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Moby: « Innocents »

Le fait que Moby, cet intellectuel new-yorkais de 48 ans, au look on ne peu plus « classique », continue d’être une présence musicale est une de ces délicieuses incongruités comme la pop nous en réserve parfois. Aujourd’hui One Direction, Justin Bieber et consorts sont les maîtres du monde et même sur son pré carré «electronica club », une relève semble avoir été assurée par une horde de jeunes aspirants à la couronne chez qui des compositions sur-produites font office de CV. Pourtant pourtant une vente de disques orientée lentement vers le bas depuis son mémorable Play en 1999 (2 millions d’albums vendus) la musique et les concerts de Moby continuent de fonctionner, insensibles à l’usure voire à la routine.

Ces derniers années, l’humeur avait été plutôt à la mélancolie, surtout sur son album précédent, un Destroyed emprunt d’affliction. Innocents n’est certes pas un matériau adapté à une « rock party » mais ses tableaux emplies de tristesse sont parsemés de délicates touches d’euphorie. Moby a toujours eu un penchant pour le « cinématographique » et le fait de s’acoquiner avec une petite escouade de vocalistes met au premier plan la mission qu’il s’est fixé : proposer une musique qui soit grandiose et éclatante.

« The Perfect Life », qui bénéficie de la présence de Wayne Coyne des Flaming Lips, s’avère être un morceau au tempo majestueux (guitare tapotée) très voisin du « Movin’ On Up » de Primal Sream avec pourtant une expansivité qui rappelle le gospel et qui masque des textes sombres traitant de la privation de drogue. Ailleurs, Cold Specks, Skylar Gtrey et Mark Lannegan font leur apparition (« The Lonely Night » pour ce dernier) mais les morceaux phares bénéficieront d’un participation habituelle chez Moby, celle de Inyang Bassey sur le blues trip-hop « Don’t Love Me » et la lugubre odyssée de plus de neuf minutes qui termine Innocents : « The Dogs ».

L’album contient les couches luxuriantes et rembourrées susceptibles de plaire aux fans de Play et l’utilisation de l’électronique est toujours magistrale. Peut-être que Moby va se décider à emboîter le pas à Ennio Morricone, il ne serait pas inintéressant que Hollywood lui confie la bande-son d’une de ces romances au destin fatalement funeste.

★★★★☆

14 novembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Toad The Wet Sprocket: « New Constellation »

Les pop songs facétieuses de Toad The Wet Sprocket apportaient une touche d’incongruité dans le rock alternatif des 90s. Les voilà de retour après une séparation de 16 ans et New Constellation tout enjoué qu’il soit, est emprunt de mélancolie et de thèmes évoquant le doute de soi, le regret et de deuxième chance. Sur « Is There Anyone Out There ? », c’est ce que se demande Glenn Phillips sur ce titre de guitar pop chatoyant mais, en dépit de sa tonalité introspective, le temps n’a pas érodé le sens mélodique du groupe. Musicalement les compositions ont un climat plus détendu chose que seule une musicalité comme celle de TWS permet ; un peu comme si l’enregistrement s’était déroulé pieds nus en sirotant une boisson rafraîchissante en studio.

Les compositions restent donc toujours directes et le groupe ne s’éloigne jamais très loin du format guitare, basse, batterie, chants. Cela laisse par conséquent suffisamment de place à Phillips de mettre en avant sa palette vocale et de fournir, par conséquent, un passage pour que la chage émotive des morceaux soir mise en valeur.

Sur « Rare Bird, par exemple, la voix de ténor chaude du chanteur glisse peu à peu vers le falsetto pour évoquer cette image de l’amoureux se délivrant de ce qui lui pèse, et Phillips va encore plus loin avec le spacieux et spatial « New Constellion » le transformant en une ode au cosmique presque religieuse. « I’ll Bet On You » est , lui, propulsé par des chorus éthérés donnant une certaine majesté à son refrain exalté et on doit, à cet égard, signaler le travail du guitariste Todd Nichols assurant les backing vocals avec le bassiste Dean Dinning et s’emparant des « lead » » sur « Life Is Beautiful ».

Au final, New Constellation s’équilibre parfaitement entre musique et textes pour illustrer l’itinéraire de Phillips axé sur l’observation de soi déjà entamée sur Fear. On pourra, éventuellement, faire abstraction de l’imagerie liturgique pour saluer simplement l’intelligence d’un groupe qui sait voir plus loin qu’une partition d’accords et de riffs calibrés pour plaire.

★★★½☆

14 novembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

La Luz: « Its Alive »

Très souvent, les albums qui sortent sur ce que les Américains nomment des « genre labels » semblent vouloir étendre leur identité musicale à es degrés qui dépassent toute description auditive que l’on pourrait faire de leur musique. Mais parfois, vous avez un premier disque comme It’s Alive, enregistré par un quatuor féminin de Seattle, La Luz et signé chez Hardly Art ( « à peine de l’art »!) à qui on a très vite attribué une nouvelle étiquette : le rock Surf Noir.

Ces termes peuvent sonner antinomiques mais ils sont parfaitement adaptés à ce qu’ils nous font imaginer et à ce qui nous est donné d’entendre un fois l’album mis sur la platine.

Il faut néanmoins nuancer cette définition ; le flot de cette musique est encore meilleur que ce qu’il nous a été donné de concevoir. Les guitares ont une profondeur dont on sent qu’elle a maturé et les percussions aussi claires que du cristal, presque solitaires et détachées de l’instrumentation, mais elles giflent avec efficacité des titres qui sont autant d’odes où la désespérance amoureuse est de mise.

« Big Bad Blood » présente une pulsation engendrée par une ligne de basse sinueuse, des vocalises haut-perchées et des échos véhiculant un climat d’étrangeté ; « Sunstroke » est un surf-rock où les vocaux sont comme issus de lèvres récalcitrantes et « Phantom Feelings » vous foudroie soniquement avant que le tempo ne se fasse plus vivifiant sur « Pink Slime ».

La plage d’ouverture, « Sure As Spring », est fort habilement juxtaposée pour faire démarrer It’s Alive sur une note addictive avec sa caisse claire galvanisante et un travail au clavier de toute beauté et La Luz saura également varier avec à propos les styles avec un « What Good Am I » dramatique et rappelant Mazzy Star.

La production n’est jamais envahissante, laissant les harmonies faire le job et, même si I’s Alive a un petit côté nouveauté qui risque de lasser, c’est un « debut album » qui gratte comme il veut le faire et nous fait adhérer avec peu de réserves à la face noir du surf-rock.

★★★½☆

14 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Boardwalk: « Boardwalk »

Boardwalk est un duo lo-fi de Los Angeles composé de la vocaliste Amber Quintero et du multi-instrumentiste Mike Edge. Leur premier disque, éponyme, rassemble une collections de morceaux prêtant à la béatitude et à la relaxation, mettant à merveille en exergue le style dépouillé d’enregistrements faits sur un « home studio ».

On y trouve des instruments traditionnels (claviers, guitares, boîtes à tythme) mais aussi d’autres, plus atypiques, fabriqués par Edge lui-même. Le résultat est une dream pop plutôt agréable et charmeuse, pleine e ces songeries que l’on peut avoir quand on est entre rêve et sommeil. Cöté influences on ne peut que citer Mazzy Star mais aussi des ensembles au tempérament plus emporté comme Galaxie 500.

Boardwalk sont par moments classiques et en d’autre instance plus avant-gardistes, trouvant leur inspiration dans le pop sixties des « girl group » de Phil Spector, dans les ambiances éthérées et languissantes de Cocteau Twins ou dans le shoegaze fluide que My Bloody Valentine pratiquait parfois.

La voix de Quintero n’est pas éloignée de celle de Hope Sandoval, même si son registre n’est pas aussi proche de l’opéra et cela donne à l’album cette résonance voilée de « crooner » new age rappelant Enya.

Malgré cela, jamais le disque ne sonne trop étudié malgré les influences évidentes. Il n’y a rien qu’ion pourrait qualifier de dérivatif ou qu’on pourrait accuser d’être une imitation. Leur musique a plutôt une qualité atemporelle, comme en suspension, oeuvrant dans le « chill out » et le nuancé avec des compositions qui sont plutôt accrocheuses. Des titres comme « I’m Not Myself », « What’s Love » ou « As A Man » s’infiltrent mélodieusement dans nos oreilles aidés par une production plus qu’ingénieuse.

★★★½☆

14 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Luke Temple: « Good Mood Fool »

Après la sortie du dernier opus de Here We Go Magic, A Different Ship, produit par Nigel Godrich, son leader Luke Temple est très vite retourné en studio pour s’orienter vers une activité musicale différente et plus ludique que celle de ses précédents albums solos et de sa discographie avec Here We Go Magic.

Good Mood Fool a été enregistré avec simplement une basse, une boîte à rythmes, un synthé et sa voix qui à elle seule sert d’étai au disque, c’est donc un disque réduit à sa plus simple expression. Alors qu’avec son groupe ses vocaux apportaient une couche supplémentaire à un son aux riches textures, ici elle s’empare du centre de la scène et sert d’étai à un album parcouru par un joyeaux pastiche des eighties.

L’entrain plus que funky de la basse sur « Katie » fait de cette composition une ode « dance » à une jeune femme garnie de samples séducteurs et de claviers dramatiques qui sonne encapsulée en 1982. Le second « single », « Florida », ressemble à du Mayer Hawthorne porvoyant à la voix de Temple la possibilité au plus haut son accent « crooner » délicat. Enfin, sur « Those Kids », le chanteur s’empare d’une intro à la « Billie Jean » accentuant encore ses motifs dérivés des années 80 au point-même de faire référence à MTV.

Même si Good Mood Fool est plein d’une soul légère, « Jessica Brown Findley » et sa basse saturée voit l’artiste s’aventurer dans des territoires plus expérimentaux avec un Temple émulant le Thom Yorke qui sommeille en lui sur fond de percussions spasmodiques et de synthés erratiques.

Autre atout de Good Mood Fool, sa brièveté. Avec simplement 9 titres, l’album est varié, vibrant et coloré. Les références eighties peuvent parfois être lassante et ses tentatives expérimentales pas toujours abouties (les harmonies théâtrales et à la Styx ouvrant « Love Won’t Receive ») mais Temle est un excellent chanteur soul avec un penchant pour des accroches luxuriantes et une enthousiasme débridé qui permet à l’album d’éviter tous les clichés qui affèrent au genre.

★★★☆☆

14 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire