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Brendan Benson: « You Were Right »

Il se dit qu’un nouvel album des Raconteurs est en préparation et qu’il sortirait au printemps 2014. La question qui ne peut que se poser est de savoir si ce disque du seul Brendan Benson nous permettrait de patienter.

You Were Right ne déçoit pas réellement mais il donne l’impression d’avoir été façonné précisément pour ne pas le faire. Les fans d’accords mineurs mais lourds, de pop-rock teintée de country qu’il nous a habitués à produire depuis plusieurs années ne pourront qu’être satisfaits d’un disque au charme discret mais avec autant de mordant qu’un album de pop dirigé vers le grand public.

On trouve quelques riffs décents, disséminés tout au long de You Were Right, par exemple sur « Long Term Goal » qui ouvre le disque ou le mélodramatique « I Don’t Wanna See You Anymore » qui doit beaucoup aux Eagles. Trop souvent, pourtant, les compositions tendent à s’affadir et à ne pas captiver notre intérêt avant même qu’elles ne se terminent. Benson est un compositeur doué et il est presque impossible de détester ses morceaux mais cette collection de « singles » manqués sans véritable liant ni concept dans son assemblage semble être plus une lubie survenue après coup qu’une véritable réflexion.

Le résultat en est qu’aucune composition ne se distingue véritablement des autres en terme de qualité, surtout par rapport à ses albums précédents. Bien qu’impeccablement produit et poli, il exsude de You Were Right un parfum de lassitude qui ne peut que faire penser que Benson a autant hâte que nous d’un retour des Raconteurs.

★★½☆☆

29 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Shearwater: « Fellow Travelers »

Ce dernier projet de Shearwater était destiné à être un EP suite à leur album de 2012, Animal Joy. Devenu un disque de dix reprises, l’intituler Fellow Travelers est à la fois habile mais aussi peu parlant puisque, ici, nos Texans font avant tout une rétrospective de musiciens avec qui ils ont tourné tout au long de leurs 14 années de carrière. L’intérêt résidera dans le fait que tous ces collaborateurs esquivent leurs propresmorceaux en faveur de matériel composé par d’autres artistes. C’est cela qui rendra étonnamment divertissante cette compilation.

Ce sera donc sans surprises que l’album va suivre un cours qui abordera de façon éclectique un nombre de styles, de tempos et d’humeurs varié. Ce qui les liera sera la voix bourrue et brusque de Jonathan Meiburg capable d’atteindre les sommets sublimes de « I Luv The Valley OH ! » de Xiu Xiu tout autant que les profondeurs mélancoliques du « Mary Mary » de Wye Oaks sur une durée qui ne dépasse pas 33 minutes.

Choisir de conserver le venin et la bile de Xiu Xiu s’avère un choix avisé car c’est une des réadaptations les plus évidentes tout comme le sera le « Hurts Like Heaven » de Coldplay. Ici, la composition bénéficie d’une clarté que l’on ne retrouve pas dans l’original, libérée qu’elle est de ses synthés et interprétée de la manière la plus directe qui soit. C’est une version légère, accompagnée par un piano avec des couches de bruit « ambient » qui s’érigent progressivement jusqu’au « grand final ».

Le groupe conserve néanmoins son sens du théâtral (« Natural One » par exemple) mais il le particularise à sa façon sur le « Fucked Up LIfe » des Baptist Generals agrémenté de boîtes à rythme, de signaux radio et de claviers fournis par le groupe Clinic.

On ne trouvera pas le même niveau d’exubérance sonique qu’on rencontre en général dans les albums de Shearwater dans la mesure où le groupe est dicté par les chansons qu’il a choisi de reprendre et opte pour une approche plus sobre et intime que le « stadium rock » qu’il privilégie parfois. De ce fait, les titres les plus réussis sont les plus dépouillés : « Ambiguity » et un « Mary Mary » qui aurait pu être interprété par The National ou « A Wake for the Minotaur » où intervient Sharon Van Etten dont le style abrupt et nu convient parfaitement à la nature maussade du titre.

Fellow Travelers ne changera certainement pas l’opinion que l’on aura d’un groupe à la sensibilité suffisamment atypique et décalée pour ne pas prétendre au succès commercial ; il y a néanmoins suffisamment de richesse créative pour que l’album ne soit considéré que comme un « one shot » album.

29 novembre 2013 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire