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Hatcham Social: « Cutting Up the Present Leaks Out the Future »

Hatcham Social sont-ils des anonymes ? Pas réellement puisque Cutting Up The Present Leaks Out The Future est leur troisième album et parce qu’ils accompagnent Tim Burgess en tournée et servent de « backing band » à l’ex-leader des Charlatans.

Dire qu’il est instantané serait mentir ; c’est un disque qui rampe délicatement vers vous, vous chuchote à l’oreille comme un conspirateur qui, ensuite, s’enfuirait pas une porte dérobée.

Souvent calme, construit principalement autour d’une instrumentation tranquille et tout sauf ostentatoire, voilà un opus qui se trouve sur le versant subtil du spectre musical. Bruissements acoustiques, percussions effleurées, cordes baignant occasionnellement dans de la reverb’, Cutting Up The Present Leaks Out The Future trouvera aisément sa place aux côtés de Lou Reed.

« Ketamine Queen » et « To The Moon (Is This The Way Man Will Survive) » sont des compositions oniriques, baignant dans des atmosphères enfumées et délivrée avec une tranquillité stoïque s’harmonisant à son rythme funéraire. On y retrouve aussi ,en osmose avec la phrasé, cette formulation si typique de l’ex Velvet Underground à dépeindre des personnages atypiques sans porter de jugements sur eux.

Les chansons ont également cette qualité de pouvoir être chantonnées innocemment et de véhiculer un petit côté sulfureux et glauque en même temps, chose permise par des tonalités lo-fi et de é éléments de « scratch ». Le groupe ne dédaignera pas pour autant des climats plus rock comme un « More Power To Live » qui fera des clins d’oeil aux Stooges ou le piquant « All That I See Is A Gun » explorant aussi bien le Lou Reed solo que Lou Reed périodeVelvet Underground.

On pourrait reprocher au disque un côté touche à tout mais son éclectisme se fait en douceur, sans jamais paraître vouloir agripper votre attention. Voilà un album qui a été façonné avec amour et délicatesse et sans aucune vulgarité. Hatcham Social travaillent dur, on le voit mais ils sont aussi sacrément talentueux.

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18 février 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

PIcastro: « You »

Si ce disque était un film, on pourrait le comparer à l’équivalent auditif d’un film d’horreur psychologique. Ce cinquième album de Picastro ne s’adresse pas aux esprits sensibles tant il est brut, intense et semble hanté par les pressentiments les plus funestes. Écouter You nous fait vivre une expérience aussi perturbante que profonde.

Après 16 ans d’existence et de nombreux changements de « line up », Picastro est désormais un trio mais demeure toujours identique à ce qu’il a été : une guitariste qui est aussi chanteuse de chansons d’amour ruinés (Liz Hysen), un compositeur qui est aussi violoncelliste (Nick Starring) et un batteur (Brandon Valdivia). Ils créent ensemble ce son qui leur est propre et qui perdure : sombre, exigeant et déconcertant ; une sorte de folk proche du film noir, scandé de façon saccadée et effrayante, un univers dans lequel on trouve pourtant un étrange réconfort.

Ses dix plages semblent suinter de sang, comme s’il s’agissait d’installer un marqueur distinctif pour l’ensemble de l’album et d’insinuer ainsi un sentiment de découragement et de danger imminent. Ceci nous est insufflé dès le titre d’ouverture, « Mountain Relief », tout comme les voix désincarnées de « Two Women » ou la désolation glaçante qui coule au travers des chambres vides de « vampire », semblable à un pendule sonique imprimant son rythme au-dessus d’un puits noir qui rappellerait Espers ou The Third Ear Band. « That’s It » assumera le rôle de madrigal macabre et seul « Baron in the Trees » apportera une coloration inhabituellement épique si on considère l’esthétique de You,

Voilà un album semblable au Blair Witch Project : spartiate et ténébreux, il nous montre comment créer quelque chose de monumental à partir de presque rien. You, avec son côté B-movie à petit budget, est le parfait antidote à la musique « easy listening ».

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18 février 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Angel Olsen: « Burn Your Fire For No Witness »

L’album précédent de Angel Olsen, Half Way, avait beau véhiculer une atmosphère laid back et teintée de country, on sentait que se cachait derrière une « songwriter » plus énergique et vociférante exemplifiée par moments dans des tonalités de guitares rugueuses et un grondement vocal plus amer.

Ces tendances agressives ont, deux ans plus tard, encore plus libre court sur ce Burn Your Fire for No Witness qui se montre plus sauvage, impétueux et rempli de confiance que son prédécesseur.

Finie la langueur d’avant, on a droit à un équilibre précautionneusement mis en place entre textes où affleurent auto-critique pointue et une musique à l’atmosphère remplie cette fois d’éléments de « stoner » rock. « Hi Five » est ainsi structuré comme une envolée désinvolte autour de clichés « classic rock » qui vont se dresser peu à peu en riffs de guitares distendus rappelant Neil Young ou The Seeds, esthétique nonchalante démentie par sa méditation sur la solitude. « Highr & Wild » fonctionnera sur le même contraste :piano et ligne de va-basse détendus se heurtant au phrasé sembleble à celui d’un animal blessé de Olsen digressant sur combien le sentiment d’insécurité dans lequel on se complait peut mener à des relations destructrices et la haine de soi.

La plus grande partie de Burn Your Fire for No Witness baignera dans ce climat de colère personnelle, comme pour sous-entendre que la condition humaine se définit par une capacité à simuler le bien-être et ignorer de ce fait le chaos qui nous entoure. Cette vision du monde pour le moins blasée se retrouve sur le titre d’ouverture, un « Unfucktheworld » dépouillé et bref, où Olsen suggère que se dévouer aux autres sert simplement à nous distraire de notre passé, de nos erreurs et du manque d’estime de soi.

Le splendide falsetto de Olsen n’évoque d’ailleurs jamais la fragilité mais plutôt la force comme sur ce « Windows » qui clôture le disque et qui retentit comme une rédemption par rapport à toutes les incertitudes qui précédaient

C’est une affirmation que tout le monde, y compris elle, mérite mieux ; qu’en se permettant de ressentir de la joie est aussi authentique que de sombrer dans la vindicte. Après avoir ainsi évacué les pièges qui entourent notre condition, nous est offerte chance d’y échapper et de trouver beauté dans cette opportunité.

 

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18 février 2014 Posted by | Quickies | , , | Un commentaire

The Jezabels: « The Brink »

The Brink est le deuxième album de cet quatuor de dance rock venu de Sydney et il est fait de paradoxes. Quelque part sa musique est prévisible mais de manière non conventionnelle. On aurait plus attendu de The Brink qu’il soit leur premier disque dans la mesure où le précédent, Prisoner, offrait des climats sombres et renfrognés qui ne pouvaient que nous faire sourciller.

C’est un peu un monde à l’envers ici dans la mesure où cet album sophomore est plus pop et présente une collection de onze chansons vivaces et propres à stimuler notre envie de danser. C’est même un complet retour en arrière puisque leurs premières productions (en particulier leurs E.P.s) présentaient un son dont Prisoner avait penser qu’ils s’en étaient éloignés.

On retrouve néanmoins ici des éléments instantanément reconnaissables, la plupart étant liés à la voix de Hayley Mary toujours aussi extraordinaire dans cette manière qu’elle a de s’élever. On ne peut s’empêcher de le noter sure des titres comme « Time To Dance » ou le « single » « The End ». Le jeu aux claviers de Heather Shannon est également magnifique et procure une impulsion imparable sur un morceau comme « Beat To Beat » où son utilisation de synthés traditionnels excelle.

Il n’en demeure pas moins que cet album pose véritablement problème. Comment, en effet, considérer cette évolution vers un disque qui sonne moins mature ? Si c’est intentionnel, ce ne peut être qu’une volonté de ne pas prendre de risques.En même temps on ne peut reprocher à The Jezabels de sonner comme du Jezabels.

Si on raisonne en ces termes, The Brink est un album pré-adolescent qui fonctionne plutôt bien. On ne peut, toutefois, s’empêcher de penser que, à la lueur de ce dont il est capable, le groupe aurait pu ne pas se contenter d’un opus aussi bateau et convenu.

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18 février 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire