Fear of Men: « Loom »

Lady Gaga s’est peut-être reconvertie au « art pop » dans son dernier disque, affligeant, du même nom mais cette définition conviendrait mieux à Fear of Men, ce collectif de Brighton dont le premier véritable album, Loom, ne fait que confirmer ce que leurs précédents enregistrements laissaient entrevoir.

On retrouve ici les mêmes arrangements subtils, au service de clairs obscurs qui ne cessent de se mêler entre eux, cet état de rêverie dans lequel on ne sait réellement si on est réveillé ou pas.

Le groupe est inspiré par ce qui l’entoure; une ville souvent folle mais aussi les courtes prises de vues filmiques propres à véhiculer des climats obsédants et tranchants où les compositions sont de fausses amies et leur indie rock un support dépassé par une vision.

Ce qu’on note dès le début est la voix de Jessica Weiss; ce genre de phrasé intimiste et charmeur qui pourrait vous faire entrer dans des secrets les plus personnels, ceux qui, avec leurs textes littéraires, vous narrent des histoires d’échcs ou de menace qui pèsent au dessus de nos têtes (« loom »).

Ainsi, tout en demeurant aérienne, l‘atmosphère est celle de la claustrophobie, un sentiment de déconnecxion dont la densité se voit renforcée par les arrangements minutieux et discrets.

« Alta » est une ouverture d’à peine une minute, un frottement acoustique qui suffit à nous faire pénétrer un univers d’incertitude et d’inévitabiité; interrogation sur ce qui va se passer mais certitude que les choses vont s’écrouler.

Cette effondrement est marqué par la grandeur presque prog-rock de « America » ou « Seer », une trépidation profonde rappelant von Hausswolf ou Nick Cave toujours prégnante dans le disque et incessamment provocatrice.

Fear of Men parviennent à distiller cela au travers d’une démarche dont on perçoit distinctement le parfum lo-fi; « Luna » offrira un paysage rêveur mais marqué par la désolation et un appauvrissement quasiment janséniste, « Desen » proposera un chorus en pleine ascension tout comme les harmonies célestes de « Inside ».

Dans toutes ces chansons se révèlera cette démonstration majestueuse d’expérimentation dénudée et à fleur de peau. Simplement cet épiderme aura cette sensibilité qui touche à l’âme et qui fait de Loom un merveilleux panachage de sexualité et d’élévation.

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