No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

The Moondoggies: « Adiós I’m A Ghost »

Seattle n’est plus la ville synonyme de « grunge » et c’est tant mieux. Le deuxième album de Moondoggies, Tidelands, versait dans un country-rock bercée par des harmonies très Laurel Canyon qu’on avait peu entendu depuis The Byrds ou Déjà Vu de Crosby, Stills, Nash & Young. Cela avait mis la barre assez haut pour son « follow up » et, c’est avec un plaisir certain que l’on constate que Adiós I’m A Ghost surpasse nos attentes.

Si leur musique reste enracinée dans les mêmes univers remplis de guitares en « reverb » qu’auparavant, The Moondoggies ont quelque peu noirci les choses d’autant que, selon leur leader, il s’agissait d’explorer « l’idée de vivre et de mourir, tout comme les nombreuses où nous avons vécu et sommes morts avant. »

Tout cérébral que soit le disque on peut néanmoins très bien l’écouter sans raisonner en termes de « concept album ». On entendra un peu de Bruce Springsteen dans la merveilleuse ballade qu’est « Pride », une bribe de My Morning Jacket ou de Pink Floyd sur les fluidités et les tempos variés de « A Lot To Give » ou « Don’t Ask Me Why », et, de façon plus surprenante, un clin d’oeil à Cure sur « Annie Turn Out The Lights ». La mélancolie sera pourtant secouée sur le morceau terminant Adiós I’m A Ghost, avec un « Don’t Ask Me Why » enlevé et du plus bel effet.

Ce troisième opus est, par conséquent, bien plus complexe qu’il n’y paraît. Au travers de sa diversité il crée une sorte de yin-yang stylistique (Roy Orbison sur « Midnight Owl », vibration cadencée sur « Stop Signs ») qui lui donne une symétrie et une cohésion qui se feront jour si il est écouté dans son intégralité plutôt que de façon décousue et titre par titre.

★★★☆☆

27 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Emily Jane White: « Blood / Lines »

Blood / Lines est censé être une compilation de plus de cent esquisses écrites par la chanteuse. Le fait que le terme « demo » ne soit pas employé indique en quoi c’est un album impressionniste au possible et que les métaphores y sont visuelles.

Il est certain que Emily Jane White s’est éloignée de ses racines métal et punk et qu’aujourd’hui son esthétique est devenue proche d’artistes comme P.J. Harvey, Hope Sandoval ou Cat Power.

L’entame à la guitare est confiante, la voix cristalline et semble orchestrer le tout. Elle est enveloppée par des percussions, des cordes et du piano sur « My Beloved » alors que « Faster Than The Devil » est peuplé de mélodies fantomatiques en multi-tracking et d’une guitare à l’écho omniprésent avant que des cordes ne s’enflent pour donner ampleur à cette composition propulsée par une ligne de basse ferme.

On retrouvera la même assurance dans le galop qui emportera les guitares en reverb d’un « Thorougbred » qui contribue à nouveau à insérer une atmosphère gothique à l’album, tout comme un « Wake » qui oscillera entre piano percutant et giboulées de cordes.

Les accords en majeur de « Dandelion Daze » renchériront pour ce qui s’avère être une chanson de haine alors que « Holiday Song » et « The Roses » brilleront pas leurs changements de tonalités et la complexité de leurs arrangements.

Soulignons, enfin les textes dont les sous-entendus cachés captiveront ceux qui y prêteront attention et laissons le charme de ces mi-rêves mi-cauchemars agir dans ces espaces où même les silences qui ponctuent les morceaux résonnent et se font l’écho de ces lignes de sang qui parsèment ses bâtisses abandonnées et ces amours en déliquescence qu’elles ont abritées.

★★★☆☆

27 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Rhys Chapman: « Harmonie Du Soir »

Parler d’un compositeur au sens original du terme peut sembler incongru mais Rhys Chapman fait dans le minimalisme, la no wave ou le post-rock ; on peut donc lui voir des accointances avec la musique qui nous réunit d’autant que l’artiste ne lésine pas à employer des guitares.

Il y a dans Harmonie Du Soir une intensité dynamique et une densité des textures apportée par les six cordes et, déconstruction oblige, un refus de tout timbre vocal et d’expressivité mélodique. On n’y trouve aucune montée ou descente de tonalités, juste une maîtrise du rythme et du volume accentuée par les six guitares qui, elles seules, pourvoient un puissant semblant de narration. C’est cela qui remplace l’air, dans le sens de mélodie, mais le tout baigne dans des tropes rock plutôt que classiques ce qui ne peut que nous donner un point d’ancrage auquel nous raccrocher.

On a souvent dit que la musique étaient impressionnisme pour ne pas se froisser si, ici, elle se fait abstraite et refuse toute harmonique. Tout au plus pourra-t-on se rattacher aux schémas répétitifs – mêmes accords, mêmes notes – pour y déceler une structure et, celle-ci étant non verbale, elle dispense de repères familiers comme les mélodies, ou le concept de chanson.

Harmonie Du Soir est un album fait, non pas de crescendos, mais de digressions subtiles dans les rythmes et les tempos. Il est presque paradoxal de retrouver alors une accointance avec les musiques tribales, les plus organiques, puisque les deux sont étayées par l’aspect en percussion des compositions. On pourrait éviquer John Cage ou Terry Riley qui se seraient décidés à oeuvrer vers une musique moins cérébrale et qui auraient troqué les synthétiseurs pour la pléthore de guitares qui, elles seules, rythment ces trois plages, peut-être est-ce ce recours à ces instruments familiers qui retient l’attention et nous fait nous concentrer sur les nuances imperceptibles de cet album en nappes qui, ici, ont le mérite de ne pas faire dans le vaporeux.

★★★☆☆

27 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Zachary Cale: « Blue Rider »

Blue Rider est un « road album » ; une de ces collections de titres qui semble s’étendre à perte de vue, chacun singulier mais se mêlent pour former un son unique.

Zachary Cale vient de Louisiane et rien n’est plus évident ici. Sa voix est traînante et paresseuse et ses lignes de guitares nasillardes avec de lointains échos jazzy. Construit sur une fondation d’arpèges subtils et stridents, Blue Rider est étoffé par des arrangements aux délicates atmosphères, aux textures intimes et des mélodies qui bruissent de détails discrets mais enchanteurs.

Cale a dit de Blue Rider que c’était son « album blues » et son ossature l’est manifestement avec une guitare accordé comme celle de Skip James. « Unfeeling » rappellera une berceuse des années 60,a vec une reverb à peine prononcée « Wayward Son » est fait de vocaux et de trémolos en arrière plan, l’orgue de « Dear Shadow » fortifie soutient une armature faite dune guitare doucement grattée envahie peu à peu par des percussions régulières et une guitare électrique qui s’insinue de façon sinistre alors que la pedal steel de « Blood Rushes On » offre un climat plus laid back et chaleureux.

Alors que Noise Of Welcome 2011) brillait par ses compositions fournies, Blue Rider est, lui, un exercice dans lequel ces compositions sont comme déshabillées. L’habileté à façonner un son particulier est remarquable ce qui, puisque de « road album » il s’agit, la prochaine chanson semblera avoir une destination prévisible. Elle sera pourtant éclipsée sans qu’on s’y attende, qui par une sérénade à la Ron Sexsmith (« Blood Rushes On »), qui par une atmosphère mélancolique comme un « Hold Fast » au ton posé.

C’est dans cet horizon indistinct que réside le charme de l’album ; il nous donne la sensation d’être perpétuellement en route vers une destination où l’on n’est pas pressé d’arriver.

★★★½☆

27 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Hidden Cameras: « AGE »

En tant que porte-parole de The Hidden Cameras, Joel Gibb a toujours abordé les sujets controversés. La vidéo de « Gay Goth Scen » où un enfant se faisait malmener a ainsi annoncé la teneur sulfureuse de ce sixième album.

AGE contient les éléments qui ont fait des Canadiens un ensemble aussi séduisant : parties orchestrées apportant une certaine grandeur aux prouesses vocales de Gibb et un line-up toujours changeant avec, ici, le pianiste Chilly Gonzales et Mary Margaret O’Hara dont la voix avait participé à des efforts de REM, Morrissey et Tom Waits.

Gibb habitant désormais à Berlin, la réputation de terre d’electro de la ville a rejailli sur lui. L’ouverture de AGE, « Skin & Leather », l’hymne au bondage le plus élégant qui soit, en est l’exemple flagrant. « Bread For Brat » s’en tient à la même formule, avec un chorus répétitif mettant en valeur la sensibilité pop du groupe de façon dramatique.

AGE n’est pas pour autant une célébration éthérée, « Gay Goth Scene » est une profession de foi poignante, qui vise à la fois àn ous hanter et à nous soulager, « Afterparty » est un reggae dub de six minutes au climat « downbeat » et « Carpe Jugular » fusionne house et disco avec un chorus dont le climat lancinant accentue l’inquiétude qui s’y fait jour.

Ce sera le titre de fin, l’épique « Year Of The Spawn », également « single » extrait de l’album, qui se révélera le plus limpide avec son piano lumineux, confirmant la réputation qu’a Hidden Cameras comme tenants de la plus belle chamber pop.

Accompli et policé, AGE n’est peut-être pas aussi consistant que ses prédécesseurs (en particulier The Smell Of Our Own ou Awoo)mais c’est quand même un retour plus que réussi d’un des compositeurs les plus doués de sa génération.


27 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Reverend Horton Heat: Rev »

The Reverend Horton Heat est de retour et toujours en chaleur ! Le groupe ne s’est en fait jamais éloigné, il a juste fait quelques petites incursions ces dix dernières années vers la country ou le jazz et a même enregistré un album de Noël. Rev les voit retourner vers ce qu’ils font de mieux, le psychobilly tapageur.

C’est dans les années 90 que le groupe se firt un nom avec des albums comme Liquor In Front et Martini Time puis ils ont semblé disparaître du circuit. Chose étonnante, mais réjouissante, le line-up original ((Jim Heath vocaux et guitare, Jimbo Wallace, contrebasse et Scott Churilla, percussions) est le même et son impact tout aussi puissant aujourd’hui.

Cet onzième album démarre sur un instrumental, « Victory Lap » qui sonne comme un galop d’essai avant que « Smell Of Gasoline » ne prenne le relais et en surmultiplié avec une guitare qui évoque le légendaire Link Wray et met en vedette une six cordes pleine de pétulance et des phrases aussi poétiques que « Elle aimait l’odeur de l’essence, on avait seulement 17 ans. » (sic!)

Mais le Révérend sait aussi faire dans le « sérieux » puisque « Never Gonna Stop It » fait allusion à la crise financière en nommant, entre autres, Goldman Sachs. Ceci dit, il le fait à sa manière puisque cela lui permet de proclamer, sur un solo de guitare qui est une pure tuerie, « l’invicibilité de rock and roll » (re-sic) !

« Zombie Dumb » arborera des riffs encore plus frénétiques qui auraient rendu fiers The Cramps et « My Hat » combinera les charmes de, excusez du peu, Chuck Berry, Carl Perkins et Bill Haley en moins de trois minutes !

Rev voit le combo revenir à ce son tordu inspiré du rock and roll des années 50 qui les a rendus si fameux. On ne peut que leur dire un « welcome back » tant il nous fait autant taper du pied !

★★★½☆

 

27 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Mogwai: « Rave Tapes »

Si Mogwai étaient un film, ils officieraient probablement dans les films d’horreur. La discographie du groupe a toujours été parcourue par cette sensation de véhicule à l’effroi, que ce soit avec des pochettes qui faisaient référence à L’Exorciste jusqu’aux allusions aux loups-garous, aux vampires et aux squelettes qui semblent tapis dans l’irrévérence qui imprègne les titres de leurs compositions.

Cette connexion s’est encore plus confirmée avec la bande originale du la série Les Revenants constellée de zombies, collection subtile de menace et de mélancolie. Aujourd’hui, leur fixation sur John Carpenter semble se faire de plus en plus prégnante et se manifeste sur un Rave Tapes, produit par Paul Savage ancien batteur des Delgados, où l’importance donnée à des synthétiseurs ancrés dans la volonté d’inquiéter, en fait peut-être un des albums les plus hantés du groupe.

L’électronique rampante et effrayante de « Remurdered » sonne, par exemple, comme devoir une dette à Carpenter, affûtée et affinée qu’elle est par la participation de The Errors, alors que l’implacable pulsation qui sous tend « Deesh » apporte une sous-texte sinistre au climat de science-fiction qui accompagne le morceau, en particulier par son crescendo.

Ailleurs les qualités familières de Mogwai sont toujours là et impeccablement réinterprétées : « Master Card » et ses grosses guitares agitées comme une mer tumultueuse ou « Blues Hours » édifié sur des murs de bruits paradisiaques avant de, soudainement, faire cesser leurs décibels, une marque déposée chez eux ne perdant toutefois pas son impact viscéral.

« Simon Ferocious » sonnera comme une tragédie glorieuse, déchiquetée et plein de ruminations alors que « The Lord Is Out Of Control » apportera un contrepoint plus calme avec ses percussions électrostatiques et ses vocaux tripatouillés ; ces deux titres résumeront à merveille le jeu sur les contrastes dont sont capables nos musiciens tout en permettant aux Écossais de faire évoluer leur post-rock de manière progressive et minutieuse mais tout autant irrésistible.

★★★½☆

27 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Musiques En Couleurs: Interview de I Break Horses

La tâche de sortir un « follow up » digne de ce nom à un Hearts couvert de louanges en 2010 n’allait pas être chose aisée pour Maria Lindén et Fredrik Balck, le duo de I Break Horses. Chiaroscuro a, par conséquent, suscité une grande attente et cet opus, à la première écoute, se révèle une affaire bien plus sombre que le précédent. Pourtant, comme le suggère son titre, il sait révéler progressivement des rais de lumière ; que ce soit sur l’ouverture cristalline mais mordue par le froid de « You Burn » ou sur la plage qui clôture l’album, « Heart To Know ». I Break Horse sont parvenus a créer un monde glacé mais de toute beauté, mais un monde qui laisse entrevoir une lueur. Maria Lindén en parle, tout comme de Twin Peaks et le fait de tourner avec un groupe renommé comme Sigur Rós.

Vous avez fait un long break avant de vous remettre au travail et l’attente s’est montrée justifiée. Comment s’est passée la remise en route ?

Très bien merci. On était, bien sûr, un peu nerveux. Quand vous en êtes à neuf compositions et que vous devez les concrétiser dans la réalité, tout peut semble étrange et irréel.

Pendant cette sorte de congé sabbatique, avez-vous reconsidéré Hearts en vous disant que c’était un beau disque et qu’il fallait désormais mettre la barre plus haut ? La pression du fameux « deuxième albium » s’est-elle fait sentir ?

Pour être honnête, ce premier opus a vraiment été cathartique pour moi, et ce de différentes manières. J’ai donc été très soulagée quand nous l’avons terminé et qu’il a pu sortir. C’était un peu comme si je ne pourrais pas profiter de la vie jusqu’à ce que sa production soit achevée. Très vite, j’ai à nouveau ressenti le besoin de jouer avec quelques idées qui sont venues s’incruster dans ma tête d’une façon assez relaxe et presque ludique. Je me suis également forcée à ne pas penser à la manière dont le deuxième album serait accueilli car cela aurait, fatalement, limité le processus créatif dans lequel j’aurais été.

Ce nouvel album se nommeChiaroscuro,qui se traduit en gros par les techniques et les traitements des effets de lumière dans un sens pictural. Aviez-vous cet aspect visuel en tête et pensez-vous que la musique fait appel à tous les sens et qu’elle trasmet toujours une image ?

Oui, je suis entièrement d’accord avec ce point de vue ! Beaucoup des idées de ce disque me sont venues en regardant à nouveau Twin Peaks pour la première fois depuis que j’étais jeune. C’est avec cette imagerie et son atmosphère générale à l’esprit que j’ai créé un certain nombre de sonorités sur l’album.

Même si demeure un climat « shoegaze », Chiaroscuro vire cette fois vers un son plus vif et électronique. Il semble également être un effort beaucoup plus collaboratif que le précédent. Travaillez-vous toujours en solo avant de le peaufiner avec Fredrik ou êtes-vous entrés dans un processus de travail en commun ? En même temps passer de l’un à l’autre peut avoir son utilité.

En fait, notre façon de travailler a été identique à celle de Hearts. Je crois que notre nouvelle direction en termes de sons a plus à voir avec notre désir de créer un disque qui se révèle plus sombre et obscur. IL était par conséquent naturel pour moi d’y apporter des éléments plus froids ainsi que de l’électronique. Vous avez raison, en revanche, de dire que c’est assez génial de pouvoir échanger vos idées une fois que les titres commencent à prendre forme.

Chacun de vos deux disques contient neuf chansons. Est-ce une coïncidence ou faut-il y voir un sens caché ?

Neuf est en fait mon numéro porte-chance mais c’était en fait une coïncidence. Je trouvais que 45 minutes était une bonne durée pour un album et il s’est trouvé que ça a fait neuf morceaux.

On peut difficilement ne pas être influencé par son environnement et, étant donné celui qui est le vôtre, je crois qu’on pourrait vous qualifier de groupe « hivernal ». Ce nouvel album me semble idéal à écouter avec un casque pour se fermer au monde extérieur, s’échapper et se baigner dans ses nombreuses plages soniques.

Oui, I Break Horses a indéniablement un son évoquant l’hiver. La Suède est un ebndroit où il fait sombre et froid la moitié de l’année. J syuppose qu’il n’y a aucune difficulté à en subir l’influence jusqu’à un certain point Mais, en ce qui me concerne, les morceaux et leurs nappes sonores, les structures des compositions possèdent aussi des couleurs plus chaudes !

« Weigh True Words » possède une pulsation assez irrésistible et mène parfaitement à « Heart To Know » qui me semble évoquer le réveil d’une personne avec comme un bruit de personne qui respire et cherche de l’air. Que pouvez-vous en dire, tout comme de la façon de les juxtaposer les uns aux autres ?

Merci, le son de quelqu’un qui suffoque et cherche de l’air est exactement ce que je recherchais sur ce titre. Son titre initial était d’ailleurs « The Iron Lung » (Poumon d’Acier). Il me semblait naturel d’associer ces deux compositions car car « Weigh Tue Words » a déclenché le mécanisme qui m’a fait écrire « Heart To KNow ». C’était comme si je me devais de terminer une histoire dont le premier titre avait été le début. Je pense, en général, que le « track listing » me vient naturellement, sans critères ou idées préconçus aussi je ne pourrais pas dire que ça m’a pris beaucoup de temps.

Il paraît que la majorité des titres sur Chiaroscuro a été composée sur piano et non avec l’aide de synthétiseurs. Pensez-vous que ça vous a libérée en tant que songwriter et vous a permis de vous concentrer plus sur les idées de bases plutôt que sur l’image globales ou l’atmosphère ?

Je crois que ça a tout simplement permis de faire en sorte que le processus allant des idées initiales au produit fini soit plus direct. Dès le début je sentais qu’il me fallait composer le noyau des morceaux sur un support plus limité qu’avec l’album précédent et que la production ne devait intervenir que plus tard. Sur Hearts, en revanche, j’ai passé des heures et des heures à créer des paysages sonores au moyen de synthétiseurs de pédales à effets dès le début et ensuite construire la composition à partir de cela. Je ressentais la nécessité de travailler différemment sur Chiaroscuro.

Vous avez fait une tournée avec Sigur Rós. Il n’y a rien de mieux qua dans jouer sur des grosses scènes pour vous affûter. Comment se prépare-t-on pour des shows comme ceux-là ? Vous faut-il changer votre approche quand vous jouez devant un public qui est essentiellement venu voir l’artiste vedette ?

Il y a une énorme différence car, quand vous ouvrez pour quelqu’un, vous devez diminuer votre équipement ainsi que le nombre de musiciens. On vous accorde moins d’espace aussi vous devez arranger vos titres de manière à ce qu’ils conviennent à un groupe élagué. On a, bien sûr, des sentiments contrastés quand, ensuite, on peut voir le groupe principal disposer de tout son équipement ainsi que ses effets visuels. Ça vous fait envie, mais peut également vous donner des idées. Ceci dit, quand vous tournez avec un groupe aussi fameux et génial que Sigur Rós, tout ceci passe au second plan et vous vous estimez chanceux de faire partie d’une expérience aussi fantastique.

Comment le public a-t-il reçu les nouveaux titres ? Est-ce que jouer « live » a changé le façon dont vous les voyiez et, comme l’ordre des titres est très important chez vous, envisageriez-vous de faire un concert qui reprenne le « track listing » du début à la fin ?

On a juste joué deux ou trois de nos nouvelles compositions et l’accueil a été plutôt favorable. Il est un peu tôt pourtant pour s’avancer. Nous avons notre propre show, avec le nouveau matériel et nous verrons ce qu’il en adviendra. Mais, si on regarde nos performances initiales, la façon dont je les considère s’est modifiée. Ça n’est pas nécessairement en tant que des chansons issues d’albums mais perçues comme des choses à interpréter « live » et ayant besoin d’un arrangement différent. Je jouerais volontiers un album en public en suivant l’ordre des morceaux si il y avait une demande du public mais, personnellement, je trouve plus excitant de créer une nouvelle expérience « live » à chaque fois.

27 janvier 2014 Posted by | Conversations | Laisser un commentaire