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Rapid Talk: Interview de Okkervil River

The Silver Gymnasium, (https://rock-decibels.org/2013/11/18/okkervil-river-the-silver-gymnasium/) est déjà le septième LP de Okkervil River. Son leader, Will Shelf est toujours aussi disert pour en parler, rendant ainsi justice à une activité qui semble ne devoir jamais cesser.

The Silver Gymnasium est votre premier album sur un nouveau label. Qu’est-ce qui vous a poussé à passer de Jagjaguwar à ATO ? Et en quoi cela a-t-il influence le résultat.

On avait terminé The Silver Gymnasium avant d’avoir signé ou même discuté avec ATO. Ce sont des gens supers à l’image de leur label et je suis certain qu’ils reconnaîtront sans peine qu’ils n’ont eu aucun impact sur la façon dont le disque a été conçu. De la même manière, Jagjagwuar vous diraient qu’ils n’ont jamais, nopn plus, été impliqués dans le son que nous avions précédemment. La seule intervention que j’ai eu de Jagjagwuar a été celle du « sequencing » ,c’est parce que je le leur avais demandé et je dois admettre qu’ils ont fait du bon travail. Ce sont, toutes deux, des maisons de disques qui ont pour priorité l’artiste et j’ai de la chance de n’avoir jamais subi une quelconque pression quant au »son » que je devais adopter. Je sais que c’est souvent le cas pour d’autres aussi pour moi c’est un luxe presque obscène d’avoir ce privilège. J’entends si souvent parler de démêlés avec les labels, ou de théories de conspirations à notre propos que je n’en reviens presque pas d’avoir été si indépendant jusqu’à présent. Ce qui est terrible c’est ce qui arrive aux autres, sans le moindre égard ou respect pour eux.

The Stage Names de 2007 et The Stands Ins en 2008 sont les deux moitiés d’une même disque. Dans quel mesure The Silver Gymnasium est-il connecté à votre précédent LP, I Am Very Far ?

Tout à fait. En fait on pourrait presque considérer qu’ils constituent un triptyque avec mon album solo Lovestreams. Bien sûr il faut être prétentieux pour utiliser le mot « triptyque » mais je le suis ! (Rires).

Peut-être parce que tous vos albums ont été très bien reçus (Rires). En contrepartie, ressentez-vous une pression quand il s’agit de garder le même standard de qualité à chaque nouvel opus ?

Je sens la pression mais j’essaie de ne pas agir sous la pression. Je crois que I Am Very Far était une tentative de ne pas le faire, même si elle a atteint des proportions épiques. Je crois que si je m’évertuais à plaire aux gens à épouser ce qu’ils souhaitent, cela les gonflerait très vite, moi aussi, et personne ne serait heureux.

Vous avez enregistré un disque sous le nom de Lovestreams car vous disiez vouloir faire un disque par vous-même et pour vous-même ; un disque n’ayant rien à voir avec ce que vous produisiez auparavant. Comment êtes-vous parvenu à revenir dans le giron Okkervil ?

Lovestreams est comme la maîtresse crapuleuse que vous rencontrez dans un hôtel bon marché. Ensuite, vous êtes très content de retourner voir votre femme. Si vous n’aimez pas la métaphore sexiste, vous pouvez remplacer « maîtresse » par « amant ». Quand les guitares et un songwriting linéaire me deviennent trop familiers, c’est vers Lovestreams que je cours. Je crois que The Silver Gymnasium doit son existence à Lovestreams. Il a sauvé ma vie,ou, en tous cas, il a sauvé mon mariage.

À ce propos, quand peut-on s’attendre à ce qu’il sorte ?

Je ne sais vraiment pas ! Ce disque était presque comme une thérapie, mais une thérapie avant tout physique. C’était quelque chose que j’avais besoin de faire, une chose où je m’adressais à moi-même en quelque sorte. C’est une des raisons pour lesquelles il reste encore en sommeil. En même temps il y a certains titres dont je suis chagriné que seules quelques personnes les ai entendus. IL me faudra trouver le meilleur moyen de les rendre publics.

Quels sont vos plans pour les prochains mois ?

On tournera pas mal mais on fera aussi, je l’espère, quelques breaks pour que je puisse continuer à travailler. Travailler, toujours travailler est la chose la plus importatnte pour moi. Si j’arrêtais, autant être mort. Je cherche donc toujours des moyens de me ménager des moments pour travailler pendant que je suis en tournées.

La pochette de The Silver Gymnasium est toujours l’oeuvre de votre ami : William Schaff. Avec votre changement de label, avez-vous songé à varier votre esthéique ?

J’adore travailler avec William et j’adore avoir toujours la même façade sur tous les disques de Okkervil River. Travailler avec Jacob Escobedo pour Lovestreams a été phénoménal néanmoins ! C’est juste que j’apprécie les défis que William et moi nous donnons pour reculer à chaque fois nos limites.

En général vous vous rendez chez lui, mais cette fois-ci il est venu durant vos répétitions. Pensez-vous que cela a modifié l’enregistrement de l’album ?

Oui je pense que ça a donné un plus grand climat de « fun » et aussi un plus grand investissement de la part de tous.

Okkervil River a toujours montré un vif intérêt pour la nature sur ses pchettes et ses chansons. D’où vient-il et qu’est-ce qui continue à l’alimenter ?

J’ai été éduqué au milieu de la nature. Il y avait sans doute plus de daims que d’habitants dans ma ville natale. Celle-ci est devenue un centre touristique pour l’a conservation des oiseaux. Le naturaliste Ernast Harold Baynes y a vécu et il a passé beaucoup de temps à lutter contre les tueries en masse d’oiseaux à l’époque où on voulait les utiliser comme plumes pour le chapeaux de femmes. Être un conservateur quand il est question de la nature fait partie de mon identité.

Il semble y avoir un fort profond sentiment de nostalgie sur ce disque. Pensez-vous que ce soit lié à l’âge ?

C’est vrai que l’album porte un gros fond de nostalgie. Ça n’est pas pour autant que je suis nostalgique ; je traite avant tout de la nostalgie en soi et ne pas d’y être plongé ; si tant est que ça puisse avoir un sens…

26 décembre 2013 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire