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Peggy Sue: « Choir Of Echoes »

Les albums précédents de Peggy Sue étaient fleuris par un alt-folk sombre, ce troisième disque les voit se tourner vers une approche plus réaliste dans la façon dont les thèmes du doute, de la foi et de la religion sont abordés.

Pause, dextérité et harmonie sont les trois connotations qu’on pourrait appliquer à Choir of Echoes comme pour parfaire par le son ce que la pochette de l’album représente.

Par moments, le côté sombre est accentué comme sur la narration du « single » « Idle » ou le doo-wop irréel de « Electric Light ». N’oublions pas que le combo avait recréé sur son précédent opus Scorpio Rising et on comprendra que les territoires qu’il affectionne sont toujours enracinés dans des démons qu’il s’efforce, cette fois pourtant, d’extirper.

Le trio fait toujours appel à l’indie-folk noisy mais il s’emploie à l’agrémenter d’harmonies féminines à trois voix (« How Heavy The Quiet That Grew Between Your Mouth and Mine »), de rythmes aérés sur des guitares en distorsion (« Always Going »), de chants gospel comme sur le titre d’ouverture « (Come Back Around) »ou enfin de vocaux en boucle qui vous désagrègent en douceur comme sur le frappant « Two Shots ».

Choir of Echoes promène ainsi son climat de tension dans lequel il trouve un juste équilibre, avec une production qui vise à faire mijoter des tonalités qui seront transpercées par des voix. On trouvera dans ce dernier élément quelque chose de cinglant qui annoncent comme des voix de tête à un ensemble baignant dans le trouble sans que, pour autant, l’intérêt vacille ; c’est en cela que ce troisième album est un immense progrès pour ces musiciennes revitalisant ainsi le genre de l’indie-folk gothique.

★★★½☆
« Longest Day of the Year Blues »

 

31 janvier 2014 Posted by | Quickies | , , | Un commentaire

Snowbird: « Moon »

Snowbird est le résultat créatif d’un duo : Simon Raymonde fondateur des Cocteau Twins puis du label Bella Union et de chanteuse interprète Stephanie Dosen. Cette collaboration ne pouvait que mener à une entreprise de toute beauté et on serait de mauvaise foi si on insinuait que Moon ne tenait pas ses promesses.

Peut-on parler de chansons quand nous avons plutôt affaire à de véritables compositions qui semblent glisser du piano de Raymonde et de la voix de Dosen ? Peut-on imaginer que cet album a été enregistré chacun dans sa pièce tant cet album sonne fluide et soyeux ? Tout ce qu’on sait que les heures étaient favorables puisque la collaboration s’est faite au milieu de la nuit, périodes peut-être les plus appropriées pour véhiculer de tels climats oniriques.

Moon est né de l’acquisition d’un piano à queue pour enfants mais il n’y a rien de « délabrement chic » dans ce qui nous est donné d’entendre. C’est un album lisse, vaporeux mais aussi étincelant, avec les vocaux peu appuyés de Dosen vous enveloppant mais faisant également briller une certaine luminosité aux frontières de l’incandescent.

Pour un disque ici des nouvelles technologies, Moon véhicule un climat presque vieillot. Les thèmes issus du piano de Raymonde font montre d’un romantisme qui chavire et qui demeure atemporel, ponctué parfois par quelques guitares cinglantes comme sur «  I Heard the Owl Call My Name ». Le tout est bercé de la douce mélancolie de vocaux

ponctuée parfois par des accroches de piano plus uptempo comme pour nous extraire de notre stupeur. « Porcelain » est couronné par une somptueuse mais fragile mélodie tout comme les arrangements luxuriant de « All Wishes Are Ghosts ».

Voici un disque qui se situe entre chien et loup, sensible au moment où il a été édifié. Construit sous le symbolme de la Lune, il est, tout comme elle, un facteur unifiant et apaisant même si les thèmes qu’il y expose demeurent fermement enracinés dans notre Terre, comme pour cloisonner les instants où il nous est donné de rêver.

★★★★☆
« All Wishes Are Ghosts »

31 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Dum Dum Girls: « Too True »

Dès la première écoute, on peut croire que nous ommes dans un univers où Debbie Harry a toujours 20 ans, et où Blondie demeure un groupe avec qui il faut compter. Il faut dire que Too True est produit par l’ancien producteur dudit groupe (Richard Gotteher) ainsi que Sune Rose Wagner des Raveonettes) et que ce troisième opus nous est livré avec un allant sexy comme le serait un rouge à lèvres fraîchement appliqué.

Dee Dee Penny invoque ici les mânes de Siouxsie, Robert Smith, les Cocteau Twins et, bien sûr, The Ramones comme source d’inspiration et le moins qu’on puisse dire que ces quelques 30 minutes et dix compositions semblent faire le plein de ce en quoi la concision peut être éblouissante.

Du titre d’ouverture, un « Cult Of Times » garage pop, au dernier morceau, l’hypnotique « Trouble Is My Name », nous avons des exemples sublimes de ce que la pop rock peut capturer. « Lost Boys and Girls Club » arbore une rythmique funéraire et un motif de guitare à la distorsion irréprochable, « Rimbauds Eyes »’ est un morceau pop-punk à la nonchalance glaçante, « Are You Okay » exhibe des vocaux dont les nombreuses couches sont marmonnées et forme comme un mur sonique et « Evil Blooms » nous réconcilierait avec les lignes de guitare de Johnny Marr.

Le tout est chanté avec cette vigueur qui transcende les genres, cette intelligence insolente sans laquelle le rock and rollne serait pas ce qu’il est ; bref une appropriation impeccable et assumée des références ici mises en avant. The Dum Dum Girls reconstituent et recréent ce qui les a toujours inspirées. C’est en ce sens que leur authenticité ne peut être questionnée, que Too True porte un titre de façon on ne peut plus justifiée et peut se savourer sans réticences ni prises de tête.

★★★½☆

31 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Hospitality: « Trouble »

Ce trio de Brooklyn a pris son temps entre son son premier E.P. (2008) et son « debut album » de 2012. Ce dernier avait décu on peut donc considérer que Trouble s’emploie à corriger le « hype » dont le groupe avait été victime.

L’instrumentation est déjà plus étoffée et, même si le groupe se montre à l’aise avec un son direct et fuselé, ils parviennent ici à donner un peu de chair à ces espaces. On trouve ainsi des synthés amples et des guitares sinueuses et une direction musicale plus variée.

« Nightingale » va et vient entre lueur chaude et arrondie et élan plus musclé et des percussions qui remplissent justement ces espaces laissés libres pour donner place ensuite au solo de Amber Papini ainsi qu’à ses vocaux. Cette dernière se fait méditative en évoquant une relation amoureuse vouée à l’échec sur « Inauguration » et, sa voix épouse à merveille la versatilité de Hospitality ; étouffante et sensuelle sur « Going Out » ou dramatique et ampoulée avec « Rockets and Jets ».

Ce dernier titre est sans doute le meilleur exemple de la manière dont le trio sait malmener les climats. Il s’ouvre sur des notes électroniques glissant vers la synth-pop avant de bifurquer brusquement vers un pop rock plein de punch et un solo de Papini concis mais élégant.

Il y a par conséquent des éclairs d’inspiration sur Hospitality ; des changements de clefs subtils sur les chorus ou la pulsation electro de « Last Words ». Mais ceux-ci sont irritants dans la mesure où ma plupart des compositions semblent aller nulle part ou ne sonnent que comme des pastiches creux et peu inspirés de Morcheeba.

Hospitality a voulu montrer qu’il était capable de briller en élargissant son spectre, mais ces éclats de créativité ne nous rendent, par contraste, que plus indifférents au reste de l’album. Rendons-leur grâce toutefois de vouloir repousser plus loin leurs limites.

★★★☆☆

 

31 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Un commentaire

Sheryl Crow: « Feels Like Home »

Sheryl Crow fait partie de ces chanteuses qui eurent leur heures de gloire durant les années 90. Aujourd’hui une nouvelle génération a pris place (Neko Case entre autres) et c’est peut-être cette raison qui l’a amenée à sortir son premier album purement country selon les dires de son entourage.

Cette affirmation est à la fois vraie et fausse. Fausse parce qu’il y a toujours eu dans son répertoire des éléments où cette Americana était présente mais vraie car ne serait-ce que par sa pochette (robe blanche immaculée sur fond de verdure et sourire artificiel) la typologie est évidente. Trop de blanc, trop de vert sourire figé ; on pourrait penser que Feels Like Home possède une petite dose de second degré. Le titre de l’album indique que ça n’est pas le cas.

Il suffit de reconsidérer sa carrière, chansons bien pensantes, un thème pour un James Bond, compositions inondant les malls, pour comprendre que si Crow aime l’odeur du rock and roll, son blues-rock FM évite soigneusement de s’y tremper.

Ce neuvième album conviendra à qui aimerait cette démarche ; des textes convenables mais un accompagnement qui n’est que recyclage de chansons d’amour façon Eagles, des premières manifestations des Stones ou des larmoiements de Dolly Parton. D’ailleurs si cette dernière avait interprété elle même un « We Oughta Be Drinkin’ » plein d’esprit, elle en aurait donné une version moins policée que celle qui figure sur Feels Like Home.

« Waterproof Mascara » est une autre de ces émulations d’une Parton qui, là, aurait fait l’école buissonnière ce qui rend le titre presque plaisant mais on ne peut que rêver à ce qu’auraient pu faire d’autres artistes du rocker « Shogun », d’un très « nashvillien » « Crazy Ain’t Original » ou du nasillard « Best Of TImes ».

Au final, Feels Like Home porte bien son titre ; il remet Sheryl Crow à sa juste place celle d’une interprète « classique », chose qu’elle a toujours été.

★★☆☆☆

31 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire