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Dawn Landes: « Bluebird »

L’album qui a donné une certaine notoriété à Dawn Landes, Fireproof en 2008, se parait de nombreux effets et changements stylistiques qui donnaient des textures particulières mais judicieuses à un répertoire folk-blues imprégné également de country. Les chansons n’étaient pas toujours à la hauteur mais, pour cette chanteuse du Kentucky résidant à New York, elle fournissaient un contraste qui fonctionnait plutôt bien.

Bluebird se débarrasse de tous ces artifices de studio et de ces différents genres et se veut un album folk traditionnel dans toute sa sobriété. Les cordes sont employées avec parcimonie et ne sont jamais envahissantes sauf quand elles se font sirupeuses au point de gâcher les bien jolis arpèges de guitare de la chanson titre. Ajoutons-y un pizzicato et on obtient un morceau larmoyant au possible accentué par des ballades au piano de de type « Diamond Rivers ».

Malheureusement ce sentiment sera prédominant tout au long de l’album. On peut le comprendre dans la mesure où il s’agit d’un disque survenant à l’issue d’une rupture qui n’est pas anodine puisqu’elle est centrée sur la fin du couple qu’elle formait avec Josh Ritter.

Hélas, alors que les plus fameux « break up records » (Blood on the Tracks ou Rumours) parviennent à capturer les diverses émotions qui parsèment le chagrin, Bluebird chemine de façon monocorde sans que la tonalité soit autre que celle de la résignation.

Ce manque de dynamisme mettre sous l’éteignoir les meilleurs titres : « Oh Brother » dont le climat folk des Appalaches sera sapé par les cordes, « Love Song » joli country folk où piano et guitare s’entremêlent de manière luxuriante ou, enfin, « Heel Toe » blues électrique dépouillé où six cordes et claviers rivalisent de retenue.

Poduit par Thomas Bartlett fameux pour son travail avec The National, Sharon Van Etten, Rufus Wainwright ou Antony & The Johnsons, et qu’on a connu plus inspiré, Bluebird est un disque intimiste, trop peut-être, dans lequel le plus déprimant n’est pas ce qui est arrivé à Landes mais ce qui est advenu de son songwriting

**1/2.

19 février 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Lost In The Trees: « Past Life »

Lost In The Trees ont toujours excellé à assembler différentes influences en des compositions qui avaient sens. Un seul titre pouvait se mêler diverses textures et interludes, épousant un peu la démarche des derniers Radiohead.

Sur Past Life le groupe s’emploie à nouveau à étendre un univers musical qu’on a jamais pu réellement définir. Le disque s’ouvre sur un « Excos » où des voix féminines luxuriantes s’enveloppent autour d’un crescendo au piano étayé par des sampsse de percussions et le phrasé sec caractéristique de leur leader, Ari Picker. On est proche du jazz noir et la même mouvance se fait jour sur des morceaux comme « Lady In White » ou « Wake ». Ce dernier titre est la parfait exemple d’une production et d’une construction méticuleuses tout comme la splendeur délicate du paino qui introduit « Glass Harp ».

L’album peut se lire comme une cacophonie de sons qui, harmonieusement, se mettent en place avec des vocaux et des mélodies qui s’épousent projetant un climat général unique, celui d’une dream pop subtilement teintée d’électronique.

Alors que jusqu’à présent Picker évoquait souvent le folk acoustique de quelqu’un comme Sufjan Stevens, il semble ici se trouver une niche plus affirmée avec des lignes de basse en avant et des touches de synthés qui donnent à ses compositions un pli virant vers des choses plus axées sur le « progressif ». Là encore on peut faire un parallèle avec l’évolution de Thom Yorke, même si Past Life demeure délibérément concret. « Rites » en sera l’exemple, chanson indie pop mâtinée d’acoustique remplacée par des tonalités électroniques plus vives cmais où la tradition sera respectée avec les vocaux rêveurs de Emma Nadeau sur les chorus.

Sans doute est-ce le titre de transition par excellence, celui qui symbolise la manière dont le groupe opte pour un nouveau son. Celui-ci fait fi des orchestrations pour les planter en arrière et donner une véritable nouveau son. Il n’est alors pas paradoxal que celui-ci demeure un tant soit peu conventionnel, comme si, tout en changeant de formule, le combo n’avait perdu ni ses diverses racines ni sa substance et sa force.

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19 février 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire