No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Midlake: « Antiphon »

Quand un groupe perd son chanteur qui est également son leader, soit il se sépare, soit il change son nom. Quand ils restent ensemble, c’est le cas de Midlake après le départ de Tim Smith, l’album qui suit manque en, général de brillance. Heureusement, ça n’est pas le cas en l’occurrence et le combo a continué écrire des nouvelles compositions en négligeant totalement le matériel de Tim Smith.

Sur Antiphon, ce dernier a été remplacé aux vocaux par Eric Pulido, le guitariste originel et Midlake va se diriger vers une toute autre direction que celle de The Trials Of Van Occupanther ou le folk ambitieux de The Courage Of Others pour embrasser un style plus influencé par le « prog rock ».

Une partie de la formule demeure pourtant, une instrumentation non conventionnelle (flûte aérienne, ou l’instrumental en crescendo « Vale » qui sonne comme un écho de Fleet Foxes prégnant dans le disque précédent) ce qui fait que, même si ils ont choisi d’emprunter un chemin rigoureusement différent, des vestiges de Midlake sont toujours là. La voix de Pudilo s’imbrique parfaitement au son voulu par le groupe et s’avère très proche des tonalités de Smith sans pourtant en être une copie conforme.

Les synthés très « prog », les guitares en distorsions et les harmonies haut-perchées du titre d’ouverture nous font part de l’intensité qui va être prise par ce nouveau Midlake et la section rythmique galopante de « The Old And The Young » en fait sans doute une des meilleurs compositions du groupe toutes périodes confondues. Sur « Aurora Gone » Midlake retrouve le folk éthéré de leurs précédentes productions, rappelant ainsi que leur potentiel reste intact. Sur l’autre versant du spectre musical « Corruption » et « Provider Reprise » représentent par contre plutôt une catalogue d’occasions manquées que des titres mémorables.

Au total, Antiphon sonne encore comme un disque de Midlake malgré les changements ; il conserve le même caractère morose servi par compositions toujours accessibles. Tim Smith, lui, va s’orienter vers une carrière solo sous le nom de Harp, espérons qu’elle sera aussi intéressante et forte que l’est la production de son ancien groupe.

★★★½☆

25 novembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Mazzy Star: « Seasons Of Your Day »

Hope Sandoval promenait un air narcoleptique, chantait d’une voix somnolente et arborait un comportement d’inaccessible jeune femme. Sous la direction du guitariste David Roback et d’un line-up informel, Mazzy Star sortit trois albums entre 90 et 96. Le groupe précédent de Roback, Rain Parade, avait inspiré un grand nombre de groupes de la région de Los Angeles avec leur propre version, plus tamisée, des textures psychédéliques du mouvement Paisley Underground.

À l’époque, Sandoval était une ado fan du groupe et elle rejoignit l’ensemble qui lui succéda, Opal. Ainsi naquit l’énigmatique Mazzy Star, partenariat musical et romantique qui dura jusqu’à ce que la connexion ne s’effiloche tout comme leur lassitude à n’être perçus que comme les compositeurs du «  hit  » ‘Fade Into You  ».

Il faut évoquer cela pour comprendre ce retour intervenant 17 ans après leur séparation. Enregistrées depuis les mid1990s à Londres, en Californie et en Norvège, les dix plages qui composent Seasons Of Your Days s’insinuent en vous de la même manière qu’ils le faisaient avec Opal et Rain Parade même si une première écoute semble les rendre vaporeux et évanescents.

Une fois qu’on s’en est bien emparé, l’atmosphère autour de la voix de Sandoval émerge, tout comme le style méticuleux de Roback à la co-production. On sent les longues années passées à assembler l’album et à lui donner des échos de «  adult oriented classic rock  ». On entend ici, en effet, moins de ces remous psychédéliques et beaucoup plus de ce genre mené par l’acoustique rappelant «  Wild Horses  », «  Going To California  » ou «  Wish You Were Here  », réminiscence sans doute de ces années où il vivait au début des 70’s près de Pacific Palisades et de son climat engageant.

C’était une époque où aucun teenager californien ne pouvait évhapper aux Beach Boys et c’est ce qui paraît invoqué dans le titre d’ouverture, «  In The Kingdom  » avec son intro à l’orgue, la guiatre bluesy de Roback et la voix de Sandoval se consumant lentement comme s’il était question d’un interminable été. Les percussions jazzy sont doucement balayées, un peu comme les vagues de l’océan conduisant à des riffs de guitares de plus en plus acérés. Cette structure démontre comment Mazzy Star exerce le contrôle de sa musique, doucement, et il est aussi une indication prometteuse du travail sous-jacent qui a permis d’unifier Seasons Of Your Days.

« California » va, lui, nous ramener vers les premières productions acoustiques de Led Zeppelin avec cette tension particulière que Roback parvient à créer dans les riffs montant et la phrasé assuré et presque déterminé de Sandoval parvenant à s’élver au-dessus du climat rêveur de la chanson. « I’ve Gotta Stop » évoquera par son rythme éreinté un titre comme les Rolling Stones avaient l’abitude d’en composer pour terminer leurs albums ; ici il opère une bienheureuse transition, presque un silence étouffé, au sein de Seasons Of The Year.

C’est ainsi qu’il faut considérer, ce disque ; une œuvre en progression. « Flyiing Low » aura une connotation western qui fera explorer au groupe un univers country rock inconnu de lui jusqu’à présent avec un somptueux chorus à la slide guitar et « Sparrow » fera preuve de la même veine élégante avec l’adjonction d’un clavier baroque.

Mazzy Star ça n’est pas qu’un duo. Les collaborateurs de Roback ont trop été mésestimés pour qu’on ne souligne pas leurs contributions subtiles et mesurées. Citons parmi eux William Cooper( décédé depuis) gère le violon sur « Seasons Of Your Days », Suki Ewers au claviers, Keith Mitchell à la batterie, Paul Mitchell (clavier également) sont discrètement présents tout comme Stephen MsCarthy (ex Long Ryders) qui joue de la pedal steel sur un « Lay Myself Down » jalonné par un harmonica et une tonalité blues aiguë et presque sexuelle.i .

Le meilleur sera pour la fin puisque le légendaire Bert Jansch, lui aussi décédé, apparaitra sur « Spoon » faisant vibrer sa guitare d’une façon qui nous est si familière.

Ce nouvel album réjouira les fans de Mazzy Star mais aussi ceux qui ont suivi Roback depuis 30 ans. Il faudra du temps pour le profane pour se laisser accrocher par son minimalisme et ses sous-entendus lyriques mais le phrasé langoureux de Sandoval exerce toujours son incitation charmeuse à pénétrer dans son univers perché entre élévation céleste et descente sous un linceul de gaze.

24 novembre 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Los Campesinos!: « NO BLUES »

Le leader de Los Campesinos !, Gareth Campesinos, déclarait q -u’il avait enfin réalisé que son groupe faisait de la « pop music ». Il est vrai que Hello Sadness déviait déjà de l’énergie mélodique mais chaotique de leurs efforts précédents mais il s’agissait d’un « break up album » dépourvu du charme habituel du combo.

Le « clin d’oeil » absent en 2011 est revenu sur No Blues. dont le titre est parlant à lui tout seul. Affiché tel qu’il est sur la pochette, il est une proclamation bravache de ne pas vouloir se complaire dans le spleen même s’il est également une phrase qui figure sur « As Lucerne/The Low » et dans laquelle Gareth s’exclame : « Il n’y a aucun blues (no blues) qui ne puisse sonner aussi sincère que le mien ». Los Campesinos ! ont pourtant toujours été assez madrés pour que ce dernier cri de ralliement nombriliste ne soit pas dénué de sarcasme, comme Gareth le chante au vers suivant.

Le compositeur a toujours été capable de faire preuve d’un esprit sec et Los Campesinos ! sont à leur meilleur quand ils façonnent une pop effervescente. « Avocado Baby », ébullient à souhait, est une de leurs meilleures compositions et « What Death Leaves Behind » résonne comme un chant de triomphe où Gareth chante : « Nous fleurirons à nouveau. »

On peut se féliciter de cet optimisme retrouvé dans la mesure où le groupe gallois a failli se séparer en 2012, suite eu départ d’un membre fondateur, la bassiste Ellen Campesinos. Le combo s’est alors isolé pendant six semaines avec le producteur John Goodmanson qui avait déjà travaillé sur Hello Sadness. C’est la première fois que le groupe a pu travailler ses textes et ses mélodies sans hâte ce qui a indéniablement contribué à l’humeur plus légère de No Blues.

Celui-ci sonne peut-être moins mature que le précédent, mais il voit Los Campesinos ! faire preuve de plus de pragmatisme. Grandir ne signifie pas abandonner ce que l’on a aimé : rien n’est plus vrai que quand on fait de la « pop music ».

★★★½☆

22 novembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Lily and Madeleine: « Lily and Madeleine »

Lily and Madeleine Jurkiewicz, sont deux sœurs d’indianapolis qui chantent sur ce premier album des compositions émulant assez facilement Fleet Foxes et Adele. Seule différence, les arrangements dépouillés (Madeleine au piano et Lily à la guitare) et la façon dont leurs vocaux s’entremêlent avec aisance et fluidité.

La production (Paul Mahern) épaissit parfois modestement le son (un violoncelle, une basse électrique, un caisse claire étouffée) pour un répertoire totalement en adéquation avec le récent boom du « retro-folk » et assez semblable à cet autre duo composé de deux sœurs, First Aid Kit.

Les compositions sont écrites par les deux interprètes, aidées par Kenny Childrens un singer songwriter vétéran apportant parfois quelques background vocals. Les titres sont doux amers et laissent libre cours aux émotions, avec des thèmes évoqués de façon directe ce qui rend crédible cette langueur adolescente, ce désir et cette hâte romantiques qui sont le sujet du disque.

Sur « Devil We Know », les sœurs expliquent qu’elles dépérissent et, si la phrasé sonne un peu trop calme pour ce sentiment, il s’imbrique harmonieusement avec la notion de rêverie. Beaucoup des titres sont à la première personne du pluriel ce qui donne en outre une tonalité intrigante. « Come To Me » est une supplication qui évite de tomber dans le larmoyant car soigneusement considérée comme hypothétique même si, occasionnellement, quelques ratages (« Ive Got Freedom » dont la cadence n’est scintillante que par éclipse).

On appréciera, enfin, « Disappearing Heart », une ballade en accords mineurs et ces vérités simples que sont « I’m not you » contrebalancées par un « You’re not me » qui prennent tout leur sens dans ce contexte.

★★★☆☆

22 novembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Nick Lowe: « Quality Street – A Seasonal Selection For All The Family »

Nick Lowe a toujours été un musicien plein d’humour témoin cette remarque : « Qu’est-ce qu’il y a de drôle à évoquer la paix dans le monde, l’amour et la compréhension ? » Enregistrer un album de Noël ne peut donc être, avec lui, qu’une descente en traîneau non balisée.

Le disque débute sur une version rockabilly du traditionnel « Childen Go Where I Send Thee » si fun  (et bonne) qu’on pourrait presque oublier qu’il s’agit d’une chanson de Noël.

L’orgue Hammond introduisant « Christmas Can’t Be Far Away » exsude un peu de ce sentimentalisme coutumier dans ce style de chansons tout en évitant de tomber dans la guimauve.

« Christmas At The Airport » est le titre phare ; une interprétation vive et primesautière du « Driving Home For Christmas » de Chris Rea avec une imagerie dans les textes évoquant en partie la magie de cette fête.

« Old Toy Trains » est certainement le genre de chanson trash qui termine ce type d’albums. Composée par Roger Miller, il ne démontre aucune valeur artistique mais la version de Nick Lowe fait preuve de suffisamment d’ironie, voire de cynisme, pour qu’on soit compulsivement amené à l’apprécier.

Quality Street – A Seasonal Selection For All The Family se termine sur le classique de Wizzard, « I Wish It Could Be Christmas Every Day », dans une version qui n’a pas à rougir de la comparaison.

« Un album de Noël de plus » est-on tenté de se dire en pensant à l’indépassable A Christmas Gift For You de Phil Spector. Celui de Nick Lowe a le mérite de ne pas être irrémédiablement de mauvais goût, il est peut-être même un des meilleurs.

★★★☆☆

21 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Widowspeak: « The Swamps »

Quand, début 2012, Widowpseak sortit son 2° album, Amanac, il s’était déjà faufilé bien loin de leur passé shoegaze / lo-fi pour porter son regard vers un horizon plus clair et structuré proche de Mazzy Star ou Cowboy Junkies. Il est vrai que le line up avait changé et que la production de Kevin McMahon (Swans, Real Estate) avait accentué le folk 70’s et sds accents à la Fleetwood Mac.

Almanac justifiait bien son titre tant il se présentait comme une anticipation vivante et optimiste ce qui allait se présenter et que le EP de 6 titres, The Swamps, exemplifie ici. Il semble que ce format soit l’outil idéal pour ménager un pont entre passé et futur, et le duo ne perd pas de temps à se bercer dans la mélancolie. « Theme From The Swamps » est une délicate composition, pleine d’échos et de couches de la guitare acoustique de Robert Earl Thomas, de percussion à peine frappée et d’une mandoline à la Peter Buck. Le tout véhicule une chaleur étouffante pendant que la chanteuse Molly Hamilton vocalise de façon inarticulée et que des bruits « ambient » poussent à une crescendo avant de s’écrouler sans avertissement et de déboucher sur un rocker mid-tempo décharné, « Smoke and Mirrors » agrémenté d’un autre chorus sans mots reposant surtout sur une mélodie que seule une percussion à mains nues accentuera.

« Calico » évoque un spaghetti-western façon Tarantino avec une atmosphère marécageuse et fantomatique, une hantise qui se poursuivra avec le sombre et mystérieux « True Believer ».

Le duo a décidé de donner une structure squelettique à sa musique et cela marche partiellement (« True Believer » aurait gagné à être plus « fini » et les vocaux à être plus prononcés au lieu de n’être que des vocalises). Widowspeak parvient pourtant à merveille à évoquer solitude et désenchantement, ne restera qu’à apporter un peu de fioritures à cet album prévu en 2014 et qui s’annonce prometteur.

★★★☆☆

21 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

White Denim: « Corsica Lemonade »

Quand un groupe s’éloigne de ses humbles origines, sa maturation peut prendre diverses formes. Il peut souffrir du syndrome Axl Rose, devenir exotique et créer une musique qui ne lui convient plus du tout ou, comme White Denim, se calmer et mettre en place quelque chose qui conjugue mérite musical et substance avec, en contrepartie, moins de panache.

Le nouvel album de nos Texans, Corsica Lemonade, contient la même soul rocailleuse que leur premier disque distribué dans le Royaume Uni, Workout Holiday. Néanmoins, le son s’est quelque peu désépaissi par rapport à l’incandescence garage de leurs débuts. Le chanteur compositeur James Petralli semble avoir souhaité s’éloigner de structures de chansons complexes et agressives et, tout en produisant cette même énergie exubérante pour laquelle White Denim était fameux, aborder sa musique par un autre biais.

C’est vraisemblablement la rencontre avec Jeff Teedy de Wilco pour lequel le groupe avait ouvert et l’invitation de ce dernier à travailler avec lui qui a permis à White Denim de s’engager dans un processus tout nouveau et plus laidback.

Du titre d’ouverture, le filiforme « At Night In Dreams », jusqu’à la chanson-titre, du premier « single », « Pretty Green » jusqu’à la composition qui termine Corsica Lemonade, le savoureusement nommé « A Place To Start », le groupe nous offre un matériel beaucoup plus réfléchi et mature. L’architecture new-blues est toujours là mais des textures plus nombreuses, des mélodies plus adoucies et des vocaux plus tempérés apportent de nouvelles colorations à cette tapisserie.

Il est certain que le groupe a toujours fait partie de ces ensembles qui voulaient apporter quelque chose de différent à un genre éminemment saturé et prévisible. L’album y parvient sans aucun doute Cela suffira-t-il à lui donner une nouvelle jeunesse ? C’est une question que White Denim a le mérite de poser.

★★★☆☆

21 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Best Coast: « Fade Away »

L’indie rock ensoleillé et léger de Best Coast eut un tel impact il y a 3 ans qu’il est difficile que se dire qu’il ne s’agissait pourtant que de chansons jetées de ci de là, parlant d’amour et de trivialités avec nonchalance et charme lo-fi.

La chanteuse Bethany Cosentino devint presque une pin-up et elle sembla se destiner à cette niche « indie mainstream » destinée à servir de prétexte à créer des gammes de T-shirts en s’acoquinant avec un rappeur et en ayant un acteur réputé chargé de filmer une de ses vidéos et en figurant dans les pages « people » avec Johnny Depp.

Heureusement ce ébuzz » épargna son comparse, Bobb Bruno , et ce mini album semble montrer que le duo a toujours su maintenir une distance par rapport à ce qui a entouré Cosentino. Enregistré sur le label de cette dernière, on retrouve sur ses sept compositions leur habileté à composer des titres aux riffs craquants et aux chorus addictifs. Conçu en anticipation de l’enregistrement d’un « véritable » album, Fade Away est quelque peu une curiosité si on considère les deux précédents disques de Best Coast.

Il s’agit tout au plus d’une indication de choses à venir et, même si iles ne sont pas mémorables, ils apportent une gratification immédiate qui est délicieuse à savourer. « This Lonely Morning » ou « I Wanna Know «  ont cette qualité alors que le plus posé « Fear of my Identity » et le presque heavy « Fade Away » nous annoncent un autre type de leitmotivs. Rien de révolutionnaire donc, mais une adhérence scrupuleuse à confectionner des chansons accommodantes et propres à susciter une bienheureuse, même si anecdotique, béatitude.

★★★☆☆

21 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Crooks on Tape: « Fingerprint »

Peu de groupes peuvent se vanter d’avoir autant d’ex-membres que The Crooks on Tape. Le nombre est impressionnant : 5 pour un combo formé de 3 musiciens de Los Angeles.

Fingerprint s’ouvre sur un « Duper » qui pourrait être une composition de Enon (un des groupes précités) : désinvolte, accrocheur, une pop suffisamment tordue et servie comme un avant-goût. Mais cette formalité est trompeuse car ce qui suit montre qu’ils savent écrire des choses plus atypiques que des ritournelles indie, toutes charmeuses qu’elles soient.

Au fur et à mesure que l’album progresse on voit combien le philosophie musicale de Crooks se fait jour : « Titso’s River » répond pleinement à leur définition d’être « à moitié un groupe, à moitié un projet artistique ». Dans lerurs groupes précédents Schmersal et Lee ont toujours eu un penchant pour le trash et des sons tirés d’un peu partout ailleurs. L’album est ainsi parsemé de bruits étranges et de samples qui semblent être le fruit d’accidents ou d’expérimentations surgies d’innombrables heures de matériel enregistré. Leur slogan étant : « Tout enregistrer », ce qu’ils en font est la plupart du temps amusant, capricieux et souvent étonnant. « Melting The Ice » est une cacophonie de sons, comme si on ouvrait la porte d’un débarras, qu’on laissait tout s’en déverser et rivaliser avec les couches soyeuses des vocaux de Schmersal.

Crooks on Tape ont décrit ce disque comme étant de la pop qui serait suivie de plus d’incongruités. Celles-là sont toujours présentes : « River Bait » a une structure simple et linéaire même si l’énorme riff de synthé est comme une invitation à expérimenter. Mais la pop ne se fraie jamais un passage puisque succède à « River Bait »une jam funk déjàntée (« Milo’s Creeper ») et que, plus loin, « Barging In » voit le groupe se plonger dans un soul très 80’s apportant une touche surprenant à la conclusion de Fingerprint.

En tant que « debut album », voici un exercice intéressant nous entraînant quelque part puis nous remettant sur nos pieds. C’est un disque subtilement contestataire ; une protestation contre le prosaïque et le routinier et une affirmation que c’est peut-être sous l’excentricité que se niche le courage musical.

★★★½☆

21 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Wave Pictures: « City of Forgiveness »

The Wave Pictures portent la torche d’un indie rock anglais plein d’esprit, à la fois sardonique et mélancolique. City Forgiveness est une nouvelle démonstration de cette approche cabossée et joyeuse mais elle s’étend sur deux albums !

Disque écrit dans la fièvre d’une tournée US il ne sera pas surprenant d’y trouver un parfum plus Yankee que d’habitude. Les textes de David Tattersall ont toujours leur connotation romantique et emprunte de réalisme social et on a beau jeu de le comparer à un des ces écrivains « angry young men » comme Alan Sillitoe. « Missuoula » en est un exemple typique, humour et sarcasme accompagnés par des guitares qui se complaisent dans des facéties qui n’auraient pas déplu à Hank Williams.

Cette adoption d’américanismes est peut-être ce dont le groupe avait besoin pour franchir un nouveau seuil, étape vers le « old school rock » qui avait déjà été sous-jacente dans le Long Black Car publié l’année précédente. Ici, ces influences sont totalement assumées et remarquablement interprétés, en particulier des solos de guitares et des observation sises entre Jarvis Cocker et Sky Larkin.

Il y a toujours eu un élément de désinvolture et d’a peu près tout au long de la carrière de The Wave Picture. City Forgiveness s’en détache graĉe à un point de vue plus frais, des textes où la lassitude semble avoir étendue sa vision du monde au-delà des Midlands tout en conservant cette touche insouciante et jubilatoire dans son interprétation.

★★★☆☆

21 novembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire