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Rapid Talk: Interview de Torres

Torres, ou Mackenzie Scott, est une chanteuse compositrice de Macon en Géorgie. Son premier album, Torres, lui a très vite donné la réputation d’être une artiste aussi douée pour la compositions que pour les textes. Il était intéressant de s’entretenir avec elle de sa démarche créative ainsi que de sa relation avec celle de St. Vincent.

 

Les musiciens utilisent des pseudonymes pour différentes raisons : qu’est-ce qui sépare alors Torres de Mackenzie Scott ?

Torres représente la partie créative de Mackenzie Scott. Utiliser un pseudo me donne plus de liberté pour trouver l’inspiration. C’est en tous cas mon but. J’aime avoir cette distinction entre ce que je fais professionnellement et ce que je suis en tant qu’individu. Même si ça n’est que pour moi, cela me donne la motivation nécessaire pour me mettre dans la peau de l’artiste. Torres c’est BIEN moi, mais c’est juste une facette distincte du reste. Elle est amplifiée, dynamique et je trouvais que cette partie de moi méritait son propre nom.

Quelle distinction existerait alors entre une composition de Torres et une de Mackenzie ?

Parfois on n’en trouvera pas. Mais généralement une chanson de Mackenzie est plus calme, retenue et moins audacieuse que chez Torres. Quand j’écris et que je suis au milieu du processus et que je sens enfin cet élan de créativité qui palpite sous ma peau je sais que le morceau va être meilleur. Là, Torres qui se met en branle et c’est la beauté de s’être imposé un alter-ego illusoire.

Vous avez étudié l’écriture musicale à Belmont University à Nashville : en quoi cela vous a-t-il influencé ?

Sûrement plus que je n’en suis consciente. J’écrivais constamment et cela équivaut à un apprentissage perpétuel dans la façon de peaufiner ses compositions.

En tant que « songwriter » abordant des vérités douloureuses et des émotions à fleur de peau, était-il difficile de pénétrer dans un environnement comme une salle de classe où tout est plus froid et clinique ?

C’était étrange mais ça ne m’a pas surpris. Il était important que je puisse voir ce côté de l’industrie et ça m’a certainement renseigné sur les aspects sur lesquels je ne voulais pas faire carrière.

Qu’est ce qui vient en premier ; un texte, une mélodie, une progression d’accords ?

C’est différent à chaque fois. En général j’ai l’idée que je veux développer et, en de nombreux cas, je démarre sur ce qu’on appelle « l’accroche ». Ceci dit le dernier morceau que j’ai composé n’en avait aucune, du moins pas avant la fin. J’ai écrit sans aucune lassitude sans aucune idée de la direction qu’il allait prendre et, quand est arrivé le moment de délivrer un message, tout m’est venu…

Jusqu’à quel point vos textes sont-ils autobiographiques ?

je n’écris pas des choses qui ne signifient rien pour moi personnellement mais ça ne veut pas dire que je suis toujours le sujet d’une composition.

On s’est beaucoup demandé de qui parlait « Moon & Back »…

Dans ce cas, il s’agit de moi mais je ne suis pas le narrateur. J’ai été adoptée à ma naissance et j’ai écrit ce titre à partir de ce que je croyais être le point de vue de ma mère biologique.

Est-ce parfois douloureux de revenir à ce type de matériel « live »? Ou, au contraire, avez-vous surmonté ces choses en les couchant en musique ?

C’est la raison pour laquelle certains titres sont plus difficiles à chanter que d’autres. D’une façon générale pourtant, ça a un effet apaisant de revenir à ces compositions nuit après nuit. Si j’ouvre à nouveau la cicatrice chaque soir, c’est pour mieux y-appliquer le remède proverbial.

Vous avez tout écrit sur Torres : quelles étaient vos attentes en entrant en studio ?

J’avais une assez bonne idée de la manière dont sonneraient certains titres avec un groupe. J’avais déjà joué à Nashville de temps en temps avec des amis. Il y avait des titres qui n’avaient jamais été interprétés « live » et je ne les avais montrés à personne avant le studio. C’était un vrai défi de faire sonner tout cela de façon cohérente et de donner l’impression que les nouveaux morceaux appartenaient au même univers que ceux que je jouais depuis des années.

Vous avez sorti Torres par vous-même : pensez-vous que ce sera encore le cas pour un prochain album ?

Je suis enthousiasmée par le fait que j’ai pu sortir ainsi un premier disque. J’en ai plus appris sur l’industrie au cours de l’année que si j’avais été avec un label. Ceci dit, je n’ai aucune envie de renouveler l’expérience. Il y a trop de ressources aujourd’hui et je veux atteindre un plus grand public que ça n’était le cas à l’origine. Pour ça, je vais avoir besoin d’un label.

Avez-vous été capable d’atteindre certains avantages en termes de créativité en n’étant pas entravée par les habituelles exigences des labels ?

J’ai gardé 100 % du contrôle avec Torres mais mon espoir est de trouver un label pour sortir mon prochain album avec la même maîtrise créative. Je ne signerai pas si ça n’est pas le cas.

Vous avez récemment tourné avec Anna Ternheim et Lady Lamb. Vous sembliez avoir le même état d’esprit musical toutes trois.

Je les adore. Elles font partie des personnes les plus talentueuses, véridiques et hilarantes avec qui j’ai eu l’honneur de partager une scène. On vit toutes à New York aussi je suis certaine qu’on se retrouvera à un moment ou un autre.

Vous avez déclaré que votre musique était devenue plus rugueuse « live ». Pensez-vous que vos compositions ont toujours eu un côté qui remue l’âme our que tourner vous a transformée en tant qu’interprète ?

C’est un peu des deux. Dès que j’ai commencé à écrire, j’ai voulu être audacieuse et dynamique. Mes racines sont celles du théâtre musical mais la confiance n’était pas là. Même en enregistrant ce disque il y a eu une retenue car j’avais peur de me laisser aller, de montrer mon côté dingue et de laisser voir aux gens jusqu’à quel point je pouvais péter un plomb. Cela m’embarrassait mais être sur la route a complètement levé les barrières. Quand je suis sur scène, je me sens possédée désormais et je perds totalement contrôle de mon corps.

Cela aura-t-il un impact sur la tonalité de votre prochain album ?

Oui, je suis impatiente de faire entrer cette confiance et cette énergie dans le studio avec moi. En fait, ça se diffuse par tous mes pores tant je me sens prête.

Que pouvez-vous dire de votre relation musicale avec St. Vincent ?

Je crois être sa plus grande fan ! Je devrais peut-être la mettre en sourdine avant qu’on ne pense que je suis une folle dingue. Sa musique m’a accompagnée dans une période de ma vie où j’étais en souffrance. C’est le pouvoir de la musique que d’être à même de vous soigner et celle de Annie me transporte. Quand je l’écoute, je me dis : « la musique est une raison de rester en vie. » Jamais je ne saurai assez l’en remercier.

28 avril 2014 - Posted by | Rapid Talk

2 commentaires »

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    Commentaire par Johnd481 | 29 avril 2014 | Réponse

    • I guess I can take that as a compliment…
      Thanks.

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      Commentaire par rockdecibels | 29 avril 2014 | Réponse


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