Bardo Pond: « Peace on Venus »

Quand de nombreux groupes tournent timidement autour du pot quand il s’agit de dire à quel point la prise de drogues a pu influencer leur musique, nos vétérans « stoners » et « space rockers » de Bardo Pond ne se privent pas, depuis 1991, de noter, combien les hallucinogènes constituent une raison d’être au travers de leurs albums. Ceux-ci empruntent souvent leurs titres à des champignons dont on devine la nature (Amanita), autres éléments psychoactifs (Bufo Alvarius, Amen 29:15) et des projets parallèles nommés 500mg, Hash Jar Tempo ou LSD Pond.

On comprend qu’avec ce type de références Bardo Pond n’est pas le genre de groupe qui passera sur des programmes grand public mais que, si vous avez de vous projeter librement de votre sofa vers le cosmos et d’avoir l’impression de vous réveiller d’un « trip » au milieu d’une forêt, écouter ce neuvième album de ce quintet originaire de Philadelphie sera pour vous.

Peace on Venus sera, en effet, une assez bonne approximation sonique de ce type d’expérience même si l’impression première (5 morceaux) pourrait sembler vous laisser sur votre faim. Sachant néanmoins que le titre le plus court, « Taste », dépasse les cinq minutes et que les deux compositions les plus longues (les kaléidoscopiques « Chance » et « Before The Moon ») terminent le disque sur une durée de 11 minutes environ chacune on entrera facilement dans ce qui nous est proposé : les vocaux plaintifs et la flûte trippy de la chanteuse Isobel Sollenberger, les grandes envolées de guitares en « freeform » de Michael et John Gibbons ainsi que les rythmiques martelées de Jason Kourkonis à la batterie et les lignes de basse stupéfiantes de Clint Takeda.

Si on devait emprunter une phrase iconique pour l’appliquer à Bardo Pond, ce serait une expression de Spacemen 3 : « Prendre de la drogue pour faire une musique vous donnant envie de prendre de la drogue. » Bardo Pond peut clairement s’y référer depuis 22 ans ; il n’est que d’écouter la distorsion et le feedback de « Fir » pour avoir l’équivalent auditif d’une recréation du big bang.

★★★☆☆

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