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London Grammar: « If You Wait »

If You Wait le premier album de English Grammar débute sur le « single » qui a créé tout le « hype » autour du groupe, « Hey Now ». C’est un témoignage de la démarche du combo basée sur l’austérité instrumentale. Citons par exemple, l’utilisation des silences à l’image d’un groupe comme The xx et des compositions qui cultivent une délicate toile ne comprenant rien de plus que quelques clefs d’accords, une guitare et les vocaux en soprano indistincts de Hannah Reid. Le trio londonien capture ainsi la fragilité émotive de la jeunesse plutôt que de se complaire dans une nuance indistincte de gris.

Cette approche de la mélancolie n’est pas nouvelle ; « Metal & Dust » doit par exemple beaucoup au « Unfinished Sympathy » de Massive Attack et beaucoup n’hésiteront pas à décréter que Hannah Reid est la nouvelle Sia Furler la chanteuse de pop/chill australienne. London Grammar délivre pourtant ses vérités avec la sincérité de ceux qui ont bataillé dur qu’il est difficile de les soupçonner d’apathie. « Sighs » est un exercice délicat dans lequel le crescendo de Reid ne masque pas l’émotion tout comme « Flickers » parvient à élaborer une atmosphère intimiste malgré une utilisation minimaliste d’une simple percussion accompagnant une voix a cappella.

Le trio parvient également à revisiter le « Nightcall » de Kavinsky en apportant à cette composition glaçante un climat dans lequel la respiration se fait chaude, décharnée et presque saignante prenant le pas sur le « chill » électronique de l’original.

Il y a dans cette volonté de recréation encore hésitante une forme de beauté qui émeut; il n’est que d’entendre la tentative de perfection qui entoure les chorus déchirants de « Wasting My Young Years » pour s’en convaincre. Au travers des ces relatives imperfections on ne peut que se dire que le groupe n’est pas loin de maîtriser la syntaxe de l’inspiration.

★★★☆☆

 

30 octobre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Summer Camp: « Summer Camp »

Avec ce disque éponyme, Summer Camp évitent les pièges du second album dans lesquels tombent si souvent les groupes. Alors que Welcome To Candale baignait dans la fiction ou le fantasme, nous avons ici quelque chose de plus proche de l’existence de ce duo britannique composé de Elizabeth Sankey et Jeremy Warmsley.

Comdale narrait la vie de personnages imaginaires dans une petite ville US du même nom, Summer Camp va plus loin que l’initiation adolescente et nous offre ici ce que grandir et devenir mature comporte, le tout raconté à la première personne.

Le background de journaliste de Sankey s’exprime au mieux dans des textes ouverts, n’ayant pas de honte à divulguer des émotions pendant que les références musicales rétros continuent à faire partie de l’univers du combo. Ceci n’empêche pas au disque d’avoir un parfum contemporain dans la mesure où iest question de témoigner aussi de la progression de son accomplissement artistique tout autant qu’émotif.

« The End » ouvre ’album ce qui est un choix apparemment pervers. Mais, au bout de quelques minutes, nous sommes plongés dans une forme de béatitude et d’élévation dont le carburant celui de changements de tempos, de bourrasques de mélodies et de sentiments tous axés vers la notion de carpe diem. Le duo se paiera même le luxe d’y mixer un écho de Twin Peaks preuve s’il en est que mature il est.

Si on fonctionnait par analogies on pourrait dire qu’ici Pulp a été remplacé par Blur avec un Stephen Street (Blur, The Smiths, Morrissey) prenant les manettes des mains de Stve MacKey (Pulp). Street a arrondi quelques uns des aspects bruts des musiciens et a crée un son plus chaud qui fait presque regretter que l’album ne soit pas sorti en été (en particulier si on pense à la scansion « dance » « Fresh » qui est une véritable tuerie.)

Ajoutons les loops samplés qui ajoutent immédiateté au disque et permettent à Sankey de lancer es vocaux en essor, aux tonalités presque câlines et à Warmsley de dérouler, en harmonie, des riffs de guitares rusés et efficaces et savourons les cérémonies pulsatoires de « Two Chords » tout autant que l’intime et touchante revendication qui clôt un bel album avecce« Pink Summer » enlevé mais sonnant comme un hymne.

★★★½☆

30 octobre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Califone: « Stitches »

Issu des cendres de Red Red Meat, pour devenir un véritable groupe Califone est pourtant articulé autour de la voix de Tim Rutili qui sonne à la fois abîmée par la vie mais toujours douce et presque tendre. On retrouve ici cette tendance à penser qu’émettre un vocable trop fort pourrait briser le charme qu’une musStichesique veut distiller, musique qui ici est trompeusement simple compsée qu’elle est de cuivres qui chevrotent avant de verser dans un ensemble plus ample et plein.

Comme toutes leurs précédentes production, Stitches se doit d’être écouter comme une entité et celui qui ne le ferait pas ne pourrait en être que frustré. Une des marques de fabrique de Califone est le crescendo mais il n’est utilisé que quand nécessaire, le groupe sachant qu’il se manifestera tôt ou tard dans la chanson suivante et que cette combinaison sera la plus efficace. « Bells Break Arms » mêle ainsi un rythme simple, des violons tourbillonnants et un piano mesuré mais ne permet jamais à l’auditeur de s’en échapper. Il s’agit ici d’une musique pour claustrophobes accentuée par la voicx intime de Rutili. On accueille allors plus volontiers ces moments où le groupe se lâche («  moonbath.brainsalt.a.holy.fool ») qui sonne alors comme une récompense de choix.

Stitches recèle pourtant quelques titres qui sont des morceaux en soi et qui contribuent à la structure d’ensemble en ménageant des pauses ; « Moses » en est un exemple, une admirable ballade qui se consume lentement avec un superbe accompagnement au banjo.

Dans une scène où le « single » et l’instantané semblent prendre de pkus en plus de place, il est agréable de constater qu’il existe encore des groupes comme Califone, capables de construire et de concevoir un album un peu comme les chapitres d’un livres et non des petites histoire rammasées dans une collection. Stitches est une belle addition à ce type de musique.

★★★★☆

30 octobre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Gingko: « Manopause »

Tout album solo que Manopause soit, le disque sonne énormément comme le projet d’un véritable groupe. Les débuts de John Grier sous le patronyme de Gingko le voient ici écrire tout le matériel tout en tournant avec son groupe Tapes ‘n’ Tapes et en intégrant durant l’enregistrement Jeremy Hanson et Brette Buillion pour ajouter des beats de Casio programmés ainsi que des percussions en « live ».

Toutes les compositions sont donc l’oeuvre de Grier hormis le noisy « Vitamin Friends » qui conclut Manopause de manière plus percussive avec Bullion y jouant la basse et la guitare.

Si on considère que Manopause sonne presque comme du Tapes ‘n’ Tapes et du Modest Mouse avec des tonalités dissonantes et lourdes et des structures de chansons pop et des vocaux ressemblant à Isaac Brock, il est impressionnant de constater combien l’artiste a été capable de recréer à lui seul le son d’un véritable groupe.

Il parvient par contre à donner également à son enregistrement une atmosphère bâclée comme s’il s’agissait de sessions « live » ce qui est aux antipodes du travail léché qui avait été accompli avec David Fridmann pour Tapes n’ Tapes sur Walk It Off ou le cohérent et méticuleusment façonné The Loon qui les avait vus sortir de l’anonymat.

Les titres ne sont pas particulièrement novateurs mais ils sont entraînant et failes à écouter. ON y retrouve l’esprit introspectif mais ludique de certains groupes des années 2000 comme le collectif Elephant 6. On notera aussi un œil très affuté pour des textures contrastées et détaillées grâce à une utilisation extensive des claviers, des guitares et de parties de basses très carrées ; le tout concourt à donner à l’album une ampleur bien plus grande que ce qu’on aurait pu attendre d’un projet solo. L’énergie qui y est mise donne un résultat plein d’un brillance plus qu’agréable tant elle semble ensoleillée.

★★★☆☆

30 octobre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire