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The Casket Girls: « True Love Kills the Fairy Tale »

Le meilleur mot pour décrire True Love Kills the Fairy Tale, le deuxième album des Casket Girls est, selon les termes de Elsa Greene (une des deux sœurs avec Phaedra composant le duo) est « l’équilibre ».

Alors que l’énigmatique Ryan Graveface a produit l’album spontanément en quelques jours (et sous l’influence de l’absssinthe et d’une peine de cœur) les éléments qui constituent ce disque évoquent pluôt un sens de la stabilité. Alors qu’une partie de l’album plonge dans la discorde, l’autre est pétri d’harmonie (qu’elle soit littérale ou figurée).

On a droit ici à un version encore plus étrange que celle de Sleepwalking, le premier disque dream-pop des deux sœurs sorti en 2012. Celui-ci rappelle les girls groups des sixties mais aussi un garage rock plus que statique.

Les vocaux rêveurs des deux Greene sont plaisants et ils se combinent à des riffs puissants et en forte distorsion, formant un subtil mélange de brume et d’agression contenue. La phrasé passif de textes ayant trait à la drogue et à l’amour suggère, de la même manière, la colère qui bouillonne derrière un visage calme ; les émotions frénétiques et bouillonnantes d’une personne dont l’imperturbabilité est sur le point de craquer.

Le duo parvient aussi à capturer cette furie retenue de façon visuelle, par une présence sur scène minimaliste, un volontaire manque d’expression ou des masques pour leurs vidéos. Cela n’empêche pas à l’émotion de se déverser malgré ces artifices comme en témoigne le « single » « Day to Day » jonglant entre distorsion et tranquillité ou un « Secular Love » plongeant encore plus dans la désorientation.

Bine que peu distinctes les unes des autres, les plages nous entraînent néanmoins dans un climat rêveur dont on ne souhaite pas s’extirper ; un peu comme si l’attente du songe s’accompagnait d’un désir de cauchemar, ou que le coma qui s’installe était, tôt ou tard, générateur d’une autre vie, ou d’une vie autre. Un cocon de feu et d’eau comme les deux sœurs le chuchotent en vrai(e)s crooners sur « Chemical Dizzy ».

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1 avril 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

MØ: « No Mythologies to Follow »

L’approche fracturée et alternative que a de la pop n’est pas nouvelle (elle existe sous diverses formes depuis plusieurs années) mais Karen Marie Ørsted chanteuse basée au Danemark a connu peu d’artistes capables de rivaliser avec sa fmanière rageuse et farouche de s’y attaquer.

Dans No Mythologies To Follow, on trouve le son de l’excitation étourdie encore mais déjà étourdissante comme pour signifier les ambitions au hit-parade d’une chanteuse semblable à une aspiration à être une star et à voir ses rêves d’enfance devenir réalité en l’espace d’un instant.

Ce « debut album » est tout entier marqué par la patte de l’ambition ; par une méthode qui consiste à essayer des nouveaux trucs et à voir ce qui marche. Le résultat est un premier disque fragmenté, voire éclaté, mais il réussit à nous monter de nombreuses facettes de MØ, la plupart passionnantes.

Il y a les beats « trash » du morceau d’ouverture, « Fire Rides », un « XXX 88 » produit par le musicien electro Diplo, ou l’énorme piétinement festif de « Pilgrim ».

Plus subtilement, s’y prend à merveille pour déguiser une chanson de Noël , « Never Wanna Know » où les tintements de clochettes cohabitent avec de vocaux pleins de langueur ; un morceau où Ørsted se faitmi-Lana Del Rey mi chanteuse de revue qui, miraculeusement, fonctionne.

Il y a pourtant qui ne marchent pas dans No Mythologies To Follow : les chants de cheerleaders d’un « Gass » trop lustré par exemple. Néanmoins, plutôt que de voir ce disque comme un effort calculé, il vaut mieux l’appréhender comme une cavalcade d’idées toutes plus folles les unes que les autres et ne demandant qu’à naître à la vie.

Énergie et enthousiasme, seront, en fin de compte les impressions qui resteront. Durablement ? Là est la question qui se posera dans le futur.

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1 avril 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Mac DeMarco: « Salad Days »

Avec son « debut album », 2, plutôt coloré Mac DeMarco a gagné une réputation, celle de joyeux farceur du rock indie. Le personnage était à la hauteur de cette image et, bien qu’il s’accrochera sans doute toujours à cette notoriété relative, Salad Days devrait lui en accorder une autre, celle d’un chanteur compositeur affable et extrêmement perspicace.

Il a toujours été facile de brouiller les lignes entre les facéties et la musique de DeMarco mais la chose est encore plus clair sur ce « sophomore album ». Il a aiguisé son talent d’écriture et il compose des pop songs merveilleusement bizarres tout en restant souvent douces.

Si on admet qu’il a décidé de ne pas trop traficoté ce son qui lui est propre, l’accent est toujours mis sur sa voix très « blue-eyes soul » et les chuchotements qui parsèment ses boutades.

Ses compositions sont toujours drapées dans l’auto-dérision et les guitares jazzy et carillonneuses mais ne sont en aucun cas du réchauffé de 2. L’artiste parvient à équilibrer la provocation et le foutage de gueule avec des observations plus simples et se fait même plein de réflexion sur un titre comme « Passing Out Pieces » aux synthés triomphants. Il y confronte son incertitude avec sa nouvelle célébrité (« it’s hard to believe what it’s made of me ») et sur « Blue Boy » il compense à la fois son frottement désinvolte à la guitare et une vibration « chill wave » par une énumération de ses soucis à prendre au degré qui conviendra.

Moins équivoques seriont des chansons plus directes où il semble sermonner un ami à propos de la nature de l’amour, « Treat Her Better » et « Let Her Go ».

On voit parfaitement que, tout sauvage et fou qu’il puisse paraître sur scène, DeMarco est capable de faire preuve de tendresse. Il est néanmoins de sonner de manière toujours aussi bourdonnante tout en composant une chanson qui puisse nous affecter, démonstration s’il en était besoin qu’il ne se prend pas trop au sérieux.

***1/2

1 avril 2014 Posted by | Quickies | , | Un commentaire

Lavender Country: « Lavender Country »

 Ce disque date de 1973 et s’il ressort aujourd’hui c’est peut-être parce qu’il a encore une certaine raison d’être. À l’inverse de la musique folk, la country, dans les 70s, véhiculait une image conservatrice alors que le premier genre était censé être plus progressiste sur les problèmes de société.

Lavender Country est donc, d’une certaine manière, un album inattendu puisqu’il fut le premier disque à présenter des chansons country sur fond d’une thématique gay. Patrick Haggerty, le leader de Lavender Country, était un musicien et un activiste qui voulait utiliser son art pour faire passer son « message » à une époque où la communauté gay et lesbienne était encore embryonnaire.

Haggerty avait grandi en écoutant de la country et, au travers de ses voyages, il a commencé à écrire des chansons qui narraient ses expériences tout comme les problèmes de la communauté gay de Seattle où il s’était installé.

Aujourd’hui, ce disque, pressé à 1000 exemplaires, peut sembler être anodin, mais à l’époque il était un véritable pavé dans la mare. S’il fonctionne aujourd’hui, ça n,’est peut-être pas tant en raison des sujets abordés mais du songwriting qui montre que Haggerty possédait un certain talent en la matière. Sa voix est, en outre, assez variée ; hédoniste et excitée sur « Come Out Singing », scandant son laïus contre la sexualité mise sous chape de plomb dans « Crying These C**sing Tears » ou dans ses récits sur le harcèlement institutionnel et le message politique(« Waltzing Will Trilogy » et « Back in the Closet Again »).

Les compositions sont simples mais solides et mélodiques et son approche, toute didactique qu’elle soit, n’est pas dépourvu d’un humour insouciant dans son phrasé. La musique reste typée (piano, violon, arpèges de guitare) ; elle sonne quelque peu datée mais les thèmes, eux, restent d’actualité même si depuis es artiste ouvertement gays comme kd lang ont droit de cité tout comme le soutien apporté à cette cause.

**1/2

1 avril 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Ages And Ages: « Divisionary »

En surface, Divisionary, le deuxième album de Ages and Ages peut sembler être aussi éclatant d’optimisme que leur premier disque en 2011, Alright You Restless.

Il fait venir à l’esprit ces camps d’été si prisés des jeunes américains, avec une musique qui reste comme collée aux harmonies vocales vibrantes et d’une justesse au cordeau des sept membres du groupes,accompagnées de guitares acoustiques lumineuses, de claquements de mains et d’une percussion au rythme entraînant.

Après plus mûre inspection pourtant on va s’apercevoir que cette lune de miel juvénile est terminée pour un combo qui avait, à l’époque de leur « debut album » décidé de fonder une communauté.

Avec Divisionary, on est présenté à un ensemble qui a, ensemble, affronté une tempête et qui, désormais, s’adresse à ses démons personnels et aborde également certaines questions sociologique.

La chanson titre se construit sur une mélodie acoustique simple sur laquelle le leader Tim Perry va nous enjoindre de faire le bon choix et ne pas montrer que nous souffrons. Peu à peu, la composition va évoluer et s’enfouir sous une masse d’harmonies tourbillonnantes, un piano délicat et des cordes comme en flottaison, le tout produisant un mélange conflictuel fait d’espoir et d’astreinte.

Le disque va s’ouvrir de la même manière d’ailleurs avec un « Light Goes Out » où l’on entend Perry méditer sur la nature de l’authenticité avant que le morceau se transforme en une spirale chorale, un piano répétitif et une ligne de basse sonnante.

Cet amalgame sera une constante dans l’album ; le groupe fraisant montre d’une approche musicale et thématique plus mordante qu’auparavant. On sent alors que Divisonary est un opus où règne précisément la division : entre vocaux retentissant comme des chorales, des phrases psalmodiées et des rythmes énergisants, Ages and Ages parviennent à conserver un vernis encore brillant dans son voyage au travers de l’obscurité.

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1 avril 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Chuck Ragan: « Till Midnight »

On dit de la voix de Chuck Ragan qu’elle est la cause de 97 % des avalanches qui se produisent ; cela permet de situer celui qui, pendant dix ans, a été à la tête du groupe post-hardcore Hot Water Music.

Néanmoins, même au milieu de ces moments les plus extrêmes, l’aboiement de Ragan a toujours abrité une caractéristique soul qui prouvait qu’il pouvait très bien traduire son émotion sur un registre plus traditionnellement rock.

Depuis la séparation de HWM, il a laissé de côté les « enjolivures » stylistiques du punk en faveur d’arrangements alt-country et d’une approche plus proche de celle de Bruce Springsteen.

Till Midnight est son cinquième album, la voit poursuivre cette direction, ajoutant à la sueur et à la densité de ses titres des angles plus adoucis en particulier grâce à l’utilisation d’un violon.

Cela permet au disque de rester tout aussi intense tout en évitant les clichés qui auraient pu entourer cette image de songwriter rock atteint par le retour d’âge. Ragan ane The Camaraderie, son propre E Street Band, sont explosifs dans le chant choral qu’est « Something May Catch Fire » où cette ligne «  on pourrait faire du grabuge ici », n’a jamais aussi bien sonnée.

Des morceaux comme « Vagabond » et sa lap-steel, le rocker « Non Typical » et le poussiéreux « Revved »font preuve d’un punch implacable et dont on se demande comment il peut autant durer.

Même une berceuse comme « Bedroll Lullaby » trouvera un moyen de déchirer autant que les compositions les plus rapides, et elle s’intègre tout aussi bien que ces dernièress à la voix rauque et âpre de Ragan.

Il est dommage que HWM n’ait pas eu le succès dont beaucoup de combos punk ont bénéficié, il n’est peut-être pas encore trop tard puisque le bonhomme semble disposer à « sévir » jusqu’à minuit et, espérons-le, tout autant après.

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1 avril 2014 Posted by | Quickies | , , | Un commentaire