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Paolo Nutini: « Caustic Love »

Quelle drôle d’idée de démarrer un album par un « single » comme ce blues boiteux et froid qu’est « Scream (Funk My Life Up) » ! Ce troisième opus est en effet sans doute le plus intéressant de Palo Nutini. Toutefois, ce morceau aura le mérite de nous éclairer sur cette toute nouvelle versatilité musicale que Cautic Love arbore puisqu’il voit le chanteur avouer avoir fumé de la « ma green ».

La suite semblera le confirmer avec un « Let Me Down Easy » qui révélera sa voix au falsetto toujours aussi bien peaufiné mêlée à une « soul » enfumée référençant, ce qui n’est pas vraiment une mauvaise chose, Bob Marley et citant « le chanvre rougeâtre » qui conclut le morceau.

Il y aura encore plus à se gratter (ou prendre) la tête avec « Bus Talk (Interlude) » une tranche de jive parlé qui ne peut que vous laisser sans voix avec des effets vocaux accélérés et des ricanements suggérant le fait que son créateur a eu une période plutôt « allumée » au moment de l’enregistrement

Autre contre-pied, la grandeur orchestrale qui va accompagner le son de « One Day » et qui, sans en rougir, parvient à égaler la puissance émotionnelle de Otis Redding. « Numpty » le verra opter pour un country rag plus traditionnel et la section médiane du disque nous fera entendre un Nutini avec lequel on est familier : celui capable de composer des hymnes se consumant lentement comme « Better Man » ou « Diana ».

Co-produit avec Dani Castelar, voici un disque dans la bizarrerie tonale épouse parfaitement bien les hommages que Nutini exécute envers ses héros. Sa versatilité vocale et son soul sont exemplaires tout comme son adoption du rock pastoral sur « Looking For Somehing ». Le isque s’achèvera sur un « Cherry Blossom » égal à ce que fait Nutini d’ordinaire et un nouvel hymne, « Someone Like You », dans lequel sa voix, claire cette fois, montre à quel point le chanteur a enfin pu (en) faire ce qu’il voulait. Caustic Love est un disque « trippy » dans le sens de « stupéfiant » mais aussi dans la mesure où il nous emmène hors d‘un « adult-oriented rock » chose pour laquelle nous ne pouvons que mieux nous porter !

***1/2

29 avril 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Chelsea Wolfe

Depuis ses débuts, Chelsea Wolfe a toujours eu une approche où elle infusait effroi dans la musique alternative. La voilà de retour avec un 3° album,  Pain Is Beauty , auquel on peut accoler des substantifs comme « hantise » ou « beauté » tant il baigne dans une épaisse atmosphère menaçante qui ne vous laisse aucun répit. Elle nous parle ici de ce nouvel opus et de sa tournée « live » avec Queens of the Stone Age.

Où en êtes-vous par rapport à ce nouvel album ?

En ce moment, on se demande comment on va pouvoir ‘interpréter en tournée. Parfois nous avons des titres que nous avons testés « live », parfois c’est le contraire et vous devez les ré-apprendre. On est en plain dans les détails techniques et, en même temps, je travaille sur des films et des vidéos, en particulier un court-métrage avec quelques morceaux du disque dirigé par Mark Pellington ainsi qu’une vidéo dans le désert pour « Kings ».

Comment Pain is Beauty se compare-t-il à Apokalypsis et The Grime and the Glow selon vous ?

Je pense parfois que mes albums n’ont rien à voir les uns avec les autres car mon état mental est différent à chaque fois. Sur The Grime and the Glow je débutais en tant que musicienne, mon approche était celle de demos sur un 8 pistes car j’étais en rébellion contre tout ce qui était trop produit et qui inondait le marché. Sur Apokalypsis, j’enregistrais « live » avec mon groupe ; l’accent était donc sur l’énergie. La plus grande partie de ce nouvel opus date de 2012 et a son origine dans mon désir de donner une place aux sons électroniques que mon ami Ben Chisholm et moi avions composés depuis des années ainsi que de donner plus de place aux émotions qui étaient en moi.

Vous semblez vouloir toujours développer votre son plutôt que de vous reposer sur ce que vous connaissez ; diriez-vous que c’est exact ?

Je n’aime pas me sentir confinée à un seul son ou à une unique style de musique. J’ai toujours considéré que ma musique était bipolaire ou qu’elle avait de multiples personnalités car sur un disque je pouvais avoir une plage acoustique, une autre électronique, un son rugueux ou, au, contraire, propre. J’estime que l’humeur et le concept me permettent d’agencer mes compositions. J’aime essayer et apprendre de nouvelles choses, dans la musique tout comme dans la vie.

Comment avez-vous approché le travail en studio cette fois ?

J’ai tout enregistré sous forme de demos, la plupart des paries étant déjà écrites. On a travaillé dans un studio à Los Angeles avec un super ingénieur du son, Lars Stalfors pour capturer un plus gros son et être capable de le reproduire dans notre « home studio ». Il nous a apporté un point de vue extérieur également, ensuite on a mixé pendant assez longtemps avec Chris Common. Le mixage est la partie la plus importante pour moi car vous devez vous rappeler de tous les éléments et les moments qui ont trait à l’enregistrement et les amalgamer de la meilleure façon possible. J’ai tout dans ma tête mais je dois être très consciente et organisée pour ne rien oublier.

Y-a-t-il eu un moment de ce temps passé en studio que vous avez voulu délibérément changer ?

Je n’aime pas être limitée par le temps aussi je n’aime pas le pression d’avoir un impératif strict. La musique fonctionne avec le temps et au ralenti en ce qui me concerne aussi il est mieux pour moi de prendre le temps de tout développer. À l’avenir, j’aimerais construire un meuilleur « home studio » de manière à nous imposer notre propre rythme de croisière. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir avec moi Chris Common qui a été très patient durant cette période de mixage.

Vous avez beaucoup travaillé avec votre ami Ben Chisholm ; qu’est-ce qui vous a amenée à le faire avec un membre du groupe ?

Ce sera un projet solo à part mais mes autres musiciens apportent beaucopup aux enregistrements et aux concerts. Ben est arrivé il y a 3 ans, à un moment où je voulais vraiment ajouter une composante électronique sans savoir à quel point il allait devenir un tel partenaire en termes de composition. On a commencé à écrire des titres électroniques dans l’intention d’en faire un projet différent. Finalement nous avons été tellement occupés avec Chelsea Wolfe que nous avons décidé d’y incorporer certains titres à l’album et aux concerts. Ben est très fort coller le montage ; il peut prendre une tout petit extrait de voix ou de violon et le travailler en une ½ heure pour en faire quelque chose de totalement nouveau et magique. Il a aussi crée beaucoup des « beats » de cet album en utilisant seulement des « samples » enregistrés dans notre environnement : de la vapeur, un ascenseur industriel par exemple. C’est également un merveilleux pianiste et j’espère produire d’autres projets avec lui.

Est-il difficile de collaborer objectivement avec une personne que vous voyez régulièrement ?

Je suis toujours très objective aussi il y aura toujours des tiraillements issus de la façon dont nous abordons la musique. C’est un travail que nous prenons sérieusement aussi nopus sommes désireux d’y mettre le temps et l’énergie nécessaire.

Quelle a été votre principale motivations dans l’écriture de Pain is Beauty ?

Des choes très élémentaires comme les désaatres naturels, l’intensité de la nature, la généalogie, les tourments de l’amour. Le rapport avec la terre et la possibilité que les coutumes et la mythologie de nos ancêtres demeurent en nous de part notre lignage. La façon dont les humains perturbent la nature et aussi comment elle peut être plus puissante que nous.

Pain is Beauty va très bien avec votre son influencé par le gothique. Pourquoi avez-vous choisi de le nommer ainsi ?

Ça me semblait être un bon résumé des différents thèmes et idées de l’album. J’aime qu’un titre de disque donne un aperçu de ce qu’on va entendre. En même temps il faut qu’il soit aouvert à l’interprétation. Pour moi, ça fait partie d’un processus de guérison, semblable à la nouvelle forêt qui apparaîtrait après un feu. On surmonte les choses, on devient plus fort, plus avisé et c’est cela qui rend la chose si belle.

Puisque un autre impératif est de partir en tournée ; comment vivez-vous ces moments sur la route par rapport au studio ?

J’adore enregistrer même si c’est très fatidieux. Je crois écouter un enregistrement est, quelque part, plus intime qu’être au milieu d’une salle pleine de spectateurs. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me sentir ne serait-ce qu’un minimum à l’aise sur scène. Mais parfois l’énergie et si intense que tout prend un nouveau sens, plus spécial. Je suis assez impatiente de retrouver ces moments, surtout par le fait que c’est un nouveau groupe et aussi de nouvelles chansons. On doit tourner avec des combos que j’aime beaucoup, Russian Circles et True Widow. Et puis partir en tournée est comme une vacance me permettant de m’éloigner de chez moi à Los Angeles. J’habite dans une très vieille maison infestée d’araignées et dès que j’y reste trop longtemps elles commencent à s’en prendre à moi ! Ça n’est pas vraiment mon chez moi, j’y travaille et retourne en Californie du Nord quand je peux.

Que peut-on attendre de Chelsea Wolfe dans un avenir pas trop distant ?

Eh bien on ouvre pour Queens of the Sone Age en tournée. C’est un de mes groupes favoris, ce sera donc un vrai cadeau. Ensuite ce sera les festivals et d’autres tournées. J’écris toujours même dans ces moments-là. Comme je le disais, la musique ne vient pas dans un certain ordre et à un moment voulu. Je pense donc déjà au prochain album et je dois aussi passer un peu de temps à Seatlle pour travailler sur un projet commun avec King Dude qui sortira cette année.

29 avril 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Liz Green: « Haul Away! »

Dans une récente interview, Liz Green déclarait impassiblement que son nouvel album, Haul Away !, était plus joyeux que le premier, O Devotion, dans la mesure où « au niveau des textes il n’y a pas autant de gens qui meurent ».

Cela suffit pour comprendre que son univers est celui d’une mélancolie sombre et cela ne peut qu’être renforcé par une pochette où son visage semble être envahi par un bleu océan. On ne sera pas surpris donc que beaucoup de ses titres sont comme nautiques avec des références aux rivières aux îles et à une chanson titre dont le tempo grondant est celui d’une chanson de mer.

Les échos cabaret de O Devotion persistent néanmoins, l’artiste intercalant avec adresse des compositions intimes et d’autre plus théâtrales.

Le morceau d’ouverture, « Battle » expose merveilleusement bien le premier genre alors que l’effrayant mais évocateur « Where The River Don’t Flow » est l’exemple de la façon dont elle peut se révéler ostensiblement dramatique.

Sa voix est, à cet égard, un merveilleux instrument dont elle use avec une expressive efficacité et même un instrumental (« Little i ») présente un fleuri capable de faire tomber en pâmoison.

Déjà détentrice d’une récompense au Festival de Glastonbury en 2007 dans la catégorie des talents émergents, Green perouve une fois de plus qu’elle n’est pas une artiste « mainstream » et que, en l’espace de deux albums, elle est capable de se monter différente et originale.

Sur Haul Away !on trouve ainsi des sons éclectiques, des rythmiques étranges et inattendues. Ainsi, la chanson titre part d’un piano délicat avant de s’enfoncer dans un skiffle jazz, si soudain qu’il ne peut qu’attirer notre attention. C’est un démonstration assez impressionnante de versatilité et de maîtrise, tout comme cette excellente idée d’infuser un peu de musique juive tout au long de l’album (« Rybka » par exemple), chose rarement expérimentée dans la musique populaire.

Ce nouveau disque n’est pas un album folk de plus ; il témoigne d’un talent singulier et surtout d’une volonté à faire progresser un genre dont l’univers demeure encore trop souvent imprégné d’un romantisme pastoral stéréotypé et suranné.

***1/2

29 avril 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire