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Band of Holy Joy: « Easy Listening »

Les Londoniens de Band of Holy Joy ont commencé leur carrière il y a 30 ans sous forme de groupe électronique semblable à Cabaret Voltaire et du Human League des débuts. Ils ont, par la suite, évolué vers ce type de art rock dramatique anglais tel que Jarvis Cocker les a délivrés sur ses albums solos.

Easy Listening est leur 13° album et il est marqué par une collection plutôt solide de titres parfois calmes, parfois énervés, un peu comme une eau dormante qui attendrait la tempête à venir. Leur leader, Johny Brown, donne résonance à ses textes complexes avec un timbre rauque et âpre qui rappelle David Bowie à son plus désespéré et y ajoute un climat sombre propre aux ruminations de Nick Cave ou Lou Reed.

Les orchestrations sont luxuriantes (saxophone, trompette, dulcimer et cordes) et elles épaulent avec justesse les contes tragiques de perte et de rédemption que Brown nous narre avec ferveur. Même dans les moments les plus facétieux dont certains rappellent Dexy’s Midnight Runners, demeure une couche de tristesse sous-jacente.

Celle-ci est extrême dans la mesure où elle n’a rien à voir avec celle de The National, plus apprivoisée ou civilisée façon yuppie mais plutôt à ce délabrement de l’humeur, ces mains calleuses qui demeurent indomptables et ensanglantées

Il ne s’agit pas du vague à l’âme civil des personnes socialement privilégiées mais de l’angoisse qui envahit celui qui rentre chez lui après avoir englouti son salaire au pub, de la lutte, des tourments et de la douleur qu’entraînent la connaissance du fait que chaque blessure est une enfoncée encore plus profonde dans le destin misérable de son existence.

Il n’est pas question de lutte de classes pourtant. Si vivre était facile, la vie n’aurait plus aucun sens. Les épreuves sont donc des obstacles que d’autre aussi ont franchi, un fluide vital presque. The Band of Holy Joy confère ainsi à Easy Listening une valeur existentielle qui est l’essence-même de la vie. Ce disque a le mérite d’être on ne peut plus juste et son titre tout autant trompeur que véridique.

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17 mars 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Bill Pritchard: « A Trip To The Coast »

Cela fait plus de vingt ans que Bill Pritchard poursuit une carrière secrète dans son pays, l’Angleterre, même s’il s’est acquis une base de fans non négligeable dans le reste de l’Europe. Il est vrai que c’est le genre de type à sortir un disque puis à disparaître complètement plusieurs années avant le suivant et A Trip To The Coast ne fera pas exception à la règle.

Cet album est un disque op plutôt solide et, tout comme lors de certaines productions passées, il est aisé de le comparer à quelqu’un comme Lloyd Cole ou à The Lilac Time. Son approche est laidback, mélodique avec dix titres trempés ici dans le style singer-songwriter pop.

Quelques uns vous sauteront plus au visage (« Trentham », « Almerend Road ») alors que d’autres (« Yeah Yeah Girl » ou « Truly Blue ») sont si discrets et mesurés qu’il faudra parfois plusieurs écoutes pour les apprécier.

A Trip To The Coast est donc un album presque conventionnel tant il est conversationnel. Les compositions appartiennent à ce type de ballades prises en accords mineurs avec des textes empruntés au quotidien le plus prosaïque. Il y a quelque chose de suranné dans cette inspiration puisée dans le thé qui est froid, la porte du frigidaire qui est mal fermée et une relation qui est à la fois haine et amour, un aspect plus que British dont on s’étonne qu’il n’ait pas eu autant d’impact dans sa terre natale.

A Trip To The Coast sera, au bout du compte, un disque qui nous incite à l’école buissonnière, enrobé qu’il est de cette attachante brume de mélancolie qui sied si bien au paysage anglais. L’écouter avec attention permettra à chacun de nous de devenir plaisamment nostalgique à nouveau.

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17 mars 2014 Posted by | Rapid Talk | | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Bleeding Rainbow

Bleeding Rainbow (auparavant Reading Rainbow) sait en quoi s’adapter est chose importante. Autrefois un duo (les époux Sarah Everton et Rob Garcia) ils sont désormais un quartet (Al Creedon, guitare et Ashley Arnwine, batterie). Interrupt est leur 4° album de noise rock : il intervient après une impressionnante collection de B-sides.

Vous êtes très nourriture organique : pensez-vous que cela vous stimule créativement ?

Sarah Everton: Je crois qu’on est moins vite atteint de « burn out ».

Rob Garcia: Quand on a notre vie, on ne peut pas se permettre de s’user trop vite.

SE : D’ailleurs je ne fume plus d’herbe car je n’arrive plus à le gérer. Cerains n’en sont pas affectés, moi si.

Vous avez passé autant de temps en quartet qu’en duo sous le nom de Reading Rainbow.

RG: Au départ on n’envisageait pas de jouer plus de deux concerts pour remplacer un autre groupe. On a enregistré une cassette de huit titres mais ça n’avait rien de sérieux.

SE: Les chansons l’étaient…

RG:Oui, on faisait ça car on souhaitais faire autre chose. C’était assez excitant et c’est notre label, Hozac, qui nous a suggéré de changer de nom.

Vous avez passé autant de temps en quartet qu’en duo sous le nom de Reading Rainbow.

RG:Au départ on n’envisageait pas de jouer plus de deux concerts pour remplacer un autre groupe. On a enregistré une cassette de huit titres mais ça n’avait rien de sérieux.

SE:Les chansons l’étaient…

RG: Oui, on faisait ça car on souhaitais faire autre chose. C’était assez excitant et c’est notre label, Hozac, qui nous a suggéré de changer de nom. s’est heurté à tous les problèmes que ça entraîne.

RG : En même temps, sachant que nous voulions opter pour quelque chose de plus gros, nous savions qu’il fallait changer quelque chose. On ne pouvait continuer à chanter indéfiniment des trucs punks en duo, comme un gimmick. Avec Yeah Right on a exploré nos options et en tournant on a compris quelles étaient nos limites et nos forces et comment les exploiter. Interrupt est le disque qui l’a permis et nous avons appris à avancer en tant que quartet.

En quoi Interrupt a-t-il changé votre trajectoire ?

SE : Ça se produit à chaque album. C’est une réaction naturelle sans que nous ne le projetions réellement. Yeah Right a été une vraie épreuve car on a enregistré dans deux studios et qu’on a commencé à trois et fini à quatre.

RG : L’enregistrer a pris des mois. On ajoutait des couches et des couches de choses. Aussi, avec Interrupt, on voulait quelque chose de direct. Même les compositions ont été désossées. On a enregistré « live » sauf pour les vocaux et le tout a été terminé et mixé en onze jours. Tourner à quatre nous avait appris à ne pas hésiter et nous prendre la tête.

Al Creedon: Oui, tout s’est fait naturellement. Je ne dis pas qu’il y a une bon disque et un mauvais disque et j’aime Yeah Right et Interrupt de la même manière.

Avec des groupes comme le vôtre, qui sortez un album par an en général, le but n’est jamais aussi simple que de faire du disque suivant un opus qui soit meilleur que le précédent.

AC: Pour moi, c’est comme Yo La Tengo. Ils ont toute cette œuvre et chaque album est de qualité. Ça change toute le temps mais ils n’essaient jamais de faire mieux à chaque fois.

RG: Pouvoir continuer à faire de la musique et d’en vivre est notre rêve. C’est pour ça qu’on est en perpétuelle stimulation. Dès qu’on termine une tournée, on pense au disque suivant, un EP sans doute. C’est comme ça qu’on fonctionne, quelques EPs puis un album.

 

17 mars 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Real Estate

Les chansons ne sont pas toujours le reflet de leur auteur. La douceur des compositions de Phil Spector ne fait pas oublier qu’il est un meurtrier et Dave Grohl est beaucooup moins agressif que ne le sont ses compostions. Martin Courtney, par contre, est aussi laidback que ses albums, en particulier le dernier, Atlas. Une rencontre avec lui permet de connaître sa relation avec Wilco, son expérience de Chicago et de savoir que même Led Zeppelin est trop heavy pour lui.

Sur Atlas, « Past Lives » semble évoquer la ville où vous avez grandi. Que représente Ridgewood dans le New Jersey et en avez-vous des bons souvenirs ?

Oui, c’est un bel endroit et j’y retourne fréquemment. Il y a mes parents, ceux de ma femme et on s’y retrouve presque chaque semaine. Je crois que j’essaie d’éviter d’y faire référence trop souvent mais ça a l’air de survenir sur certaines compositions.

Il y a une vidéo dans laquelle vous faites visiter votre appartement et vous y jouez une chanson bonus de Atlas que vous apparentez à du Todd Rundren. Vous êtes fan ?

Oui, nous le sommes tous à des degrés divers mais Jackson Pollis, notre batteur, est un inconditionnel.

Même ses trucs les plus récents, axés sur le prog rock ?

Je ne sais pas . Je crois que je ne creuse pas aussi loin. Il faudrait demander à Jackson. (Rires)

Comment se nommait le morceau ?

« The Chancellor ».

C’est un titre très « rundgrenien ». Au niveau de vos goûts, aimez-vous tous des choses plutôt similaires ?

Nous avons tous des goûts différents. Il y a des trucs que Jackson, Alex (Bleeker, basse) ou Matt (Mondanile, guitare) écoutent et dont je ne sais pratiquement rien. Dans le groupe, je suis celui qui connai probablement ce qui est le moins obscur. Jackson aime le reggae, le dub et Alex la house music. Je crois que c’est très bien d’avoir différentes influences musicales même si elles ne transparaissent pas nécessairement dans mon songwriting

Quelle est la chose la plus « heavy » que vous écoutez ? Pantera ?

Non, je ne connais même pas Led Zeppelin. (Rires) Mais même là, je n’aime que leurs titres les plus mièvres (Rires). Pour vous répondre d’une façon claire, j’écoute principalement de la musique douce ; peut-être pas exclusivement mais au quotidien, oui.

Vous avez enregistré Atlas au Loft de Wilco. Jeff Tweedy était-il dans les parages ?

Ils étaient en tournée mais ils ont joué à Chicago une journée et Jeff est passé nous voir. Il était là pendant qu’on, faisait une prise d’une chanson si bizarre qu’elle n’est pas sur l’album. On avait envie de lui dire : « On a de meilleurs titres que cela. » Il y a avait Jeff et un autre Pat, je crois.

Pat Sansone ?

Oui, il était très sympa, tous deux l’étaient d’ailleurs. Mais ils ne pouvaient pas être toujours là….

Vous avez pu vous familiariser avec Chicago et êtes-vous restés confinés en studio ?

On y restait 12 heures par jour mais on s’est pris une journée façon La Folle Journée de Ferris Bueller. On a pu aller voir un match de baseball des Cubs et aller un peu avant sur le stade pour nous entraîner un peu. C’était aussi le jour où des amis faisaient un concert et on a été y faire une apparition surprise. Il y a eu aussi quelques moments où je pouvais ma promener du côté de Lincoln Park, cela faisait longtemps que je n’étais pas resté autant dans une ville.

Où avez-vous enregistré les deux premiers disques ?

Le premier à Jersey et un peu à New York. Mais c’était surtout du « home recording » chez mes parents et ceux de ma petite amie. On avait un 16 pistes. Le deuxième l’a été à New Paltz, New York dans un studio nommé Marcata ; une ancienne grange rénovée par un ami. Il est un peu semblable au Loft dans la mesure où il n’est pas professionnellement réglé pour être un studio hi-fi. Ça donne un côté plus convivial.

Ces deux albums ont fait qu’on vous a beaucoup associés à la mer ? Vous alliez souvent à la plage quand vous avez grandi ?

Pas plus que n’importe qui. Sur le premier disque nous en parlions beaucoup aussi c’est une bonne chose que cela ait pu transparaître. Mais c’est une chose dont on essaie de s’éloigner car ça n’indique pas réellement ce que nous sommes.

Associez-vous Atlas à une endroit spécifique ou, comme l’indique son titre, s’agit-il plus du fait d’être sur la route et de voyager ?

Si je devais dire une chose, ce serait que je l’associe avant tout avec mon quartier, Brooklyn. Le fait d’y avoir écrit au printemps dernier, assis dans un parc avec un calepin. Quand je pense aux compositions, c’est ce qui me vient en tête même si ça a lieu dans plusieurs endroits différents, sur la route ou dans le désert..

Sur « How Might I Live », Alex Bleeker y chante : « Down in my home/ Louisiana ». Y-a-t-il des liens ?

Non, nous y avons des amis..Je crois qu’il essayait d’être créatif (Rires).

Il a aussi chanté sur Days. Préfère-t-il n’avoir qu’un titre par album ?

Il n’est pas découragé d’en écrire plus, c’est juste la façon dont ça s’est produit. Il en écrira peut-être plus dans le futur. On ne lui a rien imposé.

Quelle est votre titre favori sur l’album ?

J’aime beaucoup « Hard to Hear ». Il est venu de manière très ionattendue et c’est le seul morceau ou le couplet et le chorus on t la même progression d’accords. Ça s’est rpoduit de manière si naturelle que c’était comme si je ne l’avais pas composé. Le groupe, lui, préfère « The Bend » pour sa qualité sonore.

Quand vous écrivez, avez-vous un lieu et un moment spécifique en termes d’histoire ?

Ça vient surtout naturellement. En général je pars d’une phrase que j’ai entendue et ensuite j’essaie de construire une chanson autour d’elle. C’est ensuite qu’une histoire se fait jour mais parfois il me faut du temps pour deviner à quoi elle va ressembler. C’est un processus très bizarre.

17 mars 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

The Pretty Reckless: « Going To Hell »

Taylor Momsen (ex Gossip) va donc en Enfer sur ce second album des Pretty Reckless et, à en juger par la couverture du disque, son intention est d’y arriver de la façon la plus sexy possible.

Mais Going To Hell est pourtant, avant tout, une confession dans laquelle la chanteuse va tenter de se débarrasser d’une adolescence passée à regarder la télévision et à grogner d’une voix abîmée par la cigarette pour ouvrir les bras à l’acceptation d’un destin qui n’est pas toujours celui qu’on souhaiterait.

« Follow Me Down » le suggère dès l’ouverture avec le bruit de la pluie et des gémissements ou respirations pleins d’évocation sensuelle transcendés par une accroche blues-rock qui ne pourra qu’inciter l’auditeur, séduit, à taper du pied sur la mélodie.

« Going To Hell » sera un morceau heavy du plus bel aloi propre à véhiculer l’idée que le Paradis n’est pour personne et « Heaven Knows » saura résusciter ce hard rock subtil qu’on trouvait dans les années 70 et qui ne misait pas tout sur le « head banging » extrême.

Going To Hell ne va donc pas qu’en Enfer puisqu’il nous offre aussi un voyage sous forme d’hommage à une musique atemporelle où une pincée de Stevie Nicks trouverait place aux cotés d’une attitude que ne renierait pas Joan Jett. Même un ballade acoustique comme « Burn »’ trouvera ici sa place sans forcer tant elle met en valeur l’habileté vocale de Taylor Momsen, claire mais sans perdre toutefois de son ton rocailleux.

Ce titre s’immiscera sans problèmes dans un album qui retrouvera ensuite son approche plus basique avec «  Why’d You Bring a Shotgun to the Party? » et « Fucked Up World ».

Chargé de metal et de rock, classic et alternatif, Going To Hell est un album admirablement équilibré évitant avec habileté les défauts qui encombraient leur premier opus, Light Me Up. Leur style s’est peaufiné sans ne devoir rien à personne et d’ailleurs pourquoi se soucieraient-elles des reproches éventuels puisque, après tout, elles vont en Enfer ?!

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17 mars 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Gallon Drunk: « The Soul Of The Hour »

Le CV de James Johnston suscite admiration et jalousie : il a été membre des Bad Seeds et de Faust et n’a pas été étranger à la réussite de leurs projets.

Le sien propre se nomme Gallon Drunk et c’est bien sûr là que les choses se font plus intéressantes d’autant qu’il a toujours soigneusement évité le mainstream pour se focaliser sur une approche post-punk caustique présente sur ses albums précédents.

The Soul of the Hour voit l’auditeur plongé dans un psychédélisme sombre et acide, à des percées post punk expressives dans la même veine que celles de The Birthday Party et à un blues-rock titanesque façon Blue Cheer. Des échos des Doors, de Can et des Cramps saupoudrent un ensemble soigneusement calibré pour délivrer titres se consumant lentement et morceaux incisifs comme des court-circuits.

Les sensations éprouvées seront donc parfois sinistres, parfois euphoriques mais toujours impressionnantes. Le titre d’ouverture, « Before the Fire », est un jam kraut rock grinçante menée au piano, aux percussion avec cymbales aussi tourbillonnantes que les claviers qui l’accompagnent. Le crescendo se voudra lent et tantrique culminant en des cuivres lui donnant une grandeur épique.

« The Dumb Room » sera comme un reprise où Jon Spencer aura choisi de couvri Black Sabbath, « The Exit Sign » rassemblera Spacemen 3, Juicy Lucy (sic!) et Silver Apples et la chanson titre combinera drone à la Loop et menace façon Stooges qui auraient remplacé des stimulant par des anti-dépresseurs.

On trouvera pourtant quelques éclairs d’accalmie comme sur « Dust In The Light », composition qui est peut-être la plus pleine de béatitude que Johnson a écrite preuve que l’artiste sait s’affranchir du « stoner rock » qui parcourt l’album.

The Soul of The Hour est au fond un opus chamanique, hypnotique et dense, récréatif comme s’il s’agissait d’accompagner un périple sous haschisch ; un voyage tranquille où sous les éclats soniques perceraient magie et élégance, cette distinction que seuls les narcotiques peuvent cumuler à l’intérieur de notre conscience.

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17 mars 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

The Soft Hills: « Departure »

Departure porte bien son nom puisqu’il marque l’arrivée du groupe de Garrett Hobba en Californie, celui-ci ayant du quitter Seatlte pour des raisons de santé.

On retrouvera une partie de la morosité du Nord-Ouest sur des titres comme « Goden Hour » mais les textes seront, la plupart, du temps contrebalancés par des arrangements propres à sa destination du groupe, c’est-à-dire un tant soit peu ensoleillés. Les climats americana sont partis, même si on entend, ça et là, des harmonies à la Fleet Foxes mais le climat est moins à la dérive ou aux méandres et offre, par conséquent, un mélange plaisant d’indie britannique et d’influences soft-rock.

Il faudra donc voir le morceau précité comme une déclaration d’intention digne des Pale Saints avec ses vocaux pop angéliques er son fuzzy-rock tout comme on dénichera des réminiscences des Eagles ou des Jayhawks sur « Black Flowers » alors que « Road To The Sun » rappellera I Like Trains ou Mogwai mais encore The Flaming Lips et le Pink Floyd.

Les racines americana sont toutefois encore présentes : la lamentation accompagnée à la laspsteel de White Queen » avec son climat et ses vocaux poussiéreux à la Midlake ou « Here It Comes » qui emprunte aussi bien au post-rock qu’à l’alt-country.

Departure, même s’il traîne un peu des pieds, a le mérite de se terminer comme il commence sur des touches plus rock (« Stairs »). Ce dernier morceau est musclé (guitares post-punk façon 80’s à la Factory) à l’inverse des autres chansons, plutôt cérébrales. Ces influences louchant vers l’Europe sont autant de raison d’écouter Soft Hills avec des oreilles différentes et plus ouvertes que précédemment.

 

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17 mars 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Spotlight Kid: « Ten Thousand Hours »

Spotlight Kid sont un sextet de Notingham dont les influences sont indubitablement le shoegaze mais dont une recherche musicale se référant à The Smashing Pumpkins période Siamese Dream montre qu’il essaie de s’en extraire sur ce 3° album.

Les mélodies sont éthérées et toujours tourbillonnantes mais le climat est plus dream-rock que dream-pop. Il y a du muscle et du lourd dans les compositions et des moments où les titres vous sautent vraiment à la figure. Conjugué aux vocaux de Katty Heath, cadencés comme ceux de Kathe Bush, on obtient ainsi une véritable dramaturgie dynamique.

Sur « Sugar PIlls », la batterie est infatigable, les bruits comme un flot continu d’air qui s’engouffrerait dans des fenêtre ouvertes. On se fait à ce volume constant qui exige une attention exclusive. L’autre « single », « Budge Up », le même intensité s’insinue rendant l’écoute quasiment meurtrière. « Can’t Let Go » sera un autre stoner rock, brûlant, qui ne relâchera pas l’étreinte bien au contraire.

Ailleurs ont trouvera la clarté bouillonnante de « I’ll Do Anything », musique éclatant comme du champagne conjuguée à la voix de Heath, aussi addictive que les titres plus virulent mais donc les lignes hypnotiques de guitare créent un effet doucement mélancolique. « A Minor Character » explosera, mais d’énergie cette fois et nous fera part d’une amertume qui n’a, alors, plus rien d’onirique alors que l’instrumental « Hold On » procurera une respiration grâce à la richesse de son électronique.

Ten Thousand Hours n’est donc pas qu’un album shoegaze de plus ; il n’ira pas creuser dans les sillons de My Bloody Valentine, Slowdive, Ride ou autres mais plutôt dans ceux des Pixies ou Art of Noise. Ajoutons également les territoires nébuleux des Cocteau Twins et on obtiendra un disque qui devrait se révéler plus durable que celui de certains imitateurs revivalistes.

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17 mars 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire