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Stephen Malkmus & The Jicks: « Wig Out at Jagbags »

Fidèle, non pas à son personnage mais à sa personnalité, le titre de ce sixième album de Stephen Malkmus, Wig Out at Jagbags, véhicule la dose d’excentricité à laquelle il nous a habitués. Il paraîtrait que, dans les noms intitulés potentiels, il avait hésité avec Morrissey’s Trainwrecked Daughter, New Yoga for Cleavage Hounds, Swingers Blowing Freddie et Chocolate Euros, ces rumeurs montrent que, fort heureusement l’ancien leader de Pavement n’a pas radicalement changé. Malkmus est bien toujours Malkmus, plein d’esprit et d’urbanité et irrémédiablement doté d’une oreille unique pour la mélodie.

Sa formule n’a donc que peu évolué mais on perçoit ici un artiste d’humeur plutôt calme et emplie d’une réflexion inusitée chez lui. Le disque est plus calme, moins acéré qu’à l’habitude mais, comme à l’accoutumé, il se concentre sur ces mélodies concises qui set aufilent pour pénétrer votre tête plutôt que s’asséner en vous à grands coups de boutoir. Le résultat en est guitares délicates, parfois acoustiques et doucement grattées, une jolie profusion de cuivres et une redoutable finesse d’expression.

L’humour, bien évidemment, est toujours présent (pour les anglicistes on peut recommander le « single » Lariat », sans doute une de ses meilleurs compositions ) et le titre d’ouverture, « Planetary Motion » est une de ces compositions familières chez lui : un garage-pop, très sixties dans sa manière d’agrémenter ballade et rythme rock en l’accompagnant de sa voix cadencée et chantante, instantanément reconnaissable.

Comme c’était déjà le cas avec Pavement, le compliqué semble trompeusement simple et aéré avec ce don incomparable à concocter des morceaux infectieux et accrocheurs tout en déconstruisant cette pop dont il se réclame. (Il a récemment déclaré avec ironie que ce nouvel album était inspiré par « Weezer et les Hot Chili Peppers visant à imaginer Stephen Malkmus »).

On trouvera donc quelques moments quelques frisant le rugissant (un dense et propre à vous engloutir « Shibboleth » ou un « Rumble At The Rainbow » que ne dément pas sa guitare fuzzy) mais ailleurs on saura se baigner dans le charme paresseux de « J Smoov » ou de « Gold Soundz », ou dans les cuivres irrésistibles et aériens de « Chartjunk ».

Tout n’est pas pour autant aussi savoureux ; « Cinnamon And Lesbians » n’est pas aussi prometteur que son titre aurait pu le laisser entendre et « Surreal Teenagers » ne décolle véritablement que dans ses dernières mesures.

L’un dans l’autre toutefois Wig Out at Jagbags répond aux attentes que l’on peut avoir d’une rocker approchant la cinquantaine, capable de déboulonner la pop et de se lancer dans un art-rock que n’aurait pas renié un Zappa ayant laissé de côté certaines de ses prétentions. Sur « Rumble At Rainbow » il évoque « la tombe du punk rock …. aucun matériel nouveau et juste des bottes de cowboys » ; ces éléments sont encore là et toujours d’actualité. Stephen Malkmus n’est-il pas un de ces rares artistes à qui on n’oserait pas demander autre chose que du Stephen Malmus ?

6 janvier 2014 - Posted by | On peut se laisser tenter | ,

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