Rapid Talk: Interview de The War on Drugs

 « Il y a quelques temps j’ai entendu beaucoup de commentaires de type : « Je n’aime pas The War On Drugs. ». » Adam Granduciel s’est toujours débattu avec les standards de qualité extrêmement hauts qu’il s’est donné. Loquace et même parfois éloquent il exprime les plaisirs et les douleurs qu’il a traversé pour Lost In the Dream de manière incroyablement lucide : « L’autre soir je l’ai écouté et l’ai joué pour mes amis puis je l’ai entendu de loin ». Il sourit et semble réticent à admettre que ça lui a bien plus. « Ils ont adoré ce qui a été une bonne chose de l’entendre dans ce nouveau contexte ».

Les arguments rationnels qui ont étayé l’appréciation positive pour ce nouvel album ont commencé à se frayer un passage dans son esprit. « Les gens adoraient « Slave Ambient » et je ne savais pas trop pourquoi. J’avais le sentiment qu’il s’agissait de moi apprenant les techniques d’enregistrement et faisant des expériences pour greffer mes compositions les unes aux autre. Je ne trouvais pas que j’avais écrit quelque chose de vraiment profond sur ce disque. J’étais perplexe davant le fait que les gens aimaient ; la seule chose dont j’étais sûr est qu’ils appréciaient son esprit. »

Cette fois-ci donc il avait été très attentif au fait d’enregistrer un disque pour lui plutôt que de jouer sur une narration qui aurait permis à chaque auditeur de projeter quelque chose sur lui : « Je voulais créer une chose dont je serai vraiment fier en tant qu’écrivain également. »

Groupé, avec son pote Kurt Vile, sous la dénomination de musicien « slacker » (glandeur), il estime que cette description est assez injuste dans ce contexte : «  Je ne me suis jamais préoccupé de ce terme de « slacker » mais, quand on me le mentionne, ça m’énerve. » Il essaie d’en donner une signification plus précise : « Pour moi, un groupe slacker serait, pris de façon positive, un combo comme Teenage Fan Club. Mais je n’aime pas ce terme parce que je travaille très dur sur de nombreux aspects de ma musique.Un slacker, je l’ai été quand je travaillais dans une cafétéria. » Il s’interrompt , se rendant compte qu’il ne se présente pas ainsi sous son meilleur jour : « En fait je n’en étais pas véritablement un. J’ai bossé dans des restaurants, des coffee houses, des entrepôts et tout ce qu’on peut imaginer depuis l’ge de 15 ans. J’ai toujours été un bon travailleurs. J’ai toujots été le type en qui vous pouviez avoir confiance que ce qui qui a été promis soit réalisé et c’est quelque chose qui me remplissait de fierté. »
Cela nous amène au concept de succès, du moins de la forme qu’il prend aux yeux de Granduciel. Que serait une année 2014 réussie pour The War On Drugs ? Est-ce simplement sortir le disque et partie en tournée ? « Je crois que oui. On a fait tout ce qu’on a pu sur l’album précédent. Une année réussie ne consiste pas à en vendre 60 000 exemplaires. J’ai goûté à ce que signifiait le fait d’apporter de la musique, de la créer pour vous et pour une audience. C’était sympa mais ça n’était pas excitant. Si je devais retourner au travail, je ne pense pas que ça me dérangerait tant que ça. Je crois que le succès, c’est d’avoir des gens qui se connectent à vous au niveau que je souhaite et ai choisi. Alors que ce soit jouer à Coventry, Yeovil ou Farnham,… » (rires)
Quel est donc alors le rêve dans lequel Adam Granduciel se perd souvent ? De façon très articulée, il répond instantanément : «  Je sais que ça sonne ringard mais mon rêve est en fait de mener une vie au jour le jour. D’avoir simplement la simplicité d’une vie normale, des relations amicales avec vos voisins ou d’être un petit ami ouvert, un bon fils ou un bon frère. » Il est évident que, depuis l’année précédente, il a fait pas mal de chemin, arrivant peut-être à une sorte de paix avec lui-même : « La vie est une jolie chose et le rêve est que je me sens totalement déconnecté de tout ce qui est prise de tête, pinaillage, magouilles. » Il s’arrête puis reprend : « Avez-vous besoin de tout ça ? Réellement. »

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