Ben Watt: « Hendra »

 

Hendra est le deuxième album attendu le plus longtemps de l’histoire puisqu’il intervient 30 ans après le premier de cet ancien membre de Everything But The Girl.

La chanson titre qui ouvre le disque est sans surprise ; un synthétiseur élégiaque et solitaire porteur de frissons et d’implications indécelables. L’impression de dance music qui serpente est là, semblable à ce que EBTG a fait en délaissant sa parure jazz au début des 90’s.

« Hendra » est pourtant un leurre ; même si les mélodies sombres et élégantes et les textes remplis d’ennui sont toujours là, le disque sonne plutôt comme un effort de folk contemporain tel qu’il avait été mis en place par le Year of the Cat de Al Stewart, là où les histoires ne sont pas plus importantes que l’instrumentation qui va leur servir d’accompagnement.

Le résultat en est un opus inondé de guitares électriques au son clair et d’un Fender Rhodes donnant une sensation de confort avec des percussions suffisamment libres pour empêcher le disque de sonner trop sombre.

Quand ça marche, le fonctionnement est fluide avec, par exemple, « Forget » avec une jolie production aérienne façon Al Stewart et une progression d’accords prise en mode mineur du plus bel effet. Ici le thème en est le regret, mais il restera exécuté sobrement et sans qu’on puisse le trouver immodéré.

« Young Man’s Game » sera par contre une ballade dédiée aux pères versant un peu trop dans l’auto-apitoiement malgré (ou en raison) d’un coussin d’harmonies doucereuses.

On notera avant tout la collaboration de l’ancien guitariste de Suede, Bernard Butler, dont le travail est immaculé comme l’est la production de Ewan Pearson. À eux trois, ils parviennent à recréer et à retranscrire l’affection qu’on peut avoir pour cette période « crossover », avec une sincérité et une émotion qui n’a rien à voir avec de la simple émulation. « Nathaniel » est sera la démonstration avec ses riffs de guitare bluesy et pleins de goûts ; morceau emblématique il contient tous les archétypes du genre sans tomber dans ses excès.

Hendra se situe dans une capsule temporelle où tout est impeccablement exécuté ; un album qui se veut tout sauf « hip » ce qui le rend d’autant plus attrayant.

***1/2

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :