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Sophie Ellis-Bextor: « Wanderlust »

« Wanderlust » fait référence à ce désir soudain que l’on peut avoir de voyager, c’est aussi un titre adéquat pour ce cinquième album de Sophie Ellis-Bextor, chanteuse d’une pop pas toujours mémorable qui semble ici vouloir se hisser à d’autres niveaux qui lui donneront crédibilité même si ils lui aliènent son public dance pop.

Produites par Ed Harcourt et nimbées d’une teinte gothique, les onze plages de Wanderlust fourmillent d’accords indie pop grisâtres et d’arrangements dont la grandeur met en avant les penchants théâtraux de la chanteuse. Fort heureusement, cette dernière n’abuse jamais de la dramatisation et, au contraire, maintient un contrôle de sa voix tout aussi posé que suer ses quatre précédents albums. Les personnages et les climats sont ainsi mis en place sans aucune cacophonie comme en témoigne le premier « single », un « Young Blood » de toute beauté. Ce titre est d’ailleurs le plus direct alors que d’autres morceaux comme « The Deer & The Wolf » et « Love Is A Camera » témoignent de la vibrance à laquelle Harcourt et la vocaliste se prêtent.

Cette dernière se paie même le luxe d’aborder le rock, avec « 13 Little Dolls » ou le tumulte avec le sombre et en même temps joyeux « Cry To The Beat Of The Band » montrant ainsi l’amplitude de ses talents d’interprète. Il est vrai que les titres ont, en majeure partie, été composées par Harcourt mais la nouvelle direction qu’il a proposée à Ellis-Baxtor semble si naturelle que celle-ci s’en empare comme si ce nouvel univers musical lui appartenait.

Wanderlust n’est, certes pas, parfait mais l’orientation prise par celle qui est aussi  mannequin est suffisamment plaisante pour piquer notre intérêt.

★★★½☆

20 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The New Mendicants: « Into The Lime »

The New Mendicants est un combo qui résulte de la collaboration de Norman Blake (Teenage Fan Club) et de Joe Pernice (The Pernice Brothers) avec la participation intermittente de Mike Belisky, la batteur de ces derniers. Les deux musiciens sont amis depuis plus de 13 ans et ce premier album est le fruit d’une longue gestation tout comme le produit de compositions qui auraient dû figurer dans la bande-son du film A Long Way Down.

Ceux qui connaissent Blake et Pernice ne seront pas désorientés par le matériel, à l’exemple du titre d’ouverture, « Sarasota », morceau de alt-country léger et ondoyant construit tout au long de ses sept minutes autour d’un mantra, « It’s Free ». « A Very Sorry Christmas » reprendra également des procédés familiers ; une ravissante chanson, précieuse et douce amère, jalonnée par les éclairs charmants de la slide-guitar de Blake.

Les Byrds sont ici une influence indéniable même si on perçoit sur le désinvolte rebond de « Cruel Annette » des éclats rythmiques où les harmonies prises en doublon se fondent comme une savoureuse mesure façon beat music. On trouve aussi une belle dose de ballades mélancoliques aux fraîches et légères envolées comme « Follow You Down », « If Only You Knew Her » et une reprise de la regrettée Sandy Denny (Fairport Convention), « By The Time It Gets Dark ».

Il ne faudra pas chercher sur Into The Lime d’inventions soniques bouleversantes. On trouvera, par contre, tout au long de ces dix plages ces climats discrets et complices nés d’un long partenariat et de voix posées travaillant en symétrie l’une avec l’autre. Ajoutons la présence d’esprit d’insuffler une petite flamme psyche pop délicieusement fuzzy avec des vocaux en free form quand le disque semble vouloir se ramollir (« Lifelike Hair »), et nous aurons ici un titre phare qui réveille tout en clôturant joliment un bien sympathique album.

★★★☆☆

20 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Painted Palms: « Forever »

Il y a un bien curieux rapprochement à faire entre le titre de ce premier album de Painted Palms, Forever, et la manière dont celui-ci semble être enregistré, presque à l’infini. Ce duo de psyche pop composé de deux cousins, donne l’impression de vouloir nous faire entendre ses compositions en deux fois tant celles-ci sont constamment remplies par un écho qui crée une sorte de double image courant parallèlement à l’album. Ajoutons que la production est très fournie mais, a contrario, que les mélodies sont suffisamment accrocheuses pour que ce « debut album » sonne à la fois plein de fantaisie et d’introspection.

Enregistré pourtant uniquement à distance et par échange d’e-mails, Forever est un riche alliage sonique où Painted Palms, originaires de Louisiane, s’efforcent à recréer des paysages sonores qui baigneraient dans la douceur pop la plus pure, façon mélancolie à la Beach Boys, et un production scintillante d’arrangements sonores qu’on pourrait apparenter à ceux de Panda Bear.

Le résultat est nimbé d’impressions contrastées, californiennes pour la plupart, et évoquant les plongeons dans la haute mer, le ressac des vagues sur des récifs de corail ; une volonté d’évasion de la réalité que ce soit par la rêverie qui nimbe « Soft Hammer », la distraction capricieuse de « Hypnotic » ou l’instrumentation luxuriante et mélodique que l’on trouve sur « Angels » le bien nommé.

Le tout est habilement construit, avec un morceau d’ouverture (« High Glow ») excitante anticipation de ce qui se prépare : un feu d’artifice de pyrotechnie musicale. L’approche détendue de Forever parvient néanmoins à évoquer une tristesse sous-jacente, « Not Really There » ou des phrases comme « J’ai l’impression de ne pas pouvoir compter sur moi » sur la chanson titre.

La ténacité à s’évader en surfant sur les vagues ou en se vidant la tête se heurte à la réalité des problèmes quotidiens. Par cet aveu que sa démarche n’est pas toujours salutaire, Painted Palms apporte une bienvenue touche d’humanité à ce qui, sans cela, serait évasion dérisoire et emprunte de vacuité.

★★★½☆

20 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Neck Deep: « Wishful Thinking »

Wishful Thinking est le « debut album » d’un quintette anglais de pop punk, Neck Deep, très attendu après quelques EPs ravageurs et le buzz créé sur Internet.

On ne sera pas surpris, ici, du répertoire mais on constatera une nette amélioration en termes de mélodies et de section rythmique. Cete dernière est beaucoup plus tendue, les lignes de guitares plus fluides et les vocaux de Ben Barlow plus affirmés techniquement.

On a donc la sensation d’un son plus cohérent et d’un groupe plus soudé dans son répertoire, avec un mélange plein de sève et de santé, de colère, d’angoisse et de détermination, le tout servi par des riffs punk pop accentués et bien affûtés. Le morceau phare du disque, « Zoltar Speaks », va toutefois s’aventurer plus loin en puisant dans un « skate punk » conjugué à la diction furieuse de Barton et une « lead guitar » à la haute tonicité.

Le titre ne dépare pas le reste de Wishful Thinking mais il est un indicateur du fait que Neck Deep ne souhaite sans doute pas s’engluer dans un style monocorde.

Cela serait bienvenu car, comme beaucoup de groupes oeuvrant dans le même registre, Wishful Thinking, aussi bref qu’il soit laisse peu de place et de temps à la respiration. Il n’est guère possibilité de reprendre son souffle dans la mesure où un titre « énergique » succède à un autre, monotonie quelque peu lassante mais qui mettra en relief la dernière chanson du disque, un « Candour » qui les rapproche d’une ballade rock, stylisation qu’ils devraient peut-être cultiver un peu plus dans le futur.

Wishful Thinking est un album de pop punk confiant, intyerprété par un groupe fait preuve d’assurance. Sans doute assez, espérons-le, pour se diriger vers une voie moins rebattue.

★★½☆☆

20 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Switchfoot: « Fading West »

Comme on le sait, les États-Unis ont toujours été prégnants de religiosité, aussi il n’est guère étonnant d’y trouver des groupes de réclamant du « Christian Rock ». Switchfoot en fait partie, et ce combo alt-rock De San Diego en est un des plus populaire au point que Fading West est aussi le titre d’un documentaire narrant les exploits de ses membres dans la pratique su surf (sic!).

Le succès de Switchfoot était lié à un stadium rock attractif mais sans grande originalité, ce nouvel opus les voit s’en éloigner et essayer de se diversifier. Moins de guitares mais plus d’électronique, de pop psychédélique ou de « world music ». La tentative est « louable » mais Fading West demeure encore trop souvent noyé dans des arrangements remplis de « reverb », de choeurs qui frisent sans cesse les « alléluias » ou les chorus d’enfants, pour que, on l’a deviné, l’album pêche par des métaphores excessives (l’océan par exemple) et d’un didactisme dont on s’efforcera de faire abstraction

La production est à l’image des intentions affichées : des effets électroniques qui empruntent largement à Brian Eno alors que certains titres, « When We Come Alive » ou « Slipping Away », sonnent comme le Coldplay empli de synthétiseurs de Mylo Xyloto. Ce sera sur « Ba55 » que l’on trouvera un peu de légèreté plus sympathique avec un fuzz rock impétueux et séduisant et « Who Are We », subtile petite pièce d’electro-pop façon MGMT.

La faculté de composer des mélodies aux accroches entraînantes est toujours là, mais elle est grevée par des orchestrations trop connotées qui alourdissent encore plus les textes où il est question de foi et de rédemption (« Love Alone Is Worth The Fight »). Finalement, comme toute œuvre se voulant porteuse de message, ce dernier obère la créativité en primant sur elle de manière pesante.

★★½☆☆

20 janvier 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Rosanne Cash: « The River And The Thread »

The River & The Thread est le fruit d’un voyage que Rosanne Cash et son mari, le guitariste producteur John Leventhal, installés tous deux à Manhattan depuis 20 ans, ont entrepris en Arkansas afin de recueillir de l’argent pour un projet visant à restaurer la maison natale du père de la chanteuse.

Cette randonnée les a conduits dans le Sud et leur a permis de s’imbiber d’une histoire et d’une musique dont cet album est le résultat ; un disque qui fonctionne comme un carnet de voyages, de leçons d’histoire et, par conséquent, une oeuvre mémorielle.

On trouvera donc, dans The River & The Thread, un mélange de country, de folk, de pop, de rock et même de jazz créant ainsi une musique atmosphérique au travers de compositions (Cash a écrit les textes et son mari les mélodies) relatant ce qu’ils avaient vu ou entendu tout au long de leurs pérégrinations. Un des titres les plus frappant sera à cet égard « Money Road », parlant d’une route dans le Mississippi qui, sur ses quelques miles, permet de retrouver ce qui est considérée comme la tombe de l’innovateur du blues : l’épicerie où une jeune homme noir, Emmett Till, flirta avec une jeune femme blanche et fut pendu pour cette raison ainsi que le pont Tallahatchie, le site évoqué par Bobbie Gentry sur « Ode To Billy Joe », d’où deux amants ont jeté quelque chose d’éternellement mystérieux dans la rivière plus bas. Le résultat est une composition puissante et évocatrice parvenant à associer les éléments de ces anecdotes.

Tout n’est pourtant pas aussi sinistre néanmoins. L’album est rempli de de compositions charmantes et de performances vocales qui nous rappellent quelle grande chanteuse Rosanne Cash peut être. « 50 000 Watts » est un délicieux gospel rythmé par un beat shuffle ou «  When the Master Calls the Roll » où deux amants sont réunis dans une mort qui leur offre paix et félicité éternelles.

Les thématiques du disque sont ainsi simples à suivre ; la musique peut servir de référentiel historique mais aussi de moyen de soigner les vieilles blessures. Sur la plupart des titres, la narrateur bataillera contre des épreuves plus actuelles ; le tout est alors le témoignage atemporel du réconfort que la musique peut apporter. The River & The Thread est un concept album qui en apporte une magnifique preuve.

★★★★☆

20 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Ed Harcourt: Time Of Dust »

Après un Back In The Woods aux résultats mitigés, Time Of Dust est un mini album de six titres qui semble voir Ed Harcourt vouloir retrouver un second souffle en intégrant à sa « chamber pop » des climats plus nébuleux.

Le disque baigne, en effet, dans une humeur obscure faite de distorsion, de frayeur et de schémas inquiétants comme si, dans l’ombre, rodaient des personnages ténébreux prêts, à chaque détour, à nous imprégner de leur sinistre étrangeté.

Time Of Dust s’ouvre sur un « Come Into Dreamland » rappelant Richard Hawley avec un piano résonnant d’échos, un choeur apportant une atmosphère hantée et une thérémine dont l’électronique sonne comme ces chants de sirènes vous attirant vers des contrées sinistres mais, ô combien, envoûtantes. On retrouvera les mêmes climats menaçants avec la chanson titre, interlude incertain sous forme d’une musique de cirque aux tonalités mexicaines, sa caisse claire funèbre et un pont qui rappellera, lui, Eels. Les vocaux de Harcourt ajoutent une pointe démoniaque inhabituelle sous un phrasé toujours aussi vaporeux et voilé.

« The Saddest Orchestra » a une cadence plus affirmée, proche de l’épique, mais tout aussi inquiétante avec des arrangements qui semblent lancés à la poursuite du chanteur et où couche après couche instrumentale (percussions en cascades, piano en crescendo, xylophone) apporte son lot d’angoisse et d’une presque terreur qui côtoie l’émerveillement.

La Harcourt « classique » sera toujours là (« We All Went Down With The Ship ») mais il ne sera qu’un répit, un intermède avant un « Parliament of Rooks » imprégné de spectres et enrichi par la participation vocale de Kathryn Williams et le plus nuancé « Love Is A Minor Key » où les ténèbres se feront plus tristes que remplis de frayeur.

Time Of Dust,malgré sa thématique, est une éclaircie dans la carrière de Harcourt. Il s’apparente à des jalons posés pour une nouvelle orientation à une carrière qui souffrait de devenir, peu à peu, trop prévisible et engluée dans la redite.

★★★☆☆

20 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Hiss Golden Messenger: « Bad Debt »

Bad Debt de Hiss Golden Messenger (ou plutôt M.C. Taylor) est un de ces albums dont on a plus entendu parler qu’entendu réellement. Enregistré en 2010, il est le fruit d’un artiste déçu par sa première rencontre avec le « music business » et de retour à Piedmont en Caroline du Nord et enregistrant à la guitare acoustique ces chansons alors que son fils dormait dans la pièce voisine.

Détruits par l’incendie dans un entrepôt de son label, des exemplaires ont pu être retrouvés et ont permis sa sortie. L’écoute révèle un album qui sonne comme du Bon Iver s’efforçant de mettre en scène son folk modernisé, une atmosphère minimaliste et réaliste (on entend parfois les pas de Taylor sur le sol ou le le sifflement ténu de la bande) et un disque qui n’en est que plus malaisé à écouter.

L’atmosphère dénudée convient pourtant à des titres dont certains verront de nouvelles versions plus tard et où il est question de solitude, de désillusion et de doute de soi.

Le phrasé de Taylor est pourtant plutôt calme et chaleureux, ce qui, malgré l’expérience d’écoute difficile, fait de Bad Debt un disque convaincant. On y découvre en effet un artiste qui, malgré la pesanteur des sujets abordés, véhicule un climat où jamais le ressentiment ne semble poindre et où le chanteur dont le phrasé et le ton semblent totalement dépourvus de d’un ego boursouflé.

Il est difficile, eu égard aux circonstances, de parler de sérénité dans ces récits où alternent sentiments de perte et de dissolution mais on ne peut pourtant exclure cette bouffée d’optimisme que véhicule cette première version de « The Serpent Is Kind (Compared to Man) » et adhérer à cette vision où l’affliction qui pointe tout au long de l’album n’est jamais éloignée de cette spiritualité qui rappelle soniquement le Nebraska de Springsteen et qui jalonne chaque moment de la vie.

★★★☆☆

20 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

I Break Horses: « Chiaroscuro »

« Chiaroscuro » en Italien est un terme de peinture indiquant la gestion équilibrée du clair et de l’obscur. C’est aussi le titre du deuxième album du duo suédois I Break Horses composé de Fredrik Balck et de Maria Lindén. Hearts (en 2011) était déjà un titre parfait pour un disque qui mêlait habilement électronique rêveuse et langueur « shoegaze » résultant en un opus intoxiquant et cérébral reçu positivement par la critique.

Chiaroscuro témoigne, lui, de l’immense bond en avant effectué depuis en termes de sons et, de façon signifiante, de modifications apportées à l »importance des éléments antérieurs. C’est un disque plus orienté vers la « dance » avec une mise en retrait du schéma shoegaze onirique. Les influences se sont déplacées de My Bloody Valentine ou Slowdive à des groupes comme Crystal Castles ou The Chromatics, le tout véhiculant cette atmosphère mélancolique particulière qui envahit les dance floors quand ils sont vides.

Autre évolution, ce nouvel opus a des choses dont Hearts était dépouvu : des titres qui pourraient facilement être des « singles » et passer à la radio. « Faith », « Deanial » et « Weigh True Words » sont trois compositions somptueuses, mélodiques, aux accroches imparables et un verni élégant qui pourrait voir le groupe atteindre enfin le grand public sans pourtant céder aux sirènes de la concession au commercial.

Le reste du disque met en valeur leur « côté obscur », l’excellent « Medecine Brush » ou l’effrayant « Berceuse » évoquent les B.O. des films d’horreur John Carpenter et un « You Brun » enveloppé dans une mystique ténébreuse, celle apportée par le phrasé voilé de Lindén et des synthés glaçants parsemés d’échos.

Chiaroscuro s’achève sur un « Heart To Know » épopée dantesque de huit minutes, révélant qu’il y a un autre aspect de I Break Horses qui ne demande qu’à émerger. Le voile a été partiellement levé ; ce qui brille, confusément encore, au loin est encore plus prometteur que la révélation/confirmation de ce deuxième opus.

★★★★☆

20 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Un commentaire