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Rapid Talk: Interview de Connan Mockasin

Connan Mockasin est un personnage assez unique ; policé et franc avec une touche de mysticisme désinvolte. Son dernier opus, Caramel (https://rock-decibels.org/2013/11/26/connan-mockasin-caramel/) est comme une capsule temporelle des mélodies fluctuante set internes qui défie les lois les plus familières des musiques populaires. L’approche du Néo-Zélandais est oblique, suffisamment intrigant (pas de modus operandi, pas d’influences reconnues) pour donner envie d’en savoir plus.

Forever Dolphin Love est venu d’n projet sur lequel vous travailliez purement pour le plaisir. En quoi était-il différent de s’attaquer à un deuxième album où les enjeux étaient plus élevés  ?

Je ne faisais pas grand chose à l’époque du premier disque ; ma mère m’avait dit d’en sortir un et ma réaction avait été celle de quelqu’un qui ne savait pas comment faire. Elle a insisté et je ne m’attendais pas à ce qu’il soit entendu par quiconque ou sorti. La surprise a été bonne mais ce deuxième album se devait d’être différent. Je savais qu’il aurait une sortie plus large mais mon père est mort entretemps. Je suis donc retourné chez moi quelques mois aussi beaucoup de temps s’est écoulé entre les deux. Et comme le label ne me mettait pas la pression…

Est-il vrai que le titre est venu avant de vous mettre au travail et que vous avez travaillé à l’envers ?

Je souhaitais vraiment faire un disque qui aurait sonné comme un disque intitulé Caramel. Pour moi sa tonalité aurait été simple, douce, veloutée et un peu flirtante. J’ai l’idée du flirt à l’intérieur d’une chanson mais je n’y suis pas aussi bon dans la vie réelle. Je suis assez timide et je ne sais jamais si quelqu’un essaie de me séduire. Ce disque avait donc besoin de sonner « flirty » et sophistiqué mais mon équipement était plutôt rudimentaire. J’ai fait de mon mieux avec les outils que j’avais.

On dit que votre dernier album a été enregistré dans une chambre d’hôtel à Tokyo. Est-ce que l’environnement joue un rôle important sur votre écriture ?

Je possède très peu de choses aussi j’ai tout emmené et ai installé un studio dans cette chambre pendant un mois. Tout a été réalisé très vite et c’était assez sympa. Le Japon est un endroit vraiment mystérieux pour moi et j’aime son atmosphère que je trouve excitante. En studio, vous avez trop d’options et je m’y laisse facilement distraire

Avez-vous été attentif au fait de ne pas abuser des techniques et des sons qui avait fait de vortre premier album quelque chose de si caractéristique ?

Pour être honnête, j’ai oublié comment j’ai réalisé ce premier disque. En raison de mon approche, je n’ai pris aucune note de la manière dont je créais mes sons, je le faisais dans un esprit « fun ». J’avais, avec Caramel, la sensation de redémarrer et de ne pas vraiment savoir ce que je faisais. Je trouve difficile de faire des interviews où les gens veulent savoir ce genre de choses d’ailleurs.

Je ne me pose pas en décidant un jour que je vais composer une chanson et je n’écris pas à la guitare. Une mélodie me vient en tête, ensuite, j’entends une musique qui sonne comme Caramel et j’essaie de la reproduire sur bandes. Parfois j’en suis très loin mais ça aussi peut être une bonne chose.

Vous avez déclaré que vous n’écoutiez la musique d’aucun autre artiste. Quelle en est la raison et essayez-vous de vous tenir à l’écart de tout ce qui appartient au « mainstream » ?

J’entends de la musique car les gens m’en jouent. , Ce que je veux dire est que je suis trop paresseux pour bâtir une collection de disques. Je n’ai pas de Ipod et rien de musical dans mon ordinateur. Un jour, si je trouve un domicile fixe, ça serait sympa de pouvoir en débuter une petite collection mais il y a tant de choses que je ne sais pas très bien où démarrer. Ça n’est donc pas un choix délibéré mais j’estime qu’il est difficile d’entendre la musique que voulez réaliser si vous avez le travail d’un autre artiste dans les oreilles. J’adore la musique vous savez, je ne suis pas fermé aux autres.

Vous avez tourné avec Radiohead. Cela a-t-il eu un impact sur vous ?

Je ne crois pas (Rires). Ça a été pourtant super ; la plupart du temps je n’aime pas trop être le « support act » car j’ai toujours l’impression d’être un parasite aux yeux du public et que vous l’empêchez de voir la vedette principale. Recevoir un mail de Radiohead me demandant d’ouvrir pour eux a été plutôt inattendu. J’ai bien sûr répondu positivement, c’était un moment assez surréaliste.

On n’aurait pas pensé à vous pour cela.

Moi non plus. Ça a été un grand honneur !

Passez-vous beaucoup de temps à penser à la façon dont le disque pourra sonner « live » pendant que vous travaillez ou approchez-vous les deux choses de façon séparée ?

Tout ça est très très dur ! Le premier album n’avait déjà pas pour but d’être sorti et encore moins interprété sur scène. Trouver un moyen de recréer tout ça en public est une gageure…

Vous vous intéressez à l’art. Avez-vous du temps por le faire un peu de peinture ?

Pas en ce moment. Je dois tourner et tant que les gens voudront venir me voir, je le ferai. Je verrai si j’ai envie de m’y remettre ou de faire un nouvel album. Je ne veux pas faire de la musique pource que je dois en faire, je veux conserver cette excitation à composer.

Vous avez pourtant dit que vous pensiez qu’il restait en vous assez de créativité mais pour ne faire qu’un seul album…

On verra, peut-être est-ce venu après un coup de fatigue à l’issue de Caramel.Si les gens veulent nous voir jouer des nouveaux titres, je continuerai. J’ai déjà un disque qui est tout prêt ; il est nommé Soft Hair et sortira chez Domino.

Vous avez eu un excellent accueil critique. Est-ce que, accompagné d’un succès financier, cela peut vouloir dire grand chose pour vous ? On a l’impression que vous aspirez plutôt à la liberté de créer.

La première fois où je suis venu au Royaume Uni en 2006, je devais m’ajuster au statut de musicien et je n’avais jamais été à l’étranger. Naïvement, je suis arrivé avec très peu d’argent et je me suis retrouvé sans domicile fixe pendant un mois et demi. J’ai fini par rencontrer quelques personnes et on a démarré un groupe. Quelques labels se sont intéressés à nous mais j’ai, très vite, été désenchanté en voyant combien iles essayaient de vous contrôler. Vous vous sentiez comme une marionnette à qui on désignait tel ou tel producteur. Je suis donc reparti en Nouvelle Zélande en souhaitant ne plus jamais jouer à cela. Je préfère réaliser quelque chose dont je suis fier plutôt que de gagner de l’argent en faisant quelque chose qui ne me convient pas. Il y a déjà tant de gens qui aspirent à la célébrité et c’est un truc qui me gène énormément.

11 janvier 2014 - Posted by | Rapid Talk

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