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EMA: « The Future’s Void »

À regarder le pochette et le titre de cet album de Erika M. Anderson, on pense inévitablement au cyberpunk, ce courant littéraire futuriste fondé par l’écrivain de science-fiction William Gibson et qui prédisait un avenir où homme et machines seraient indifférenciés. À écouter The Future’s Void on peut se dire que le futur c’est aujourd’hui et que EMA a commis peut-être sa « great American novel » fantasme de tout aspirant écrivain US.

On y trouve sentiment d’aliénation et réalisation que, quelque part, u-delà du naïf espoir de la jeunesse, l’après est synonyme de catastrophe. Anderson parle d’idées qui semblaient utopiques et qui sont devenues réalité et il n’est pas étonnant que le ferment de ce disque soit Internet et les médias sociaux qui nous font vivre une vie par procuration et que note âme est livrée à tout le monde par le biais des écrans qui illuminent nos intérieurs.

Le son est plus poli que sur son précédent disque, Past Life Martyred Saints, mais même sans guitares il conserve l’énergie du rock des années 70 sans aen voir, toutefois son côté ostentatoire Ainsi sera amenée la technologie intrusive qui accompagne « So Blonde » et qui véhicule à merveille sens de la solitude ou « Smoulder » conjuguera tempo groove et tonalités caverneuses proches du gothique.

Autre trace en sera « Cthulu », en référence à H.P. Lovecraft , climat horrifiant crée par la pesanteur des synthés et la science-fiction ne sera également pas loin avec le « single » « Satelites » où ces objets tournant au dessus de nous sont devenus des yeux qui nous espionnent en une exploration cadavérique de notre société « Big Brother » ou « Neuromancer » nommé d’après le roman de Gibson.

La production est dense et fouillée de nombreuses couches mais The Future’s Void sonne comme si il avait été enregistré on ne sait où, mais dans une direction qui pointe immanquablement vers le bas. Ce contraste maintient notre attention, tout impersonnel que puisse sembler être la thématique de EMA par rapport à son précédent album. Indubitablement ce disque est un cran au dessus du premier, plus intrépide, plus effronté et plus énorme dans la mesure où il nous catapulte littéralement dans un autre espace univers de Nine Inch Nails ou autres artistes aux visions noires et pessimistes et où même les battements de mains sonneraient artificiellement.

D’une composition à une autre, malgré parfois la difficulté à se faire une place dans cette musique à accès pentu qui rendra nos efforts encore plus gratifiants, nous fonçons, obstacle franchi, tête baissée vers ce qui nous attend ; un peu comme ce qui se produit lors de la narration d’un livre dont nous ne pourrions nous empêcher de tourner les pages.

The Future’s Void est un album prodigieux par son audace expérimentale ; sa réussite n’aura sans doute pas les louanges qui accompagnent St. Vincent. Il serait par conséquent dommage que tout amateur de schémas déglingués prête attention à Annie Clark la reine de la pop disjonctée et passe à côté de EMA, qui porte sans discussion possible la couronne correspondante pour le rock.

8 avril 2014 - Posted by | Chroniques du Coeur |

Un commentaire »

  1. […] deuxième album de Erika M. Anderson sous le nom de EMA, The Fure’s Void, est l’exemple parfait d’une artiste créant de la musique abrasive mais […]

    Ping par Rapid Talk: Interview de EMA | No BS: Just Rock & Roll! | 28 avril 2014 | Réponse


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