No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Owls: « Two »

Il n’est pas aisé de suivre les carrières des frères Mike et Tim Kinsella. Ils ont formé Cap’n Jazz une groupe « emo » et , depuis, ils ont collabré sur divers projets, chacun se spécialisant dans une facette de l’indie rock. Owls a donc un arbre généalogique partant dans tous les sens mais le groupe en réunifiant les 4/5 de Cap’n Jazz est l’entité la plus fédératrice de ces artistes.

Leur premier disque date de 2001 et, bien que ses titres étaient déjà réffinés, ils débordaient d’exubérance et d’énergie si chère aux fans. Two porte donc bien son nom et, enregistré 10 ans plus tard, il se montre encore plus aventureux mais se manière différente.

Alors que le « debut album » était construit sur les riffs de guitare complexes et proche du rock progressif de Victor Villareal, Two le voit s’en éloigner dans la mesure où son jeu a, désormais, plus à voir avec celui de Buzz Osborne des Melvins qu’avec tout ce qui avait été qualifié de « emo » auparavant.

Sur des titres comme « Four Works Of Art… » ou « The Lion… » les similitudes avec le groupe pré-cité sont évidentes avec les riffs extres et soner metal de Villareal remplaçant ses arpèges délicats et dansants.

Malgré cela, le terme de Owls (chouettes) reste approprié pour le groupe. « I’m Surprised… » et « Why Oh Why… » auraient très bien pu se nicher dans le premier album, prouvant que le meilleur atout du combo est son habileté à créer des accroches faciles à mémoriser aux travers de rythmes dont les mesures semblent mal alignées.

Il est inévitable pourtant que, l’album comprenant surtout de longues plages, les musiciens se perdent et prennent plus de temps à mettre en avant l’essence de leurs compositions. Le succès est donc tout relatif ; il se manifestera dans cette volonté de ne jamais répondre à ce qu’on attend d’eux et à donner valeur à une ligne créative où ne se décèle aucun compromis.

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28 mars 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Future Islands: « Singles »

« Seasons change » : c’est sur cette phrase que s’introduit le nouvel album de Future Islands. C’set une observation plutôt étrange dans la mesure où ce groupe semble imperméable au changement, du moins à ceux qui sont drastiques. Il est vrai qu’ils ont débuté avec une pop extrême et anxiogène et que si ils s’en éloignaient, cela pourrait s’apparenter à une diversion.

Depuis leur formation il y a 8 ans et 4 albums, on ne peut trouver un groupe qui sonnerait comme eux. Leur cocktail de synthés acérés comme des lames et de vocaux rudes d’où aucune émotion n’est dissimulée (Samuel T. Herring) véhicule le genre de tonalités qu’il est difficile d’aborder de l’extérieur.

Singlesreste donc résolument ancrée dans cette formule qui les a amenés à sortir leur premier album sur le label AD ; son titre étant une assertion du fait qu’ils sont, en effet, bien éloignés de l’époque où ils commençaient leur carrière sur Upset The Rhythm. On peut y voir également une affirmation que sur ces dix titres concis ils sont parvenus à nous offrir des pépites impeccables même si excentriques elles demeurent.

Sur « Spirit », Herring va hurler comme il l’a toujours fait et les synthés vont sonner aussi aigus qu’à l’habitude. « Doves » sera aussi envolé que son nom peut le suggérer (colombes) avec, toutefois, des rythmes détraqués déboulonnant ce qui aurait pu être une pop song massive.

On pourrait oublier facilement cette audace tant elle semble, par moments ne pas fonctionner. «  Like The Moon » aura un groove évoquant Dracula en plein espace et « A Song For Our Grandfathers » touchera au portait de famille. Quelque part, conjugués au vocaux enfumés de Herring, l’ensemble devrait sonner ridicule et ringard ; pourtant le dérangement introduit par le trio fend cette armure et nous délivre le coup fatal. Que l’ensemble s’avère aussi étonnamment fluide est alors une autre chose qui nous rend ces « singles » quasiment inusables.

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27 mars 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Polar Bear: « In Each And Everyone »

Il y a le jazz, il y a aussi la musique d’avant-garde. Entre ces deux pôles on trouve beaucoup de courants mais il y a aussi Polar Bear. Ce quintette (2 saxos tenor, double basse, électronique et batterie) est de retour avec son 5° album, In Each And Everyone. Et avec ce disque ils continuent à défier le simple étiquetage en, une fois de plus, volant au-delà des limites de l’expérimentation sonique.

Leur leader, la batteur Sebastian Rochford, continue de travailler avec un nombre croissant de musiciens dont Babyshambes et Brian Eno ! C’est l’influence de ce dernier qui se fait entendre sur le titre d’ouverture, « Open See », avec ses textures « ambient » qui, loin de se limiter à de la musique d’aéroport, vise à des climats plus spatiaux voire cosmiques bien éloignés des contrôleurs aériens.

C’est une introduction tranquille donne pourtant peu d’indications sur ce qui va suivre. Sur les dix autres compositions (on ne peut décemment les appeler chansons) Rochford et consorts nous entraînent dans un au travers d’un univers sonore qu‘on aurait jugé « psychédélique » s’il ne s’étayait pas sur des atmosphères grande ouverts comme en savane africaine ou, a contrario, des ambiances claustrophobes et enfumées qu’on imaginerait volontiers dans des clubs de jazz du temps de John Coltrane. Ajoutons l’utilisation inspirée de l’électronique de Leafcutter John et on se sentirait volontiers transporté également dans une salle de bal du futur.

On le voit, le temps et l’espace se télescopent, à travers les schémas des percussions ou des rythme de post-bop, des explosions furieuses et des tourbillons où se mêlent basse bouillonnante, timpani, cor et électronique pleine d’aspérité (« WW ») ou nous réservant également des climats inquiétants comme sur « They’re All Ks And Qs Lucien ».

Bien qu’abstraits, Polar Bear restent néanmoins fondamentalement attachés aux éléments fondamentaux que sont le rythme, la couleur et la mélodie. L’impérial « Maliana » et la majesté de « Sometimes » en seront une attestation plus qu’expressionniste ; c’est d’ailleurs derrière ces manifestations que perdurera l’émotion.

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27 mars 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Liars: « Mess »

S’attendre à l’inattendu est certainement la bonne attitude à adopter face à ce que Liars produisent. Ils changent de vitesse sans efforts et styles, genres ou scènes semblent être recréés à chaque fois avec facilité et fluidité quelque chose comme un réflexe naturel et une signature pour le trio.

Ce septième album est, une fois de plus gage d’une qualité que peu de groupes ont atteinte tout au long de leur carrière. Arcade Fire n’en sont qu’à leur quatrième LP alors que The Stokes ou Yeah Yeah Yeahs, de New york également, en ont respectivement sorti cinq et quatre.

Sur Mess, Liars ont décidé de s’emparer de la synth pop la plus resplendissante et d’une electronica alimentée par un climat de « rave ».

Les résultats, dansants, sont surprenants avec un retour de la couleur, des claviers acérés, de vocaux à tue-tête et de bandes mixées en chansons se fondant les unes aux autres. Le cool, le subtile et le nonchalant ne sont plus de rigueur, maintenant est venu le temps de Mess.

Celui-ci s’ouvre par des vocaux lourdement trafiqués sur ordinateur, d’abord uptempo puis descendant peu à peu vers cette facette sinistre qui est un peu leur marque déposée. Il y a quelque chose d’ouvertement et de dramatiquement sexuel mais celui-ci est tempéré par les synthés sombres et industriels de l’électro « Vox Tuned To D.E.D. » et « I’m Not Gold ».vec la voix de Angus Andrews se transformant en celle d’un crooner qui voudrait vous faire entrer en transe.

Liars ont investi l’electro française sans devoir en rougir tant semble si facile ce passage entre étrangeté inquiétante et charisme fédérateur. Mix entre intensité et climats tordus comme sur le ludique « Pro Anti War », une plage boueuse comme « Can’t Hear Well » ou « Left Speaker Blown ».

La confiance est là et elle se fait sentir avec un éclat qui n’est pas ostentation. La seule question qu’on pourra se poser à l’issue de ces onze titres au chaos brillamment orchestré sera : « Seront-ils capables de devenir un groupe de référence au même titre que Daft Punk ? » La réponse est qu’ils n’en sont peut-être plus très loin.

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27 mars 2014 Posted by | Quickies | , | Un commentaire

Expériences en Rockologie: Interview des Black Lips.

Black Lips semble être un groupe bien établi depuis surtout leur quatrième disque, Good Bad Not Evil, et leur septième album, Underneath The Rainbow semble en être la preuve vivante d’autant qu’il marque un retour bienvenu de nos Géorgiens après Arabia Montain en 2011.

« C’est le hiatus le plus long dans notre carrière », explique le bassiste Jared Swilley. « Je ne me suis même pas aperçu de quoi a été fait notre temps si ce n’est que note territoire s’est élargi. On ne faisait qu’une ou deux petites tournées américaines et elles se sont étendues à toute l’Amérique du Nord, l’Amérique Centrale et même en Europe pas mal de fois. Aujourd’hui, quand nous sortons un album, il faut prévoir deux tournées en Amérique du Nord, deux ou trois en Europe, en Australie, au Japon ainsi qu’en Amérique du Sud et même en Afrique. Il y a tant de villes et ça prend du temps ! »
C
e qui pourrait sembler être une récrimination ne l’est pas véritablement. « En réalité j’en ai assez de rester chez moi, ça me rend dingue. » admet Jared. « À la base, la prochaine année a été complètement planifiée. J’ai vu ça sur un mail que j’ai reçu. On a plein de choses à faire mais on a eu 3 ou 4 mois de repos ; un peu comme si on avait un emploi du temps de professeur. Maintenant il nous fait reprendre le boulot. »

Les choses ont redémarré et le groupe revient juste d’un concert à Columbia pour la première fois. La prochaine étape sera le Texas, au SXSW et, là encore, on ne peut pas dire que Black Lips s’étaient vus aller si loin. « On faisait semblant de croire que c’était le cas au début, mais en fait on n’y croyait pas. Les choses se sont produites lentement, comme si notre cadence était freinée par la glace, mais nous allions toujours vers le haut. Rien n’est arrivé du jour au lendemain, mais je pense que c’en est d’autant plus gratifiant. Sincèrement, jamais je ne m’étais imaginé jouer en dehors de la Géorgie. »
Il faut du temps pour parler enfin du nouvel album dont la première chose qu’il faut dire est que le sujet principal en est la drogue, mais pas de la façon dont on pourrait s’y attendre. Même si Black Lips véhiculent cette « vibe » rock and roll particulière, Jared prend le temps de préciser : «  Ça n’est pas tant le fait de prendre de la drogue, c’est juste que nous en avons pris. Je n’ai pas pris de substances psychédéliques depuis très longtemps mais je reste toujours imprégné par cette notion. Plus jamais je n’en prendrai ; je pense que vous ne pouvez faire ça que quand vous êtes un teenager ou quand vous avez plus de 50 ans. Entre ces deux pôles, il y a tant de choses dont on doit se préoccuper que ce serait dur à gérer. Disons que j’aime plus l’idée que la pratique ; je ne fume même plus de haschisch. Ça tue l’ambition et je ne veux pas passer ma vie en pyjamas à jouer à des jeux vidéo et à fumer des joints. »

The Black Lips ne sont donc pas un groupe « stoner rock » mais Jared parle d’une expérimentation un peu particulière qu’ils ont réalisée dans leurs concerts : « L’année dernière, au Texas, on a balancé dans la foule des hormones synthétiques. Mais elles étaient trop piquantes et beaucoup de gens ont été malades. Du coup on a tout annulé. »

Le fait que tout ait été programmé pour l’année à venir n’était pas leur première tentative à faire quelque chose de nouveau, continue Jared : «  IL y a deux ou trois ans on a voulu créer une boisson appelée D-Tune. La FDA (autorités sanitaires US) ne nous ont jamais donné la licence d’exploitation car il y avait dedans quelques produits chimiques qui n’étaient pas autorisés dans certains états. C’était un produit à base de vodka mais il y avait dedans une sorte de…. drogue aphrodisiaque. C’était censé être tranquillisant et excitant en même temps. On a amené un premier lot aux autorités canadiennes et on a été si malade que lendemain on avait ces terribles symptômes de grippe et de gueule de bois. On a parlé à des avocats et d’autres personnes qui nous ont dit qu’on risquait pas mal d’ennuis. Du coup, on a également laissé tomber. »

Le groupe s’essaie donc à autre chose ne serait-ce que dans les concerts où ils visent aussi bien notre odorat que notre oreille. « On a licencié notre propre parfum de façon à ce que son odeur ait un effet mémoire auprès des gens » explique Jared : « le disque aura cette odeur et les concerts aussi. Ce sera son et lumière plus odeur. Je suppose qu’il faudra qu’on travailel désormais sur le goût. » N’importe quel groupe aurait pensé à une bière, mais visiblement, Black Lips ne sont pas n’importe quel groupe.

Quand il s’agit du nouvel album, il n’ont pas non plus suivi la route standard de la planification à outrance. L’ont-ils jamais eue ? « C’est toujours la même chose, on a jamais un projet bien défini. On écrit tous les quatre, tout le monde le fait constamment d’ailleurs. La musique est dispersée sur des albums différents mais le processus de composition est unique et dure assez longtemps. Quand quelqu’un arrive avec un morceau, on l’essaie, on l’enregistre et on met sur disque tout ce qui est d’actualité. On ne s’est jamais dit : « Bon, on va se réunir et voir comment on veut sonner, jazzy par exemple. » On écrit les choses telles qu’elles nous viennent. »

Le premier titre à sortir, « Boys In The Wood », n’a pas été exactement choisi pour les fans traditionnels. « Ça sonnait bizarre donc ça risquait de gêner certains. Il y avait quelque chose de country ou de rock du Sud. Vous connaissez ce film Boyz N The Hood ? »Boys In The Wood » en est la version « white trash ». Un ghetto blanc, un parking pour mobile homes. Il y a aussi des cuivres que je trouve assez cool et ça me plaît plutôt. » Il semble donc que, quelles que soient leurs raisons, le groupe ait cette faculté de trouver la chose cool à faire. Et cela se produit de façon régulière.

Il en va de même pour le nom de l’album : « On voulait l’appeler Dark Side Of The Rainbow » , précise Jared, « mais après avoir fait quelques recherches on a trouvé que ça faisait un peu trop Dark Side Of The Moon couplé au Magicien d’Oz. On ne voulait aucune association ou avoir des gens qui penseraient qu’on se référençait au Pink Floyd ou à Oz. Du coup, on l’a nommé Underneath The Rainbow. »

« Les gens l’appellent parfois Gerber un Arc-en-Ciel Technicolor », continue-t-il, « aussi c’est un peu comme si vous étiez allongé et que quelqu’un vous dégueule dessus ». A-t-il juste inventé ça ? « Oui, c’était pour me foutre de moi », dit Jared en riant, « je ne suis pas très heureux du titre mais j’imagine que ça le fera. »

Il est par conséquent difficile de déchiffrer ce qui est inventé et ce qui a une signification pour le groupe. Est-ce que cette « odeur de musc » les résume ou si ça a été une manière d’oeuvrer dans la dérision. Mais, eu égard à leur succès, cela est-il vraiment important ? Ce qui importe le plus, en effet, est que c’est un combo diablement bon,qu’ils le demeurent après tout ce temps et qu’ils semblent croire en ce qu’ils font. Jared a même l’air sincère quand il évoque la pochette de l’album : « C’est un de mes photographes favoris, Mick Rock (sic!), qui l’a prise. Il a fait la première couverture de Queen, toutes celles du Bowie des années 70 ainsi que des pochettes pour les Stooges. J’étais assez obsédé par ce photographe des années 60, Karlheinz Weinberger. Il avait pris ces clichés de gangs de teenagers en Suisse qui singeaient bizarrement les « greasers » américains et les « teddy boys » britanniques. À l’époque, j’essayais d’imiter leur look. Ils ont l’air de bikers punks et homosexuels. Mais cé’tait à Genève, en 1962 donc ce décalage dans l’imagerie est assez cool. »

On peut finalement penser que les membres du groupe parviennent à trouver un équilibre en, précisément, se stabilisant les uns les autres. Jared dit que son titre favori sur le disque est « Dog Years » : « C’est comme quand Cole (Alexander, vocaliste) fait un monologue, il rentre véritablement dedans. J’essaie de ne pas rire devant lui car je ne veux pas qu’il se sente encore plus bizarre. Mais c’est assez hilarant de le voir. Il essaie de mettre beaucoup de conviction dans ce qu’il fait. C’est comme l’« outro » sur le disque et c’est ce que je préfère dans notre fonctionnement. Quand un membre est sérieux, un autre va s’esclaffer. C’est, je pense, une bonne attitude et elle a toujours bien marché jusqu’à présent. » Ne reste plus qu’à espérer, qu’en concert nous n’aurons plus droit à un gazage en bonne et due forme.

27 mars 2014 Posted by | Conversations | Laisser un commentaire

The Hold Steady: « Teeth Dream »

 

The Hold Steady est ce groupe, surnommé « Americas’s bar band », mené par Craig Finn des Raconteurs. Il doit, en effet, une grande dette à Thin Lizzy mais Teeth Dreams (leur deuxième album depuis le départ de leur organiste Franz Nicolay) semble indiquer qu’ils essaient de se défaire de cette étiquette.

Le blues rock à la guitare des 80s a laissé place à une power pop dans laquelle évoquer The Replacements sera inévitable. Certains titres vont fonctionner en tant qu’hymnes qu’on ne peut que savourer (« The Only Thing » ou « I Hope This Thing Didn’t Frighten You ») et une ballade comme « The Ambassador » sera une belle et confortable émulation de Bruce Springsteen.

Ce ne sera pas le cas de toutes les compositions par contre. « Wait A Whilee et « Runner High » sont des plongées fatiquées dans un blues-rock éculé pour qui connait le référent original de The Hold Steady et « Spinners » sera une vague resucée de ce qui passait sur les radios alternatives voilà 20 ans.

La plus grande métamorphose résidera dans les vocaux de Finn. La force de The Hold Steady résidait dans l’interaction entre le chanteur qui semblait avoir toujours plus à en dire sur une simple chanson et le jeu de guitare de Tad Kubler qui voulait, lui, l’écourter de manière à délivrer un solo de guitare débridé et épique. Teeth Dreams s’éloigne de ce processus qui, du coup, perd de son côté d’urgence conflictuelle.

Finn disait vouloir, pour cet album, vouloir faire un album moins sauvage mais plus dense. L’exercice n’est que partiellement réussi car il ne prend pas avantage des forces de ses musiciens ; celle-ci ne se manifestera que sur le dernier titre, « Oaks », ce sera pas pour remplacer l’énergie d’un groupe pourtant si prompt à générer des accroches qui frappent fort.

 

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27 mars 2014 Posted by | Quickies | | Un commentaire

Jimi Goodwin: « Odulek »

Les Doves ont délivré un rock assez exceptionnel entre 2000 et 2010, une décennie qui a vu le trio recevoir deux nominations au Mercury Music Prize pour Lost Souls en 2000 et The Last Broadcast en 2002. Ils ont décidé de faire un break en 2010 après leur quatrième opus, Kingdom Of Rust, et Odulek marquera la première manifestation d’une partie du groupe dpeuis 2010 sous la forme d’un album solo de leur leader Jimi Goodwin.

Les fans des Doves seront certainement surpris par sa diversité car il ne s’agit en rien d’un album de rock standard dans la veine du combo. Goodwin privilégie les bandes et les mixages avec une optique qui semble être celle d’un éclectisme qui semble vouloir faire se chevaucher les compositions les unes sur les autres.

Odulek va donc entériner la promesse que Goodwin s’était apparemment faite dans la mesure où il se caractérisera par un le passage d’un genre à l’autre sur tout l’album. On y trouvera de la musique « dance » électronique, de la pop baroque, du folk et des choses du style tout ce qui semble lui passer par la tête.

L’artiste a volontairement ouvert les bras à ce qui a sa place dans la musique contemporaine, l’exemple le plus flagrant en étant « Man V Dingo », morceau qui va muter de la chill wave à un climat insensé de Mardi Gras swing. Le titre d’ouverture, « Terracota Warrior » sera aussi atypique avec une collision entre Nine Inch Nails et Led Zeppelin ce qui fait qu’on ne pourra pas reprocher à Goodwin de ne pas essayer quelque chose de différent.

Il est certain que Odulek ne plaira pas, loin de là, aux fans hardcore des Doves mais ce qui est apparent ici est que Goodwin trouve joie à ce qu’il nous propose. Ce pourrait être également le cas pour ceux qui l’écouteront et ce, dans l’attente d’un nouvel album des Doves.

 

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27 mars 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Tokyo Police Club: « Forcefield »

Tokyo Police Club sont apparus en 2006 avec A Lesson In Crime un bref opus de rock indé fait de mélodies aigues bien plus malines et fun que ce qu’on aurait pu attendre d’un nouveau groupe. Les Canadiens ont depuis eu un peu de mal à se redéfinir d’où un Elephant Shell correct puis un Champ solide mais sans direction.

Forecfield apporte une touche plus délicate et polie, un peu comme si le groupe produit par le chanteur David Monks et Doug Boehm avait pu assurer la mise en place de ses désirs soniques. Il y a toujours un côté punk ludique but un œil qui se dirige de bon cœur vers les aspects les plus éclatants de la pop, chose dans laquelle TPC a toujours excellé. Sur l’album cette capacité s’exemplifie par un son très propre et aucune appréhension à nous délivrer des chorus denses.

Cela se manifeste dès l’ouverture, sur l’excellent « Argentina (Parts I, II, III) » qui est le prototype-même d’une chanson mature. Sur un peu plus de huit minutes, le groupe montre tous les aspects de sa personnalité de la pop directe aux grosses mélodies en passant par des climats inspirés par une new wave cataclysmique. Suivi, par « Hot Tonight », TCP montre la capacité de TCP à véhiculer cette pop disco arrogante et quelque peu vide façon Strokes qui est l’essence-même de la super pop song.

Tokyo Police Club parviendra à maintenir la même qualité tout au long du disque même si celui-ci décélère quelque peu la cadence vers la fin. « Tinnel Vision » aura une utilisation des samples un peu bizarre des samples comme comme des synthés inspirés par les 80s mais « Feel The Effect » termibnera sur une notre plus glaçante qu’on aurait été en droit d’attendre sur Forcefield.

L’album toutefois un beau résumé de ce que l’indie pop rock peut nous offrir, il n’a certes pas l’inventivité ambitieuse de certains des tenants du genre, il en a néanmoins le savoir faire.

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27 mars 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Wilko Johson & Roger Daltrey: « Going Back Home »

Depuis qu’il a annoncé qu’il était atteint d’un cancer en phase terminale il y a un an, il a étonné les docteurs et les fans par une série de concerts foudroyants, preuve qu’il n’avait nullement l’intention de s’éteindre doucement dans la nuit. Going Back Home, un album rétrospectif avec Roger Daltrey aux vocaux est pourtant sans doute son ultime témoignage et c’est sans doute également la réalisation d’une ambition dans la mesure où les deux hommes s’estiment mutuellement depuis longtemps et que Daltrey avait toujours indiqué que les Who partageaient les mêmes racines R’n’B que Doctor Feelgood.

Wilko était conscient que, quels que puissent être vos efforts, il vous était impossible de sonner comme si vous étiez de Chicago quand vous veniez de Canvey Island (là où Feelgood est né). Cette observation ira droit au cœur des fans qui vont écouter ce disque et pointera les sentiments qu’il pourront avoir à son écoute.

La voix de Daltrey est immense mais elle n’a rien de Chicago en elle, rien de ces atmosphères enfumées et de ces boissons qu’on y dégustait à l’époque originelle. Pour ceux qui sont adeptes de ce vieux feeling blues, l’ambition pourra même sembler un peu forcée.

Pour les autres, ayant moins d’a priori par rapport aux versions originale, la découverte et la patience seront plus de rigueur. Si on n’est pas familier avec les tonalités craquelée de Jophnson sur « Tuned 21 » , on sera probablement sensible à sa mélodie douce et tendre. Il en sera de même pour la façon dont « Sneakin’ Suspicien » se pavane surtout dans le jeu de guitare toujours aussi versatile et précis qu’il ne l’était auparavant ; jeu qui renvoie aisément aux prestations de Wilko sur scène

Going Back Home est une épitaphe solide à la carrière d’un des personnages les plus excentriques du rock. Quand Johnson nous quittera, on préférera sans doute les plus vieilles versions, mais en cette période où la musique en streaming et les listes de lecture ont le vent en poupe, il est , quelque part, réconfortant de redécouvrir de façon organique cette musique au travers de es interprétations de Daltrey.

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27 mars 2014 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Davidge: « Slo Light »

Plus connu pour ses collaborations avec Damon Albam, Bowie, Primal Scream ou autres, le producteur Neil Davidge sort ici son premier album solo, Slo Light.

Celui-ci est très enraciné dans des beats venus de Bristol, idéaux sans doute pour véhiculer mystère et inquiétude aux sonorités électriques et aux vocaux éthérés. Les plages les plus structurées sont mêlées à de la musique orchestrée et des bandes-sons, le tout voulant nous faire voyager au travers de ces expérimentations inquiétantes.

La production est, sur chaque morceau, singulière ; suffisamment en tous cas pour offrir un flot assez saisissant d’expériences musicales, que ce soit par le biais d’harmonies en mode mineur, de rythmes sombres et provocants et de voix qui vous hantent par leur légèreté prétendument innocente.

Ces éléments contrastés sont ainsi entremêlés au fil des compostions ce qui donne à Slo Light un charme étrangement séducteur.

La chanson titre ouvre l’album sur le mode épique et met en avant les vocaux de la chanteuse new-yorkaise Stephonie Youth. Le résultat en est une excursion éclectique caractérisée par la signature reconnaissable entre toutes que Davidge a su donner à ses récentes productions de Massive Attack.

Cate Le Bon va enrichir l’atmosphère de « Gallant Foxes » de sa voix enchanteresse tout en jouant à merveille des beats qu’elle amalgame avec des arpèges de piano de toute beauté. A contrario les hautes notes de Karima Francis flotteront de manière excentrique sur les beats dérangeants et les sons électroniques du titre suivant, « How Was Your Day ».

« That Fver » sera une douce berceuse donnant plus d’espace à un climat où pointe l’onirisme et la même beauté se retrouvera sur la mélodies, les harmonies et les arrangements de « Riot Pictures » où la voix colorée det confiante de Sandie Shaw fera merveille.

Toute expérimentale qu’elle soit, la musique de Slo Light garde sa patte humaine, ne serait-ce que par le fait d’avoir su s’entourer de vocalistes n’ayant plus rien à prouver. Les arrangements, riches et divers, prouvent en outre que Davidge n’est pas un mécanicien du son ; il s'(avère être un réel artiste doublé d’un véritable créateur.

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25 mars 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire