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Jake Bugg: « Shangri La »

Le premier album de Jake Bugg était celui d’un jeune troubadour qui diffusait cet ennui propre aux petites ou moyennes villes (il est originaire de Nottingham) d’où les perspectives ne dépassaient pas les limites de ces résidences HLM qui en constituaient les vignettes. (http://wp.me/p2Lg5f-q9) Son succès global aurait pu risquer de l’aliéner de son essence basique mais il a eu plutôt l’effet inverse : le faire connaître plus largement du public britannique.

Une fois de plus ici, son authenticité terre à terre a assuré la survie de son pragmatisme et, même produit par Rick Rubin et enregistré à Malibu, Shangri La (qui est également le nom du studio d’enregistrement de Rubin) tout éloigné qu’il soit géographiquement de ses origines demeure exemplaire dans la manière où Bugg poursuit ses méditations sur le style de vie qui est le sien aujourd’hui.

Tout en explorant adroitement d’autres genres musicaux, c’est un disque qui fait preuve d »une immédiate connexion émotionnelle. On y trouve des tranches de vie réelles et allant bien au-delà des frontières de sa ville natale, évolution somme tout logique quand on explore le monde et qu’on le voit au travers d’autres yeux.

« There’s A Beast And We All Feed It » met immédiatement les choses en place. Il s’agit d’une incrimination mordante de ceux qui montrent toujours les autres du doigt et qui utilisent Twitter comme outil de rumeurs. Elle est accompagnée d’un rythme rockabilly frénétique qui continue sans reprendre son souffle avec « Slumville » et « What Doesn’t Kill You ».

C’est pourtant dans les passages les plus sensitifs que les qualités expressives de Bugg sont le plus reluisantes. « Me And You » est une charmante et douce ode perlée, « A Song About Love » se distingue par une note en « sustain » au climat hantant et propre à vous donner la chair de poule et l’acoustique « Pine Trees ainsi que le pastoral « Storm Passes Away » sont témoignage de ses sessions à Nashville et se font profondément touchantes par leur délicat phrasé country.

Rubin sait à merveille jouer avec l’intensité émotionnelle d’une musique comme il l’a déjà prouvé avec Johnny Cash. Sur Shangri La il a usé d’un son propre et dépouillé pour mettre en valeur le brillant « storytelling » de Bugg. Le résultat en est un album mature et remarquable propre à nous faire encore plus nous pencher sur le développement de cet encore jeune interprète.

★★★½☆

28 novembre 2013 - Posted by | Quickies | ,

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