up In It, votre « debut album » sur ce label?

Je l’ai écouté avant notre tournée de réunion, tout comme les autres albums de manière à voir ce que nous allions jouer. Je crois qu’une grande partie de notre matériel est trop rapide. Il y avait l’urgence mais aujourd’hui je me demande si ça n’était pas artificiel. Disons qu’on a pris ça comme une jam session dans laquelle nous n’aurions pas peur de corriger les erreurs qu’on aurait pu faire plus jeunes en supprimant des trucs et en insistant sur ce qui avait marché et marche encore.

Êtes-vous une personne critique de votre musique en général ?

J’essaie de l’être autant que possible. J’essaie de faire ce travail pour vous de manière à ce que, quand vous l’entendez, tout a été bien travaillé. «Il m’a fallu 20 ans pour aboutir à une version satisfaisante de « Son of Youth » mais, désormais, c’est une chanson que j’ai hâte de jouer chaque soir. C’est bizarre, j’avais 22 ans que je l’ai écrite et c’était assez gratifiant pour moi de me connecter avec le type de 22 ans que j’étais alors et de me dire : »Moi aussi, mec, j’aime ça. »

Puisque les lieux sont importants pour vous, où a été enregistré l’album ?

Dans plusieurs endroits mais surtout en Californie ; à Joshua Tee mais aussi dans le home sudio de Josh Homme à Burbank. C’est un super endroit nommé Pink Duck avec une grande pièce phénoménale et un super son. On a mixé et fait les overdubs vocaux à New Orleans. J’y ai un appartement depuis 11 ans. C’est une assez petite ville, tout le monde s’y connaît et les gens ont encore un sens civique là-bas.

30 avril 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire