Rapid Talk: Interview de Avey Tare Slasher Flicks

Bien que nous soyons à des mois de Halloween, Avey Tare and The Slasher Flicks se présentent sous un trio de musiciens assoiffés de sang exhibant des masquent de Freddy Kruger ou de la poupée Chucky avec un album, Enter the Slasher House dont le moins qu’on puisse dire est qu’il semble enfoncer le clou du Grand Guignol. Peut-on se fier pourtant aux apparences ? Réponse plus bas.

 Leurs passés font pourtant référence à des temps plus innocents. Dave Portner (ou Avey Tate : vocaux, guitares) a passé de nombreuses et prolifiques années ai sein de Animal Collective mais aujourd’hui c’est une âme tordue totalement différente. La multi-instrumentiste Angel Deradoorian est un ancien membre des Dirty Projectors et, elle aussi, a effectué un virage plus sinistre. Enfin, Jeremy Hyman a toujours été un batteur démoniaque que ce soit avec Ponytail ou aujourd’hui où il donne le punch qui tue à l’assaut monstrueux de Slasher Flicks.

Telle est donc l’histoire du nouveau groupe de Portner, formé en Avril 2013 juste après une conversation très polie tenue au cours d’un dîner le mois d’avant. Ils se sont formés et ont commencé à répéter rapidement pour un concert où figurait Deerhunter mais, déjà, le concept de Avey Tare’s Slasher Flick était fermement en place, du moins dans la tête de Portner.

Les deux années précédents avaient été difficiles pour le pourtant hyperactif leader de Animal Collective. Il parle d’une époque où il devait « gérer beaucoup de choses psychologiquement » d’où un album solo boueux et marécageux lié à sa séparation d’avec Kría Brekkan, de múm. Aussi, Slasher Flicks, malgré son arrière-plan digne d’un film d’horreur, est en fait une source d’amusement et de pensée positive.

Angel et Avey vivent désormais ensemble et travailler sur un projet identique « a toujours été une possibilité », explique Avey, « nous ne l’avions jamais fait avant néanmoins mais, étant habitué à sa façon de jouer, ça m’a paru une chose évidente. » Hyman, par contre, n’était pas un personnage aussi familier : « En vérité, c’était la première fois que je demandais à quelqu’un avec qui je n’avais pas eu une longue relation de faire de la musique avec moi. Mais quand j’ai commencé à écrire ces morceaux et que j’ai pris conscience de leur nature plutôt insensée, il s’est imposé à mon esprit comme la personne avec qui il était évident que je devais jouer. »

Les répétitions initiales étaient « très fun » et n’ont présenté « aucun obstacle gigantesque à franchir, même si nous venions tous d’univers musicaux différents. » Ce qui était clair pour ce premier album du gtroupe était qu’il s’agissait essentiellement d’un projet de Avey. Les titres avaient été écrits avant la formation du groupe et, comme il s’agissait d’un exercice en positivité, elles allaient d’un « single » un peu mièvre comme « Little Fang » à des charges incessantes de type « Blind Babe ». Pour Avey, « il n’y a rien de terrifiant dans ces compositions », il les apparente à « la visite d’une maison hantée, le truc que les gamins adorent faire quand ils von,t dans des fêtes foraines. » Slasher Ficks, en tant que nom, n’est pas une ode grisâtre au « gore », c’est venu « avant tout parce que j’aimais la façon dont ça sonnait. Je n’essaie pas d’être drôle ou quoi que ce soit. Je n’essaie pas d’effrayer les gens. »

Avey adore les « slasher movies » : « Je les définis comme de l’rat visuel, du moins ceux qui sont bons. » Aussi il les a vaguement liés à son projet. L’énergie du disque s’harmonise d’ailleurs avec l’excitation qu’on peut ressentir à être entraîné dans un trou du noir le plus profond de manière inexorable. La comparaison s’arrête pourtant là : « Je ne trouve même pas que le disque soit si sombre que ça », précise-t-il, « la démarche d’écriture montrait avant tout une volonté d’être positif et d’aller au-delà du malaise dans lequel on peut se trouver. Je voulais exorciser cela au travers de la musique. »

Enter The Slasher House se définit alors par un certain nombre des choses. C’est d’une part une extension de l’album de Animal Collective, Feels en 2005. Les morceaux sont légers et duveteux avant de se transformer diaboliquement dans des tonalités où guitares, percussions et voix se mettent à cogner. Cela est causé par un deuxième facteur, l’énergie « live » qui transparaît à chaque instant : « Je voulais vraiment capturer la tension qui se dégage du fait de jouer ensemble. Quand je pensais à comment le faire sonner différemment, en particulier par rapport à mon dernier album solo, il me semblait évident d’avoir un groupe qui jouerait et que les titres et la production devaient venir des musiciens jouant les uns avec les autres. »

L’impact est perceptible dès la première écoute, fraîcheur et excitation à l’exploration de nouveaux univers sont de mise, même si les sons sont, de manière énervantes, familiers. Grâce aux collages soniques excentrique de Avey, pourtant, et son désir de « faire quelque chose d’inattendu », il s’agit d’un opus totalement inédit pour lui.

Le tout a donné au trio une nouvelle soif, un sang neuf si on peut dire, qui ne disparaîtra peut-être pas tout de suite. Avant la sortie du disque, il n’avaient dit qu’une chose, à savoir qu’ils étaient « un groupe meurtrier et cannibale. » Depuis le projet a pris son envol et il semblerait que ses trois interprètes ont trouvé une direction et un but. Reste à savoir à quoi ressemblera leur prochaine victime.

 

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