No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Rapid Talk: Interview de White Lies

Le troisième du groupe post new wave White Lies, Big TV sorti. IL était intéressant de voir en quoi il se différenciait des précédent.Jack Lawrence-Brown, batteur du combo, nous en dit un peu plus.

On dit beaucoup de choses sur BIG TV ; qu’il est plus mélodique mais que les guitares y sont très incisives.

Je ne parlerais pas d’influences heavy metal mais plutôt notre façon un peu ironique de faire des commentaires de cette nature. C’est un disque de White Lies classique, mais sans doute le meilleur. On a réussi ce quin essaie depuis notre tout premier disque, ceci grâce à plus d’énergie et beaucoup moins de production.

It’s a classic White Lies album, definitely our strongest album. It’s aiming for what we were aiming for with the first record, which is a lot more energy and a lot less production. Le disque est par conséquent plus brut mais, en même temps, il regorge de « pop songs ». Je crois que chaque morceau a quelque chose de mémorable.

Harry (McVeigh, chants, guitare) a dit que son but était d’écrire un morceau qui pourrait figurer dans un karaoké dans 30 ans. Selon vous ce serait lequel ?

Nous espérons tous secrètement que notre « single » « First Time Caller » sera une composition à laquelle beaucoup de gens pourrons s’identifier. C’est sans aucun doute le titre le plus mélodique mais c’est aussi une étape dans notre politique de sortie de « singles » car c’est une ballade. Je pense que la mélodie et les gros riffs sont suffisamment accrocheurs pour que ça devienne quelque chose d’intemporel. Si vous pouvez siffler dessus, c’est que vous avez la mélodie qu’il faut et je crois que le chorus est du même tonneau.

Est-il vrai qu’il y a une sorte de narration courant le long de l’album ? Quelque chose à propos d’n couple qui quitte une région provinciale européenne pour une ville plus grande et « glamour » ?

C’est vrai, c’est pour cela que Charles (Cave, basse, textes) dit que c’est plus ou moins un concept album. Par contre je ne pense pas qu’on en aurait parlé ainsi si Charles ne l’avait pas mentionné car ça n’est pas une narration complète. Ça ne commence pas au début et ne se termine pas à la fin de chaque morceau. Il s’agit plus de petites instantanés, des fragments, illustrant le concept qu’il avait en tête. C’est conceptuel mais ça n’est pas un disque de prog rock.

Je trouve que c’est une chouette façon d’écrire ; ça permet à chaque morceau d’être lié et de faire partie de la même histoire.

Pourquoi le titre de l’album est-il en lettres capitales ?

C’est le morceau qui débute le disque et je le trouve assez excitant et « fun » comme on le souhaitait. Il aborde aussi tous les thèmes ce qui était l’idéal pour nous. On voulait quelque chose qui se détache mais qui demeure ambigu. Si on a procédé ainsi c’est que ce soit intrigant. En plus c’est un titre un peu pompeux, très 80’s.

Pourquoi avez-vous décidé de re-travailler avec Ed Buller ?

On avait trouvé que sur Ritual, le disque précédent, on avait passé trop de temps sur la production. Ed est un compositeur formidable, il a tout cet arsenal et on vous quelqu’un qui soit perfectionniste et qui n’accepte pas de laisser un titre qui soit inabouti sur le disque Son travail a été exemplaire et exhaustif à tous niveaux.

(Chronique de l’album : https://rock-decibels.org/2013/09/10/white-lies-big-tv/ )

23 décembre 2013 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Crystal Fighters

Auréolés du succès de Cave Rave, Crystal Fighters disent que désormais il vont vivre en véritables troglodytes. Leur multi-instrumentiste, Graham Dickinson, lève un coin du voile et parle également de la carrière du groupe depuis sa création.

Vous avez fait pas mal de festivals durant l’été.

Oui, en particulier un à Lisbonne où on a joué avec Vampire Weekend et Edward Sharpe. On passait à 3 heures du matin, très cool ! Sinon nous avons tourné dans des clubs en Amérique ; un bel ensemble.

Comment se fait-il que vous jouiez tellement d’instruments exotiques ?

À la base, notre inspiration est venue de ce livre écrit par un Basque. Ça a développé en nous un intér^t pour la mythologie basque et nous a amenés à nous exercer à leur instrumentation. C’est à partir de ce moment qu’on s’est rendus au Pays Basque, qu’on a choisi des instruments locaux et qu’on a appris à en jouer.r

Il paraît que vous avez été influencés par un manuscrit, celui du grand-père de votre chanteuse, Laure.

Ça ne transparait pas nécessairement dans nox testes mais ça a été une source d’inspiration. Je crois que ça le sera toujours en termes de philosophie et d’histoire des anciennes cultures européennes.

Le disque en est directement tiré effectivement. Mais je crois que, cette fois-ci, on a essayé de regarder au-delà de la culture basque et d’explorer des périodes lus anciennes ; 35 000 ans avant quand les gens commençaient à documenter leur vie dans des cavernes. L’horizon s’est plus ouvert pour ce disque, on a utilisé des instruments venus d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’autres régions indigènes du monde.

Wikipedia liste Laure comme ancien membre du groupe.

Elle est toujours dans les parages. Je veux dire par là que toux ceux qui on fait quelque chose avec nous font partie de l’équipe. En ce moment elle travaille sur son propre truc, sans doute parce que nous tournons tellement.

À quoi peut-on s’attendre avec votre projet de vie en « cave rave » ?

Du fun ! C’est i-une idée qui m’excite beaucoup. La grotte elle-même a été utilisée pour des cérémonies pendant des milliers d’années et on a demandé à quelques musiciens du cru de venir jouer avec leurs instruments traditionnels. Ce sera une expérience épique au milieu de nulle part, j’imagine.

Les rulmeurs disent que, au sein du groupe, vous étiez partagés à l’idée que Sebastian fasse un guide plage par plage de Cave Rave. Qu’en pensez-vous aujourd’hui ?

Information intéressante, (Rires). Je ne sais pas ; je crois qu’il y a toujours un argument en faveur du mystère et de laisser les choses être interprétées comme chacun le souhaite.

Il y a pas mal de titres dont je pensais qu’ils avaient une signification mais, une fois que j’ai entendu celui qui l’avait écrit en parler, je me suis rendu compte que ça traitait d’autre chose. Ça a changé mon appréhension des choses. Par contre, il y a d’autres compositions dont j’aimerais vraiment savoir ce qu’elles veulent dire.

Sebastian mentionne ces « fast moving criminal friends in London » dans le livret…

Oui (Rires). On avait des amis qui étaient impliqués dans des activités illégalesmais pas nécessairement criminelles. Disons qu’on est tous d’accord pour dire que certaines lois sont ridicules. L’en d’entre eux a eu quelques ennuis, on a trouvé normal de lui faire un petit clin d’oiel.

Avez-vous déjà parler de vos futures projets ?

Pour l’instant on se concentre vraiment sur les tournées et sur la façon d’agrandir notre formation en « live ». On a néanmoins quelques idées mais rien de précis encore, ni sur en quoi il consistera, ni où il sera enregistré.

(Chronique du disque : https://rock-decibels.org/2013/06/12/crystal-fighters-cave-rave/ )

23 décembre 2013 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Lumbar: « The First And Last Days Of Undoing »

Plus « doom » que le « doom », telle pourrait être la description de Lumbar, trio de « doom metal » composé de Mike Sheidt (Yob, Vhöl)), Tad Doyle (Tad, Brothers of The Sonic Club) et surtout Aaron Edge qui, malgré le fait qu’il ait été détecté comme souffrant de sclérose en plaques, continue de peaufine son projet de « doom metal » misanthropique.

Yob ayant été relativement inactif ces derniers temps, il est certain que Scheidt ne cessait pas, lui, ses activités avec Vhöl (qui était déjà une sorte de supergroupe « doom » d’une part et ce qui a désormais nom de Lumbar.

Avec sept plages numérotées « Day One » à « Day Seven », il est évident que le groupe a souhaité donné au disque des tonalités et une certains fluidité qui demandent à ce qu’il soit écouté de façon continue et exhaustive. Sa brièveté (environ 25 minutes) le permet, durée condensée qui pourrait d’ailleurs presque faire penser qu’il s ‘agit d’un EP tant The First And Last Days Of Undoing tranche avec une tendance à prolonger ce type de musique de manière souvent grandiloquente.

On a donc droit surtout à un opus fabriqué autour de riffs, nombreux et, pour la plupart, implacables, donnant un arrière fond d’urgence et de véhémence corespondant assez bien à l’esthétique sinistre de « doom rock ». En effet, alors que Vhöl est plus en phase avec ce qu’on nomme le « black metal » teinté de punk, Lumber explore toute une gamme de textures soniques qui, tout en maintenant un certain flot, donne une respiration distincte à chaque mouvement ainsi numéroté.

Les riffs demeurent lourds et les vocaux sont comme possédés, recette traditionnelle du « doom metal » qui, peu à peu, cède le pas à des voix bouillonnantes et comme crachées, manière judicieuse pour dresser un décor, celui de « Day Two » par exemple, un empilement marécageux et mortifère noyé dans de la « reverb ».

Ce qui est intéressant dans Lumbar, c’est sa faculté à compacter sa musique, surtout si on la compare à Yob. Cette presque demie-heure est puissante certes, enveloppante même mais nous laisse un léger goût de frustration si on considère ce dont seraient capables les membres respectifs de ce trio.

★★★☆☆

23 décembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Daughtry: « Baptized »

Baptized est le quatrième album de Daughtry, groupe dont le leader Chris Daughtry fut le trioiième meilleur vendeur de American Idol. Si on devait définir sa musique on pourrait parler de post-grunge et parler d’une inclinaison pour le Radiohead de « Creep ».

Malgré son titre, le disque n’a rien à voir avec un quelconque revival religieux et le groupe n’a pas varié thématiquement des mêmes sources d’inspirations sociales et contestataires dont il se fait un des hérauts.

La chanson titre ouvre l’album et, une fois de plus, met en relief la qualité des vocaux de Chris Daughtry et le « single », « Waiting For Superman » est un parfait exemple de l’équilibre pop-rock que Daughtry est capable d’atteindre.

C’est plutôt dans la manière de véhiculer leurs sources d’inspirations, plus calme, que Baptized se fait le témoin d’une évolution musicale. Si on prend pour référence des titres comme « Battleships », « I’ll Fight » ou « Wild Heart » on ne peut qu’être frappé par la juxtaposition des chorus toujours aussi puissants mais dont le rendu sera beaucoup plus joyeux et enthousiastes qu’à l’accoutumé. Une sorte de sérénité se fait ainsi presque jour sur une jolie ballade comme « Broken Arrows » dont le climat mélancolique permet de savourer la versatilité de la voix de Chris Daughtry. Même une composition comme « Long Live Rock & Roll » abandonnera toute virulence pour se transformer en un hymne enjoué et « radio friendly », l’ensemble contrebalançant judicieusement la sensation que Daughtry parle d toujours des mêmes choses.

Production plus subtile, instrumentation allégée, en particulier le jeu des cymbales qui se fait presque délicat, si Baptized ne possède aucune connotation liturgique, il semble pourtant qu’il ait donné naissance à un combo ayant su évolué et par conséquent nous rendant témoin d’une nouvelle naissance d’où le spirituel n’est pas exclu.

★★★☆☆

22 décembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Prefab Sprout: « Crimson / Red »

Crimson / Red ressemble à tout ce que Paddy McAloon a fait depuis trente ans : un hommage à la magie de la musiuque, d’autant plus pertinent aujourd’hui qu’il souffre de la Maladie de Ménière, un problème de l’oreille interne qui déclenche vertiges, perte d’équilibre et surdité. Son album précédent, Let’s Change The World With Music, sort en 2009 avait été enregeistré quelques 15 ans plus tôt aussi ce nouvel opus est véritablement une mise à jour de ce dont l’artiste est encore capable.

Première confirmation, McAloon était bien Prefab Sprout dans la mesure où l’artiste joue ici de tous les instruments, aussi si Crimson / Red avait été un album solo, on n’aurait donc rien trouvé à redire. Ce qui est remarquable est qu’il soit en état de le faire si on considère sa condition.

Autre information qui en découle, ce diable de McAloon n’a rien perdu de son talent pour nous composer ces mélodies pop apprêtées et délicates , somptueuses par leurs arrangements voisine de celles de Cock Robin et aux arrangements évoquant toujours la patte de quelqu’un comme Thomas Dolby.

La façon dont le disque débute, « The Best Jewel Thief In The World », est exemplaire de la « méthode Prefab ». Un ttire jazzy certes, mais agrémenté d’une mélodie aux claviers et de sirènes de police qui, en d’autres mains, sonneraient kitsch mais se transforme en un hymne joyeux ponctué par l’harmonica de McAloon. L’artsite est un meilleur performer quand il prend des risques, et, plus ses arrangements sont vibrants, meilleur sonne la chanson ; c’est le cas ici. « Adolescence » est un morceau dont le psychédélisme enchante tout comme un « Grief Built The Taj Mahal » dont la subtilité des arrangements orientaux est un pure délice.

On retrouvera, par conséquent, avec plaisir ces cordes conduites au synthétiseur (analogique!) , ces textures de guitares aux sons aigus et ces séquences d’accords très « blue-eyed soul » qui introduisent les compositions avant que les vocaux ne se décident à entrer en jeu.

MacAloon a toujours dit vouloir faire de ses observations personnelles des remarques qui auraient une signification générale. « List Of Impossible Things » pourrait très bien s’appliquer au chanteur mais s’adresse aussi universellement au refus d’accepter nos limites, « Devil Came A Calling » revisite le mythe de Faust alors « The Songs of Danny Galway » et « Mysterious » sont plus spécifiques car elles évoquent des héros de McAloon (Jimmy Webb et Bob Dylan) mais sont néanmoins des ruminations plus globales sur le désir qu’a l’artiste à annoter la fête que devrait être la vie. Cela se résume au mieux avec le malicieux « The Old Magician » qui est au départ une métaphore sur un « entertainer » prenant de l’âge mais qui se termine par une réflexion mélancolique sur un mariage brisé.

Le titre phare sera « Billy », une composition autobiographique réunissant tout ce qu’on attend de McAloon : une atmosphère faite de fraîcheur et de clarté, un idéalisme qui se retrouve également sur « The Dreamer ». Si la dramaturgie est, dans les deux cas, un peu légère, les passages instrumentaux sont tout bonnement merveilleux.

Crimson / Red n’égale certainement pas en qualité Steve McQueen ou Jordan : The Comeback mais si on considère la musique de Prefab Sprout comme trop « easy listening », il serait certainement plus agréable de l’entendre, elle, plutôt qu’autre chose dans les queues des supermarchés. Enfin, si elle entraîne sans aucun doute moins de cérébralité que les disques d’avant, ce dernier opus nous démontre que le « vieux magicien » a encore plus d’un tour dans son sac !

21 décembre 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de The Sufis

Pour qui aime les sixties, Inventions, le deuxième album du duo qui constitue The Sufis est une véritable pépite: exubérance juvénile, sophistication juste comme il faut et psychedelia vintage font de ce disque une chose essentielle. Evan Smith et Calvin Laporte n’hésitent pas à nous en parler.

Avez-vous composé les titres de Inventions en même temps que le premier album ?

Evan : On a commencé à enregistrer juste après que le premier disque ait été finalisé et certaines des plages de Inventions sont donc arrivées assez vite, en 2012 ou début 2013.

Calvin : Oui, on pensait que le disque était achevé mais j’ai enregistré quelques autres chansons qui ont figuré sur l’album. On a, par exemple, fini « No Expression » juste avant la date limite pour le « master ». En fait, on enregistre toujours aussi il n’y a jamais un début ou une fin. Il nous reste suffisamment de chutes de studio pour faire un double album.

Que racontez-vous sur « Most Peculiar Happening Cat » ?

Evan : Cela concerne deux trois personnes mais c’est avant tout une façon de nous moquer de ceux qui prétendent faire le jour et la nuit en terme de musique, ceux qui font partie d’une clique. Je pense qu’il y a ce genre de types fervents de ces choses dans chaque ville.

Calvin : On nous a souvent posé cette question. Il s’agit surtout des gens que nous connaissons à Nashville (d’où est originaire le groupe).. C’est censé être drôle et pas véritablement négatif. On s’est pas mal amusés quand on a enregistré les vocaux.

Qui a joué du clavecin sur « Turne Around » ?

Evan : Calvin a cette super progression d’accords aussi il nous a fallu pas mal de tempos pour mettre tout ça au point. Notre clavecin a deux cordes qui sont cassées aussi j’ai du jouer les accords différemment et m’assurer qu’aucune des touches n’était bloquée. Je crois que Calvin a été obligé de l’accorder spécialement aussi.

Calvin : Ça n’est pas le clavecin sur lequel il est le plus facile de jouer. Il appartenait au Chicago Symphony Orchestra mais n’a jamais été entretenu correctement. Ça nous donne plus de travail mais il sonne mieux que ne le font ces clavecins électroniques utilisés par la plupart des musiciens.

D’après ce que vous dites, vous avez déjà du matériel pour un troisème album…

Evan : Oui, dès que le master de Inventions a été terminé, on a commencé à travailler sur des nouveaux trucs. On a même eu quelqu’un venir travailler sur des « overdubs » de bois quelques jours.

Calvin : On est très occupé avec nos « demos » en ce moment. La plupart du temps on travaille individuellement et Evan se lève tôt pour écrire et enregistrer ses propres « demos ». Ensuite je passe la plus grande partie de la journée à travailler sur la musique avant qu’on ne se retrouve pour partager nos morceaux. Ensuite, il s’agit d’argumenter pour savoir ce qui vaut le coup et ce qui ne passera pas le stade de la « demo ». Comme on a construit un nouveau studio, les choses sont un peu différentes ; les vocaux, par exemple sont devenus très oniriques et je suis désormais plus intéressé par une production qui soit dense et comportant plusieurs couches, comme un mur de son.

(Chronique: http://wp.me/p2Lg5f-XN)

20 décembre 2013 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Adrian Crowley & James Yorkston: « My Yoke Is Heavy: The Songs of Daniel Johnston »

Pour qui est familier avec l’oeuvre de Daniel Johnson la perpective d’un album de reprises ne peut qu’être alléchant surtout venant de James Yorkston et de Adrian Crowley, ce dernier ayant été invité par Yorkston à un de ses shows au Barbican.

L’univers folk des trois musiciens est proche aussi les huit réinterprétations qui émaillent My Yoke Is Heavy: The Songs of Daniel Johnston sont autant de moments de délicatesse, jusque dans les craquements plus vrais que nature qu’on décèle par exemple sur « True Love Will Find You In The End ». Les vocaux sont partagés de manière égale, ce qui fait que les compositions sont balancées entre les tonalités intimistes mais déglinguées de Crowley et le style plus champêtre de Yorkston.

Outre l’instrumentation (piano, guitare acoustique ou mandoline) qui est au cœur du disque, bonne idée a été d’inclure des bruits divers, le plus souvent naturels, donnant une aura organique à la plupart des morceaux. On remarquera une exceptionnelle version de « The Sun Shines Down On Me » chantée par Crowley, avec sa guitare démolie, ses claviers bruissant et, à l’autre extrême, le drone dépouillé et presque austère de « Some Things Last A Long Time » interprété par Yorkston, version magistrale où on offre au dénuement des mots suffisamment d’espace pour résonner dans notre oreille interne.

My Yoke Is Heavy: The Songs of Daniel Johnston est une bien touchante recréation du répertoire de Johnston, un disque qui devrait figurer dans chaque maisonnée, et dont on ne peut regretter que la brièveté.

★★★½☆

19 décembre 2013 Posted by | Chroniques du Coeur, Quickies | | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de These New Puritans

Le 3° album de These New Puritans, Field of Reeds, séduit par son approche assez singulière du rock expérimental. Associé aux compositions de Jack Barnett et à la voix de Adrian Peacock, une des plus basses de la scène, le disque était singulier mais accrocheur. Le frère jumeau de Jack, George, batteur de son état, nous en dit un peu plus.

Avez-vous fait beaucoup de festivals cette année ?

Quelques uns mais simplement après avoir eu des réactions positives sur l’album. L’année prochaine il est prévu de les faire tous

Comment allez-vous transporter cette énorme percussion japonaise ?

On ne l’a pas encore fait. On la louait jusqu’à présent et, croyez-le ou pas, impossible d’en dénicher une au Japon ! Un de nos premiers shows a eu lieu sur une toute petite scène et un des éléments de la batterie, le taiko, prenait plus de place que toutes les percussions.

Tout le monde n’irait pas jusqu’à une telle extrémité…

C’est pourquoi nous tournons à sept pour le moment.

Fields of Reed a eu des critiques élogieuses ; aviez-vous l’impression de réaliser quelque chose de vraiment spécial pendant l’enregistrement ?

J’étais assez troublé en fait parce que j’entendais des tas de choses différentes. Au final quand nous avons écouté le disque dans son intégrité je me suis dit que tout cela était effectivement particulier alors qu’avant le mix ça partait dans tous les sens.

Il se dit que l’album est fait de trois mouvements différents ; pouvez-vous les articuler ou est-ce encore un produit de l’imagination ?

Je préfère que chacun se fasse une opinion et ait sa propre interprétation. Jack s’est chargé de les mettre en forme alors je ne peux pas trop commenter là-dessus. Je dirais que c’est comme un disque à trois faces. En même temps on a enregistré beaucoup plus de matériel e n’avons sorti que les neuf meilleurs titres, comme un Best Of.

Peut-ion espérer alors entendre le reste un jour ?

Pour l’instant, hormis l’idée de sortir un EP.

Est-il vrai que Jack vous a fait faire 70 prises pour un seul titre ?

Oui, pour « Fragment Two ». Il voulait obtenir un « shuffle » très dynamique, tout ça sur la charleston. Ça a pris un temps fou mais je crois que ça valait la peine d’insister. Graham Sutton, le producteur, a été d’une grande aide là-dessus. On voulait que le disque sonne puissant, comme si il y avait un grand nombre de musiciens en studio.

Il paraît aussi que vous aviez écrit les morceaux en écrivant sous forme de diagrammes non musicaux

Si vous regardez le livret, il y a plein de choses comme ça oui. Jack compose de si différentes manières et je ne les comprends pas toutes…

Est-ce que Adrian Peacock parle avec la même voix de basse normalement ?

C’est sur qu’il a une voix profonde (Rires). Déjà au téléphone quand on lui a demandé si il voulait travailler avec nous.

(Chronique de l’album: http://wp.me/p2Lg5f-Oc )

19 décembre 2013 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

After The Burial: « Wolves Within »

After TheBurial est un groupe de cinq musiciens du Minnesota interprétant ce qu’on pourrait appeler du « progressive metalcore/deathcore ». Ils se sont fait connaître et se singularisent par des riffs épais et des vocaux gutturaux ornés par une production extrêmement léchée qui donne à l’ensemble un aspect plus abouti que ça n’est souvent le cas dans ce type d’ensemble.

Wolves Within est leur quatrième album et il semble, formellement, vouloir recapturer l’essence du disque qui leur sert de référence, Rareform, sorti en 2010. Le travail aux « frets » de guitares est remarquable avec des solos étincelants et des arpèges en trémolos exemplaires comme sur « Of Fearful Men », « Disconnect » ou « Nine Summers ». « Pennyweight » et « Paris » sont, eux, des titres teintés de « groove » avec d’intéressantes parties solo à la guitare ; l’ensemble véhiculant énergie et soin du détail. C’est peut-être le côté « progressive rock » qui manquera le plus, hormis sur le plus lent « Neo Soul » dont le groove sera comparativement calme et rappellera leur album plus posé, In Dreams.

Autres moments de choix, le batterie percutante à souhait et des solos, plus techniques, qui ne sont jamais du remplissage mais qui demeurent suffisamment concis pour relancer la machine (« Virga »).

Le problème sera par conséquent le côté répétitif, en particulier les vocaux qui s’obstinent à revendiquer un phrasé vindicatif et qui représentent une déception par rapport à ce qu’ils étaient sur In Dreams .Le résultat est que, trop souvent, l’album sonne robotique, comme une formule un peu trop usitée. Bien des groupes ayant cette facette « metal prog » déveopper un son plus ouvert ( Between the Buried et Me and Protest the Hero par exemple). En se figeant trop ce qui fut leur titre de gloire, After The Burial risque justement de voir enterré l’intérêt qu’on peut lui porter.

★★★☆☆

19 décembre 2013 Posted by | Quickies | | 2 commentaires

Dean Blunt: « The Redeemer »

Le monde de Dean Blunt, l’ancienne moitié de Hype Williams, est fait de flou et de confusion, que ce soit au niveau d’une vision assez sombre de la vie mais aussi de ses deux précédentes productions sous ce nom dans lesquelles son ragoût de dub et de dance, brumeux et heurté, se faisait le miroir de la façon obscure dont il envisageait sa vie personnelle et professionnelle. Sa musique était comme un brouillard impénétrable, avec des samples négligés, des grands éclairs de « reverb » dont les couleurs éclataient devant les yeux mais auxquelles on n’arrivait pas à donner forme.

The Redeemer (Le Rédempteur, sic!) est, comparativement, beaucoup plus focalisé. Esthétiquement et thématiquement on voit, en effet, Blunt se débarrasser de ces éléments parasites et se décider à réaliser un disque « pop », même si celui-ci passait par sa visions plutôt tordue de la pop.

Les compositions ont ainsi des structures traditionnelles mais l’artiste n’a pas abandonne ses excentricités « arty ». Sur « Demon » ses vocaux sans aucun vernis, rugueux et minimalistes, mais le morceau est ponctué de voix désincarnées et de fracas de verre brisé. De la même manière la slide légèrement désaccordée et le baryton craquelé de Blunt sur « Walls of Jericho » apportent humanité à la fragilité que dégagent les cordes « samplées ». Chaque moment le voit parvenir à trouver immédiateté et intimité contrastant avec son instrumentation plus sèche et clairsemée.

Sur The Redeeemer, Blunt a délaissé ses tendances à l’expérimentation gratuite pour trouver plus grande sincérité en lui-même. Celle-ci baignait auparavant derrière de la « reverb » ou des plaisanteries incompréhensibles qui suggéraient que la beauté se trouver dans la confusion ; cette fois-ci il a compris que celle-ci pouvait également ne pas s’embarrasser de piteux et artificiels oripeaux.

★★★½☆

19 décembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire