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Frankie Rose: « Herein Wild »

Frankie Rose n’est guère une inconnue puisqu’elle a été membre des Vivian Girls, des Dum Dum Girls et des Crystal Stilts. Avec un tel CV, sa carrière solo a plutôt bien décollé (en particulier son second disque, un Intestellar dream-pop sur fond de synthés en 2012) et la voilà à nouveau en piste avec Herein Wild.

La veine de ce nouvel opus est assez similaire au précédent, fraîche et légèrement onirique, avec toutefois un tranchant qui lui donne un parfum doux amer. Les compositions sont polies et rêveuses donc, se voulant proche de le mièvrerie mais en gardant d’y tomber, semblables à un groupe comme The Pastels ou des chanteuses des 80’s de type Kim Wilde ou Nena.

Sans surprises si on considère les sonorités de ses grpopes précédents, demeure un esprit noisy mais ses rebords métalliques auront été gommés. Cela donne aux accords de guitares des tonalités toujours brinquebalantes mais dont on a la sensation qu’ils ont été mis sous l’éteignoir par les arrangements lustrés des synthétiseurs.

On peut déplorer cette évolution d’autant que le premier album solo de Rose, And The Outs, était très garage rock mais c’est surtout sur les vocaux de la chanteuse qu’il convient de se concentrer. Elle est toujours aussi plaisante, à l’image de l’environnement sonore choisi, comme sur un « Cliffs As High » qui met à merveille en valeur son timbre envoûtant accompagné qu’il est par un arrangement minimaliste fait d’un piano accablant aux accords étirés et de cordes lustrées et sinueuses.

Cette composition contrastera avec le reste de l’album qui, lui, fait des allers retours continuels entre titres doucement orchestrés par les synthés et cette pop carillonnante aux angles arrondis de style The Smiths faisant des reprises de Suzanne Vega.

Cela résulte en un album agréable mais sans véritable capacité à capter l’attention. Le mixage en est sans doute la cause tant il semble avoir aplati tout relief et toute intensité. Frankie Rose est une artiste dont on connaît la vigueur et l’aplomb ; il est dommage que sa vision sait l’air d’avoir été filtrée par des lunettes roses et que le dérangement auquel elle nous avait habitué soit comme calfeutré par un caisson capitonné.

★★★☆☆

28 décembre 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Spectrals

Louis Jones, natif de la région de Leeds, est le nom derrière Spectrals. Son deuxième album, Sob Story, (https://rock-decibels.org/2013/06/07/spectrals-sob-story/) a été enregistré à San Francisco avec JR White (ex-bassiste de Girls) aux commandes. Il en parle ici tout aussi facilement qu’il évoquera son admiration pour Elvis Costello.

Votre ville natale se nomme Heckmondwhike  : quelle sorte de scène musicale y a-t-il  ?

J’ai quitté Heckmondwike il y a environ un an mais ne suis pas aller très loin. Il n’y a donc pas une énorme différence et la scène musicale y est aussi embryonnaire  ; je veux dire que ça n’est pas le genre qui m’intéresse.

Pensez-vous que le fait de venir d’une petite ville soit important  ? Avec Internet on n’a plus vraiment besoin d’être au cœur de l’effervescence.

Non, ça n’a pas grande importance. Je suis très heureux de capter ce qui se présente à moi et je suis assez compétent avec un ordinateur pour chercher de la musique. Vivre où je suis n’a jamais été un obstacle pour moi, je pense. Le genre d’histoire rock and roll où vous partez pour une grande ville pour jouer, s’habiller et devenir une star m’a toujours déplu. Je ne suis pas non plus très attaché à mes racines  ; il se trouve que j’habite là et n’ai pas les moyens de changer ça même si je le souhaitais.

Qu’est-ce qui alors vous a incité à enregistrer à San Francisco et en quoi ce changement d’environnement a influencé le disque ?

Chet “JR” White, qui a produit l’album, y habite et l’envie de travailler là-bas vient du fait qu’il connaissait très bien 2 ou 3 super studios et qu’il était en contact avec pas mal de musiciens de session du temps où il était avec Girls. Il y avait en particulier un joueur de pedal steel que je tenais absolument à avoir pour le disque. Ça me semblait donc normal d’aller là-bas avec mon frère Will et d’utiliser au maximum ces facilités.

Il est certain que ça a impacté sur l’album mais j’aurais du mal à dire en quoi. Je crois que c’est surtout une dynamique entre nous trois qui a eu plus d’effet que le changement géographique ou le temps. On passait la plupart de nos journées en studio et, même si on sortait un peu, ce n’était pas des vacances. Tout ce que je sais est que c’est une vielle merveilleuse.

Comme les choses semblent bien se passer pour vous aux USA, pensez-vous vous  y installer?

J’y ai pensé oui. Mais je ne suis pas certain de la procédure en termes de papiers et ça dépendra de ce que voudra faire ma copine. En fait je ne suis certain de rien car si on m’avait dit il y a 2 ans que j’allais partir pour un mois à San Francisco pour enregistrer un disque je ne l’aurais pas cru.

Bien que Spectrals soit un véritable groupe « live », qu’en est-il en studio ?

Will et moi sont les deux constantes. Je compose les morceaux et les interprète et Will se charge de la batterie. Sob Story est le premier album où d’autres musiciens sont venus jouer avec nous .

Comment avez-vous connu JR White et en quoi consistait une journée typique avec lui en studio ?

On a tourné deux ou trois fois avec Girls ; ils m’ont beaucoup impressionné quant à la façon de mettre en place un spectacle. En ce qui me concerne, c’était un des meilleurs groupes que j’avais vus sur scène. On a fait un peu connaissance et, alors que l’on tournait avec Cults, JR est venu nous voir à Sans Francisco et on a pu pas mal discuter. Il nous a dit alors qu’il envisageait de produire d’autres groupes. Je lui ai dit que j’avais quelques nouvelles chansons et à ma grande surprise il s’est montré intéressé. On a correspondu par mails et quand Girls sont venus jouer à Londres on s’est retrouvés et on a finalisé tout ça dans un pub. Je savais qu’il avait beaucoup à offrir et ça signifiait énormément de choses pour nous.

Il y avait quelque chose de très surf guitar surBad Penny, votre disque précédent. Peut-on dire que Sob Story emprunte plus au son « power pop/rock » à la Elvis Costello ou à des groupes comme Squeeze ?

Elvis Costello a toujours représenté beaucoup pour moi. My Aim Is True est un des disques qui m’a fait penser à écrire de la pop. Quand mon intérêt pour la « surf music » s’est atténué peu à peu, l’influence de Elvis Costello est quelque chose que j’ai toujours conservée. Sa musique me secoue ; je pense que c’est lié à la richesse de son catalogue. Il est facile pour moi de puiser sur tel ou tel album, et y trouver des choses différentes suivant mon humeur. Mon père possède tous ses disques aussi je n’avais qu’à me servir dès mon plus jeune âge.

J’essaie toujours de m’améliorer quand je compose, même d’une chanson à l’autre. Sur ce disque, je souhaitais être plus économe et voulais que les morceaux sonnentde manière moins maladroite, plus directe et accrocheuse. Je prends tout ça très au sérieux et je sais que je suis encore loin de mes objectifs. J’ai en permanence envie de passer d’un niveau à un autre car je sens que si j’ai l’impression d’être arrivé au top, je serai blasé…

Écrire vous semble-t-il moins laborieux ? En général,les mots viennent-ils avant la musique ?

Les bons oui ! J’ai des idées à profusion et beaucoup ne voient jamais le jour car je n’arrive pas à les mettre en place après m’être escrimé sur elles. Je travaille les textes et la musique séparément ; les premiers commencent souvent comme des petites histoires ou une collection de phrases que je mets ensuite en son. Je dois les réduire pour qu’ils s’ajustent à la structure, change un mot ou deux . Il arrive que les deux viennent en même temps mais c’est très rare : le chorus de « A Heartbeat Behind », par exemple, a été composé en une seule fois, la veille de notre départ à San Francisco.

Si tout devait s’arrêter pour vous, quelle serait la chose que vous conserveriez pour vous ou en mémoire ?

Je suis déjà allé au-delà de mes espoirs les plus fous aussi je ne serai pas amer si on devait cesser nos activités. J’ai fait deux albums, on ne pourra jamais me le retirer. Ça aura été de grands moments, un peu comme qaund ma famille me dit les avoir vus dans des magasins de disques. La tournée US a été super également, tout comme enregistrer avec JR. je ne vois pas comment les choses auraient pu se passer différemment ou en mieux.

Quels sont désormais vos projets et vos attentes ?

Enregistrer quelques nouvelles chansons si Sob Story marche bien. J’ai du mal à penser en terme de collaboration car ces morceaux ne sont encore que dans ma tête et sont très spécifiques et personnels. Mais je suis beaucoup plus ouvert à l’idée de travailler avec d’autres personnes maintenant que j’ai vu comment ça se passait avec JR…

28 décembre 2013 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire