No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Babyshambles: « Sequel To The Prequel »

En 2005, Pete Doherty défrayait à juste titre la chronique avec des déclarations à l’emporte-pièce, une attitude rappelant celle De Oscar Wilde, des démêlés avec la drogue ; bref il était perçu comme la réincarnation de Sid Vicious.

Aujourd’hui, Doherty a 38 ans et son Sequel To The Prequel porte bien son titre car ce qui suit avec cet album sonne malheureusement figé dans ce qui a constitué ses débuts avec The Libertines. Leur premier album fut décrit comme « la meilleure demo jamais enregistrée » et, à l’écoute de ce nouveau disque, on peut se demander si Doherty a jamais été intéressé dans le fait d’aller plus loin que d’en ré-enregistrer. Plus que jamais ici le groupe sonne comme si écrire de véritables chansons ne présentait aucun avantage, sauf peut-être celui de continuer à pouvoir s’offrir de la drogue.

Les déclarations quant à ce qui a entouré ce troisième disque sont d’ailleurs édifiantes ; il est question d’apathie et d’une seule volonté émergeant pour pousser le processus créatif, celle du bassiste Drew McConnell. Ça n’est pas suffisant tant les chansons sont laborieuses, y compris le « single » (comment on a pu en sélectionner un restera un mystère) « Nothing Comes To Nothing » qui évoque vaguement les Kinks et dont le titre en soi est un résumé impitoyable de Sequel To The Prequel.

Ajoutons que les points faibles de Doherty, sa voix, n’ont bénéficié d’aucune amélioration, que la production est à la hauteur des compositions (on a connu un Stephen Street plus inspiré) et on se rappelera cette déclaration du Doherty des débuts : « So what’s the use between death and glory? I can’t tell between death and glory. » Quant à nous, nous savons fort bien discerner ce qui a été prometteur de ce qui s’enfonce, aujourd’hui, dans la médiocrité.

★½☆☆☆

10 octobre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Foy Vance: « Joy of Nothing »

Issu de Bangor, en Irlande du Nord, Foy Vance pourrait être vu comme un croisement entre Bruce Springsteen et Van Morrison traversé par l’esprit de son pays natal. Il n’est que d’écouter « Joy of Nothing » par exemple pour sentir une boule se nouer au creux de l’estomac. Un coup de pouce lui avait été donné, peu après son premier album, par Paul Thorn qui avait enregistré son « Shed A Little Light », cette autre incantation émouvante exemplifiant à merveille le concept de prière amoureuse.

Vance a également ouvert pour Bonnie Raitt lors de sa dernière tournée européenne ce qui lui a permis d’exposer son talent à une audience encore plus vaste.

Le « follow-up » de « Shed A Little Light » ne pouvait être que difficile tant cette composition, interprétée « live », ne pouvait que secouer une audience, pas seulement féminine d’ailleurs. Pour Joy of Nothing le choix a été fait d’adopter des tonalités plus adoucies et tamisées. Bonnie Raitt prête sa voix sur le très morrisonesque « You And I » donnant un petit côté « family country » quand elle partage les harmonies avec Vance sur les chorus et qu’elle chuchote de manière presque intimiste au final du morceau.

« Closed Hand, Full Of Friends » est, ici, le morceau de choix. On repère tout de suite la connexion Sprinsgteen/Morrison dans cet hymne qu’on imagine fort bien scandé en cœur, une bière à la main, dans un pub irlandais ou un « beer joint » US. Sur ce titre la voix de Vance le met littéralement à nu tout comme un « At Least My Heart Was Open » une composition « arena rock » évocatrice de U2.

« Guiding Light » reprendra le schéma et l’imagerie de « Shed A Little Light » et, tout en étant plus axé sur un registre folk, est une autre chanson qtrempée dans la même veine. Oscillant entre accents miséricordieux, mélodieux mais aussi malicieux Joy of Nothing se révèle un disque fédérateur qui ne peut qu’entraîner l’adhésion.

★★★½☆

9 octobre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Avenged Sevenfold: « Hail To The King »

La garantie de rencontrer le succès dans toutes les aires de la pop et du rock est assez maigre;seul, peut-être, le heavy metal offre un peu plus de garanties. Alors que la plupart des groupes ont des moments de notoriété assez relatifs et épisodiques, un bon groupe de metal, volontaire pour tourner presque 365 jours par se constituera une escouade de fans qui lui procurera une certaine longévité.Iron Maiden est est le premier exemple.

Avenged Sevenfold en sont ici à leur sixième album et offrent une assez grande similitude avec Maiden, en particulier par leurs attaques de guitares en duo. Ces Californiens ont commencé leur carrière en abordant les rivages les plus durs du genre mais Hail To The King franchit ce pont entre le côté mordant de leur passé et un heavy metal plus aisé à savourer.

La recherche y est présente, les cuivres accompagnant les six cordes sur le titre d’ouverture « Shepherds of Fire » et « Hail To The King » apportera cette nuance de sophistication héritée du hard rock des années 80.

Non content de cela, le disque traficote une varité de styles ; le riff acerré de « Doing Time » rappellera le meilleur de Gubn’n’Roses même si la production se veut plus clean. C’est d’ailleurs une des particularités de l’album que de disposer d’un enregistrement moins animal avce, hormais les ballades habituelles, des compositions épiques comme « Requiem » dont l’ouverture chorale pompée à Carl Off est plus grandiloquente qu’entraînante. « Acid Rain » terminera Hail To The King sur une note presque aimable, montrant que Avenged Sevenfold sont désormais dans une démarche où la légèreté semble prendre le pas sur le heavy metal stricto sensu.

★★★☆☆

9 octobre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Kissaway Trail: « Breach »

Comme il est étrange qu’un groupe composé simplement de trois membres puisse évoquer les sons d’ensembles aussi fournis que The Arcade Fire ou The Polyphonic Spree. C’est pourtant cette magie que ce trio danois parvient à mettre en oeuvre sur Breach. Les compositions sont élaborées et semblables à des rhapsodies, d’apparence ramassée mais remplis de tension dramatique. On pense à Peter Gabriel parfois, s’élevant au-dessus d’une obscurité rêveuse mais procurant juste assez d’incertitude pour que l’atmosphère ne s’élève pas au-delà d’un certain seuil.

Ce sentiment ne rend pas l’album «  downbeat  » mais il lui donne une sorte de focus quelque peu brouillé et élastique permettant à KIssaway Trail de naviguer avec fluidité entre différentes eaux plutôt que de nous éclabousser avec l’une puis avec l’autre. Il est donc aisé d’être immergé dans un disque de cette nature dans la mesure où il donne la sensation d’être dans un univers onirique où l’on dérive d’une humeur à une autre sans nécessairement remettre en question ce qui se passe et où on est.

L’album donc démarre plaisamment avec « Telly The Truth » puis « Nørrebro » mais ce sont avant tout des apéritifs qui vont mettre en valeur un « Cuts of Youth (Eternal Summer) » qui s’élève, lui, vers des sommets grâce à des chorus insouciants et élevés. « The Springsteen Implosion » continue sur une veine similaire mais introduit, déjà, des touches qui se veulent de plus en plus complexes qui vont permettre à l’album de prendre son essor.

Ce qui rend Breach si scintillant est la fluidité avec laquelle tout ceci s’opère. Apparente simplicité (un « So Sorry » baignant dans la « reverb », un « Shaking The Mote » furieusement accrocheur) se mêlant de manière ambulatoire à ces atmosphères de décalage. Par rapport à leur opus précédent, Sleep Mountain, plus direct Kissaway Trail ont franchi un pas énorme : ils restent toujours dans le giron de la « dream pop » mais ils la rendent encore plus envoutante tant ils s’y adonnent ici sous la forme de brisures (« breach ») musicales qui font fi de toute retenue. Disque attirant pour l’oreille à l’image de sa pochette qui, d’instinct, ne peut qu’être engageante…

★★★½☆

9 octobre 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

The Dodos: « Carrier »

The Dodos sont experts dans l’art de vous administrer des émotions contradictoires. Ils viennent vers vous à grand renfort de guitares hurlantes et vicieuses avec pour seule intention de vous tordre les oreilles. Ensuite ils se retirent, doucement, en une flottaison de schémas acoustiqques proches de l’émerveillement, un état qui vous laisse fragile et vulnérable. Cet ensemble est porteur de tension, d’inconfort mais aussi de béatitude et de joie.

Carrier est un album de transition pour le groupe qui a perdu son guitariste Chris Reiner (26 ans) l’année dernière, mort inopinément d’une maladie cardiaque.Les deux memebres restant, Merci Long (vocaux, guitares) et Logan Kroeber (percussions) s’emploienet ici à poursuivre ce legs musical dont ils sont les héritiers avec un disque assez crâne qui tentent de faire voyager celui qui l’écoute au travers de ces mêmes registres de sensations.

Les meilleurs morceaux sont ceux qui portent la patte du « décalé ». « The Carrier » débute sur deux parties de guitares jouant à l’unisson mais légèrement discordantes. Le résultat en est menaçant et intense et l’intervention de la batterie puis d’une troisième guitare amplifie de façon parfaitecette collusion de sons. Le résultat est vecteur de malaise et de mystère et ces éléments ne s’atténuent pas même après plusieurs écoutes.

The Majik Majik Orchestra qui a contribué à quelques enregistrement de l’execntrique John Vabnderslice contribue ici à quelques composqitions donnant encore plus de nerf et d’épaisseur à Carrier. Une section de cuivres va étoffer le « crescendo explosif de « Substance », le transforamnt en un titre grandiose mais The Dodos garderont toujours la maîtrise de cette chanson en lui permettant de dériver vers ces contreforts acoustiques brumeux qu’ils affectionnent au moyen d’arpèges de guitares doux et subtils.

« Death » est peut-être un hommage à Reiner. C’est une splendide ballade, une des plus tendres de leur répertoire. Elle est suivi d’un grand final, « The Ocean », incrustant en son milieu des percussions tribales et un arrière fond d’instruments à cordes. C’est un nouvel exemple de la force que peut avoir le groupe quand il s’agit de cérer des petirts univers, commençant lentement puis progressant implacablement vers une apogée. L’album se termine ainsi sur cette question: « Why won’t you be where I want you to be? » Une intrerogation familière que chacun peut avoir sur son propre sens du déplacement. Étayée par une tension et un conflit que presque rien n’apaise, elle ne peut que nous entraîner à en vouloir plus. The Dodos ont parfaitement saisi les méthodes amplifiées telles que Reiner les avait introduites; il ne leur reste plus qu’à les peaufiner un peu plus pour en faire quelque chose qui fasse partie de leur propre giron.

8 octobre 2013 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Interview de Basia Bulat: « L’Ombre Était Dans l’Ombre »

Ce nouvel album de Basia Bulat voit la chanteuse délaisser un répertoire uniquement folk pour se concentrer sur un mix aquatique de schémas acoustiques et d’électronique. Les climats, tout comme les tonalités, ont changé tout comme si réfléchir sur l’Ombre était aussi un moyen pour elle d’accéder à plus d’affirmation.

 BasiaBulat_CreditCarolineDesilets© Caroline Desilets

Ce titre d’album, Tall Tall Shadow, l’ombre est cette sorte de chose, de double qui ne vous quitte jamais… Ici elle est immense.

L’idée initiale était en effet que j’étais pourchassée. Dans la chanson-titre, il s’agissait du soleil et celui-ci ne me laissait aucun répit. Les textes me sont venus naturellement et ainsi est née cette notion que j’avais profondément ressentie. Je souhaitais aussi écrire quelque chose qui ait une fin ouverte, je sais quelle est mon interprétation de cela mais je ne veux pas la dicter aux autres… Oui l’ombre est quelque chose qu’on ne perd jamais ; tout dépendra alors de la lumière que vous projèterez et si vous êtes dans l’obscurité totale, pas seulement au sens propre,vous ne communiquerez rien.

Quand vous parlez de laisser chacun trouver sa propre interprétation à vos titres, est-il difficile de le faire dans un disque où vous évoquez des choses plus intimes qu’à l’habitude  ?

Ç n’est pas évident et tout ce que vous espérez est que ça puisse fonctionner. (Rires) C’est vrai que je voulais être plus directe dans mes compositions et ma façon de chanter. Je souhaitais qu’il y ait moins de «  bravado  » et je ne suis pas sans penser que plus vous abordez des sujets personnels, plus vous acquérez une force à la quelle les autres peuvent se rattacher. Cela évite aussi d’être trop abstrait ou didactique.

Il y a aussi une évolution vers des tonalités moins «  folk  » et votre phrasé est également plus varié, enlevé et parfois «  torchy  »

Très «  torchy  » en effet. (Rires)

Sans compter votre vibrato (Rires).

Je crois que c’était destiné à se produire. Je ne pense pas que j’aurais été capable de faire un nouveau disque naturaliste. Il me fallait surmonter cette appréhension qui me faisait croire que je n’étais pas apte à travailler avec des boîtes à rythme et des synthétiseurs alors que j’aime ce type de musique. C’était donc pour moi une ouverture, un risque à prendre.

Vous avez toujours Tim Kingsbury (Arcade Fire) à la production.

Oui il m’a pas mal aidé. Il m’a introduit eux bonnes personnes, Mark Lawson en particulier comme ingénieur du son. On a fait quelques «  demos  », j’ai réécouté et trouvé que ça correspondait à ce que je voulais faire. Ce qui était cool était que Tim avait assuré la basse dans mon dernier disque mais il savait où je voulais aller. C’est un multi-instrumentiste très talentueux et lui et Mark avaient l’esprit ouvert à mon souhait d’expérimenter un peu. C’est bizarre comment quelque chose qui paraît hors de votre portée devient alors si fluide.

Il y a de l’électronique mais elle est parcimonieuse, comme tenue en bride…

Tout à fait, je voulais aboutir à ce mélange très léger. Ce que nous nous sommes demandés c’est quel était le meilleur moyen pour restituer l’esprit de chaque composition. La boîte à rythme sur « Someone » par exemple diffuse quelque chose de méditatif qui correspond à la structure du morceau. Il n’était pas question de faire de l’electro gratuitement car, même si j’en utilise, l’importa,t est comment je l’utilise moi et non quelqu’un d’autre. L’idée c’était de parvenir à ceci sans pour autant être labellisée comme « folktronique » (Rires).

Il y a aussi des compositions plus enlevées et presque « dance » ce qui est assez nouveau pour vous.

J’ai toujours eu ça en tête mais je ne savais pas si j’en téais capable. Nous avons fait plusieurs versions de la plupart des chansons, en solo et avec le groupe. C’est pour cela qu’il semble sautiller comme sur « Wires » ou « Promise Not To Think About Love ».

Et puis il y a ce titre, « Paris or Amsterdam »…

C’est drôle, quand je l’ai enregistré, jamais je me suis dit qu’on allait m’interroger là-dessus. Sans vouloir trop en dire, le début se déroule à Toronto. Le narrateur, qui peut être moi ou un autre, s’inspire d’une histoire réelle. Elle est assez directe donc certaines personnes s’y reconnaitront mais je ne voulais pas nécessairement que ce soit personnel. Ces deux villes ont une connotation romantique et je ne les ai pas choisies arbitrairement en effet mais ce sont les lieux où se déroule le récit. Je ne vais pas en dire plus pour ne pas avoir d’ennuis. (Rires)

Sur « Never Let Me Go », c’est là que votre voix est la plus expressive, dramatique, « torchy »… Vous sentez-vous à l’aise avec le traitement que vous lui infligez ? (Rires)

C’est vrai que je ne la ménage pas là. (Rires) Je ne suis plus embarrassée par rapport à ça, non. D’ailleurs sur ce titre, j’ai fait une première prise, un brouillon que je considérais comme un guide. Et Mark m’a dit : « Inutile de la refaire ! » J’étais surprise car, en général, dans ces esquisses vous pensez beaucoup au texte et je m’étais dit que je sonnais peut-être trop mélodramatique. J’ai essayé de la rendre plus parfaite mais j’ai réalisé que la première était la bonne.

Eh bien bravo pour cette première mouture de votre crescendo ! (Rires)

Merci. Et les backing vocals ont été faits de la même manière, « live » avec tout un tas d’amis qui se sont joints à nous. Tout ce processus m’a fait penser à ces bals de « proms » dans une high school. Ça donnait une atmosphère de tristesse mais aussi d’exaltation.

C’est dans ce genre de « proms » que les teenagers ont tendance justement à supplier leur petit-ami de ne pas les laisser tomber, ou ne pas les laisser partir…

C’est vrai qu’il y a une vision un peu idéalisée de ce qu’est l’amour. Mais on y trouve aussi autre chose. Je comprends pourquoi Mark insistait sur le fait que la première prise était la bonne, je pensais à des tas de trucs bien spécifiques. Je crois que je jonglais aussi, non seulement avec l’amour, mais aussi avec ces notions qui s’incrustent en vous et dont vous ne voulez pas vous défaire.

Mélangez-vous parfois plusieurs histoires dans vos textes ?

J’essaie sans être jamais certaine d’y parvenir. Je pars le plus souvent d’une image ou d’une sensation et c’est tout nouveau pour moi. « The City With No Rivers » n’est pas une cille proprement dite, elle peut vous emmener en des tas d’endroits.

En fait vous passez du Naturalisme au Symbolisme presque…

Peut-être bien. Et puis il y a aussi le fait d’utiliser à la fois le numérique et l’analogique. Passer de l’un à l’autre influe indubitablement sur votre sensibilité. Ici, je crois que je suis passée à des choses beaucoup plus impressionnistes en fait… Ou du moins à un horizon plus large en terme d’endroits. Vous savez, quand vous écrivez vous ne savez pas toujours ce que vous faites.

6 octobre 2013 Posted by | Conversations | Laisser un commentaire

Destruction Unit: « Death Trip »

Le sol désertique et roussi par le soleil n’est, de prime abord, par le terrain typique idéal pour l’ensemencer de rock and roll. Mais, dans le cas de Destruction Unit, cette toile de fond adhère parfaitement avec le psychédélisme noisy et extrême dans lequel ils traficotent. Nous sommes ici à mille lieues du behomian cool calculé de New York et du flair que peuvent avoir certains groupes de Los Angeles pour cultiver cete sorte d’affectation qu’on y trouve parfois. Non, l’attitude de Destruction Unit est totalement antithétique à cela et ce qui plaide en sa faveur c’est la créativité qui peut être issue de ce côté stagnant qui émane de la vie dans le désert.

Deep Trip, le second album du combo porte bien son nom tant il dévoile un climat stupéfiant et lysergique propre à vous consumer le cerveau. Le disque titube sur une ligne passant entre coup de chaleur et conscience altérée ; il est bruyant, coloré, bizarre et fidèle à son titre. S ‘inspirant de combos underground comme Kyuss, Spacemen 3, The Misfits ou Bauhaus, le groupe exploite un territoire où sa vision musicale est chaotique, délavée tant elle a été sarclée, aux pesanteurs languides qui tourneraient autour des morceaux comme des volutes d’herbe.

Cette tonalité est mise en place dès le début avec un ‘The Worle on Drugs » « spaced out » qui vagabonde entre guitares en distorsion et hardcore trash. D’autres compositions refrènent leur furie punk en faveur d’ambiances plus méditatives et comme perçues au travers d’un vitrage (« Bumpy Road » qui sonne comme une chevauchée crépusculaire sur laquelle les vocaux en échos de Ryan Rousseau déversent un semblant de paranoïa).

Tout le disque se balancera donc entre noise rock multi-couches (« God Trrip ») et ambiances dont le carburant serait la drogue (« Control The Light »). Cette combinaison nous offre des résultats provocants et étranges tant le sable aride du Sud Ouest ne semble pas être une terre d’accueil propice mais, au bout de cette excursion étalonnée sur 8 plages d’un bruit qui s’assume sans vergogne, Destruction Unit trouvent ici un moyen de donner corps à des fruits musicaux fascinants car nés de l’incongruité géographique.

★★★½☆

5 octobre 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

John Mayer: « Paradise Valley »

John Mayer a plusieurs problèmes ; le premier étant sa vie publique souvent mêlés à sa vie privée, le deuxième en étant la résultante : on ne peut s’empêcher de considérer sa musique au travers du prisme de ses démêlés personnels. C’est assez souvent le cas pour d’autres personnalités mais il est rare qu’un chanteur-compositeur au registre introspectif et se spécialisant dans les musiques « roots » (country, folk, soul ou blues) soit le catalyseur de tant d’images contradictoires centrées autour du chic et des femmes glamour.

Comment écouter Mayer sans penser aux tabloïds dont il est une des cibles et un effort pour apparaître comme un homme au humble, innocent et aux aspirations tranquilles ?

Pourtant, si on arrive à faire abstraction de ce cirque on découvre un artiste talentueux, un chanteur à la voix atypique même si parfois larmoyante et dont le Paradise Valley produit par Don Was peut s’écouter avec facilité. Cette aisance ne signifie pas néanmoins que les compositions sont légères et ne s’impriment pas en nous. Ses vocaux sont semblable à une marque déposée, étouffés comme perçus au travers d’un oreiller et la production est fluide, habilement façonnée.

Une reprise du « Call Me The Breeze » de JJ Cale nous taquine avec son blues laidback, deux versions de « Wildfire » dont la seconde est interprétée par Frank Oceon essaient d’injecter un peu de flamme à une atmosphère au revêtement confortable et « You »re No One ‘Til Someone Lets You Down » est un aimable country shuffle à la Willie Nelson.

Rien de bien bouleversant donc, même si habilement mené, languide et organique à souhait, à l’image de ce « On The Way Home » qui clôturera une Paradise Valley dont le cheminement s’apparente plus à un rythme laborieux et en impasse vers un purgatoire encore hors de portée.

★★½☆☆

4 octobre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Turin Brakes: « We Were Here »

Le début des années 2000 a été marqué par une sorte de rock indé «  middle of the road  » qui donnait une touche de crédibiilté à ce que l’on surnommait la «  muzak  ». Alan McGee, le patron de Creation Records qui avait signé Oasis l’avait surnommé de musique pour «  incontinents  » et sa cible principale était, à l’époque, Coldplay.

Ce commentaire était dur mais, quelque part  ,justifié dans la mesure où il déplorait le manque de tempérament qui la caractérisait. C’était l’époque ou la musique «  alternative  » était devenue un terme de marketing. Il y avait pourtant des groupes qui, à l’époque tentaient de s’extraire cet cette impasse. Turin Brakes en faisaient partie, avec leur musique à la fois rugueuse et acoustique, éveillant la sensation d’entendre des lamentations servies en veillées nocturnes.

Ce duo indie folk eut une certaine notoriété durant les années 2001 et 2002 avec The Optimist et surtout Ether Song qui leur procura le seul top ten de leur carrière, ‘Pain Killer (Summer Rain) ». Douze ans et 4 albums plus tard,le combo n’a pas littéralement changé musicalement. Ils composent toujours des titres lumineux et engageants, une pop acoustique réféléchie et sur leur dernier opus ,We Were Here, le titre en soi révèle qu’ils ne divergent toujours pas de leur registre americana et folk traditionnel.

Il ne faut, par conséquent, pas s’attendre à ce qu’ils s’emploient à étendre les frontières de leurs expérimentations soniques mais il y a ici suffisamment d’harmonies joyeuses et d’embellissement pour que l’on puisse laisser de côté les comparaisons avec Starsailor ou Embrace. Le « single » « Time And Money » et la chanson-titre rappelleront un ensemble hélas oublié, Bench Connection en particulier grâce à l’agréable tonalité nasale adoptée par la voix Olly Knights. « Dear Dad » se singularisera par une flute jazzy resplendissante et « Blindsided Again » ou « In Between » suggèreront fortement qu’ils ont passé un certain temps à écouter le All Things Must Pass de George Harisson. « Port of the World » et « No Mercy » seront par contre des divagations folky inoffensives mais chaleureuse toutefois, tout comme « Guess You Heard » qui évoquera Crosby, Still And Nash

Seule influence atypique pourrait-on dire, « Erase Everything » qui n’est pas sans monter une dette que le duo peut avoir envers Radiohead si ceux-ci s’aventuraient dans l’acoustisme pur. On pourra donc glaner ci et là diverses sources d’inspirations, aucune n’est réellement novatrice mais le but n’est-il pas ici de démonter que Turin Brakes étaient et sont encore là  et que leur pop aérée pourrait plaire même à Alan Mc Gee?

★★★☆☆

3 octobre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Pure Bathing Culture: « Moon Tides »

Ils sont 27 ans et Pure Bathing Culture viennent de créer leur premier projet « longu edurée », Moon Tides. Ce titre pourrait faire référence à des cycles, et en effet il semblerait qu’il célèbre une entrée dans l’âge adulte en tant qu’artistes méritant d’être reconnus après des débuts qui datent de plus de 10 ans. Le duo (Daniel Hindman et Sarah Versprille) occupe un espace sonore ample mais ils le font avec une créativité nuancée et délicate.

Il y a en effet une tonalité qui cilmate le vide grâce à d’abondantes couches de synthés, foison de guitares et de boîtes à rythme et des harmonies qui, superposées à cet accompagnement, complètent l’environnement ainsi bâti. La voix de Versprille incarne à merveille cette atmosphère se voulant réjouissante et charmeuse avec des titres captivants comme « Dream The Dare », Evergreener » et « Golden Girl ». Ce sont à ces moments-là que PBC est le plus concentré et comme en apesanteur. À d’autres, on n’est pas très loin du hautain, par exemple sur « Temples of the Moon » qui aborde la thématique lunaire du disque avec une certaine complaisance en matière de son.

Moon Tides demeure toutefois sobre et élégant, discret dans ses allusions à une spiritualité qui révèle la quête de soi et le désir de communication humain que la connaissance qu’on a de sa psyché peut permettre.

L’essence de l’album est surprenante car, parfois, elle évoque Fleetwood Mac et ce rock des années 70 se préparant à aborder les eighties. Il y a en effet des chorus infectieux auxquels il est aisé de se rattacher, une instrumentation légère et optimiste et des textes qui visent à créer quelque chose d’articulé. PBC ont ainsi façonné un disque qui sort tout droit du cœur et de ses émois, il est d’autant plus touchant qu’il le fait avec une pudeur dont on devine l’effort qui a été nécessaire pour qu’elle soit contenue.

★★★☆☆

 

3 octobre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire