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Wet Nuns: « Wet Nuns »

Chroniquer un groupe, Wet Nuns, qui enregistre un disque éponyme à contre-coeur et qui déclare qu’il se sépare juste avant sa sortie est une bonne façon, soit de créer le buzz, soit de se suicider commercialement.

Ce duo de Sheffield a(vait) pour lui un nom provocateur et surtout une carrière qui s’est échelonnes sur quatre ans, autant d’années à, plus ou moins, enregistrer et à faire paraître quelques Eps. La. démarche est fun et sans prise de tête : une grand attelage de riffs lubriques, de groouve qui semble issu du Sud des États-Unis (« Heavens Below », « Throttle » ou «  Broken Teeth »). Cette plaisanterie affichée ne dissimule pas pour autant un talent incroyable pour dénicher des riffs imparables et des vocaux monstrueux. Un témoignage flagrant : « Only Sometimes » atypique dans sa non agressivité.

Que restera-t-il de Wet Nuns alors ? Des titres éphémères qui osciellent entre le morbide et le léger, un peu comme l’image que le combo a souhaité véhiculer. Il faudra alors prendre avec distance qui le groupe, qui son présumé enracinement dans le « heavy blues rock » : « No Money Blues » ou « Don’t Wanna See Your Face No More » si caricaturaux d’un style qu’ils en deviennent emblématiques. Si on devait comparer Wet Nuns au cinéma ce serait aux films de la Hammer ; si kitsch et délicieusement désuets qu’ils en deviennent, certes pas indispensables, mais l’occasion de passer ce bon moment d’autant plus jouissif qu’on sait qu’il sera aussi pérenne que l’existence du groupe.

★★½☆☆

4 novembre 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Of Montreal: « Lousy with Sylvianbriar »

En dépit d’une discographie prolifique et que l’on pourrait qualifiée d’insensée, le collectif de Kevin Barnes a décidé de s’attaquer au « classic rock » sur ce qui constitue son 12° album. On trouve, dans Lousy with Sylvianbriar quelques effluves du punk déglingué de Deehunter et du garage pop de Spoon, mais, en son cœur, ce disque est un repiquage éhonté du psyché-rock des années 60 qui voit Of Montreal singer (ou rendre hommage) à certains groupes de la British Invasion comme les Kinks et les Zombies. On aurait pu trouver pire et les arrangements rauques et légèrement funky redonne une nouvelle vie à cette approche baroque.

Le sens de l’humour, assez caustique, de Barnes ets toujours là, tout comme ses pochettes en Technicolor et des titres aux noms intentionnellement chamarrés et surréalistes.En fait, à l’écoute on se surprend à instinctivement penser que Of Montreal a réalisé le type d’album que MGMT s’efforçait de faire avec son disque éponyme et Congratulations.

Malheureusement les résultats ne sont pas meilleurs que les deux albums précités. Même si l’évocation des sons du British beat venu de Liverpool est parfaite dans sa recréation de ces tonalités en carillons,Lousy with Sylvianbriar sonnn trop souvent comme un album apprêté et sans vie. Les compositions sont comme des monuments célébrant une ère du rock révolue et, même superbement reproduits, cette prévisibilité ôte très vite toute passion à la chose. Il y a quelque chose de robotique sur des titres comme « Amphibian Days » ou »Colossus », élément que Barnes avait si bien su éviter dans ses approches précédentes, plus insouciantes, aujourd’hui remplacées par une idolâtrie déplacée.

Lousy with Sylvianbriar est, au bout du compte, un album fatigué et lassant. Le lugubre « Obsidian Currents », imprégné par l’orgue, est une ballade mélancolique ennuyeuse à mourir et même les moments les plus enlevés comme « Hegira Émigré » sont erratiques au milieu de riffs de guitare allant dans tous les sens. Au final, le groupe a perdu de son identité et sonne comme un autre de ces combos obsédés par le rétro. Peut-être retrouveront-ils leur singularité en s’inspirant de ces groupes qu’ils vénèrent plutôt qu’en les mimant.

★★½☆☆

4 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

King of Leon: « Mechanical Bull »

Kings of Leon, en particulier sur scène, étaient parvenus à établir un pont entre l’indie et le southern rock. Leurs succès grand public n’avait pas été démérité mais, au fil des ans, cette recette semblait s’être épuisée avec des albums plus que décevants. Ce sixième opus intervient après un hiatus de trois ans ce qui est peu et beaucoup à la fois.

On attendait de la famille Followill qu’ils retrouvent un peu de nerf et nous resserve un southern-rock qui ne soit pas trop réchauffé, Mechanical Bull le fait mais d’une manière qui ne dément pas son titre : mécanique et sans finesse.

Les morceaux sont fades, comme aseptisés, énoncés avec un manque de conviction qui semble avoir envahi tout l’album. Les fans de ce type de musique ne seront pas déçus ; le style « sawmpy » est toujours présent, les rythmiques conservent leurs virées en grand huit mais on a la sensation que le groupe est en train de répéter un modèle qu’il a lui_même construit, un peu comme s’il s’agissait d’un combo s’ingéniant à émuler, avec moins d’inspiration, KOL.

Au fond, textes et musique semblent s’évertuer à reproduire les mêmes clichés : machisme d’un côté et rock à fort quotient d’énergie de l’autre, « Rock City » en étant la perfecte caricature. Les rares tentatives de bifurquer sonnent comme une resucée de U2 (« Beautiful War ») et le disque se termine sur une country-pop atypique (« On The Chin ») mais sans aucune inspiration.

Trois ans entre deux albums peut être long ou court. En écoutant Mechanical Bull on a le sentiment que ce sont des années gâchées et improductives.

★★☆☆☆

4 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Younghusband: « Dromes »

Ce premier album de Younghusband sort sur le label « shoegaze » Sonic Cathedral et Dromes en est le parfait reflet. Vocaux brumeux ou sonorités rêveuses mais le groupe va ajouter un poli inédit au côté bricolage propre à cette scène.

Dromes s’ouvre sur « Running Water » (ce dernier élément « coule » tout au long du disque) et se construit sur couche après couche de vocaux, ceux de Euan Hinhelwood, montant en crescendos avant de se crasher contre la ligne de basse simple mais parfaite de Joe Clinton.

« Comets Crossed », qui suit, abandonne ce côté Slowdive et s’actualise avec un son évoquant Toy et The Horrors : orgues Hammond, synthés et guitares psychédéliques en carillon de Adam Beach sur des vocaux rappelant Jim Reid.

Autre embellissement, « Left of the Rocks » avec ses percussions « krautrock » et sa basse insubmersible par sa régularité alors que « Sunstroke », lui, apportera une touche minimaliste et « chill gaze » avec des changements d’accords pop qu’aucun groupe « shoegaze » oserait utiliser.

Ce genre retrouvera sa tonalité familière avec les inévitables instrumentaux (un solo de guitare diigne de Nick Cave et « Silver Sisters » avec ses guitares acoustiques en reverb, très proches de MGMT, et de la psychedelia des sixties).

Le morceau phare sera néanmoins un titre « shoegaze » dans toute son idiosyncrasie : « Reunion Message » avec ses guitares en plein pulsation et des rythmiques mécanistes se terminant sur un véritable assaut de six cordes et de lignes de basses dont le chaos contrôlé s’étire sur près d’une minute.

Dromes est un disque plein de bonnes compositions pop dans lequel on trouve des mixages astucieux sans verser dans la complaisance. Il établit une juste proportion de « shoegaze » onirique sans pour autant être débordé par sa spécificité.

★★★½☆

4 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire