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TV Ghost: « Disconnected »

Faudra-t-il que le «  revival » devienne un genre à part entière tant la plupart des styles musicaux semblent, en cette période, couverts par cette tendance  ? On a beau jeu de tacler ces artistes et de leur reprocher un manque d’originalité on ne peut que prendre en compte et accepter que, dans ce domaine comme dans d’autres courants artistiques, tout fonctionne en cycles.

Les modes y sont sujettes et, si le timing est correct, une étude de genre peut devenir un témoignage aussi valide que l’original. Ainsi peut apparaître la nouvelle contribution de TV Ghost avec son Disconnect.

Le groupe, comme en témoigne sa page Facebook, est parfaitement conscient du fait que les sons qui sortent de sa musique ont une tendance à agir comme des flashbacks d’un Ian McCulloch plus jeune et des heures heures glorieuses du post-punk britannique. Le vocaliste de TV Ghost, Tim Gick, adopte d’ailleurs cette même tonalité d’abandon mais il ne faut pas pour autant réduire Disconnect à cela.

L’album est une véritable ondulatione au travers de paysages gravés par des guitares en delay et en échos qui semblent ne jamais finir, de synthés subtils et de claviers fantomatiques qui ajoutent un substrat de musicalité quand les guitares envoient vers les cieux les vocaux profonds et acariâtres de Gick. Les percussions propulsent ce climat de manière continue aussi bien dans les refrains enlevés que dans ceux qui nous absorbent dans des atmosphères «  trippy  » qui frôlent le psyché-rock.

Le «  single  » qui ouvre le disque, «  Five Colors Blind  », est d’ailleurs un rocker à l’élan hypnotique dans lequel Glick se débat eu milieu d’effets de reverb passées à l’envers avant que le titre ne se termine sur des cris où voix et sonorités rivalisent de bruitisme anti harmonique. Les mêmes explorations psychédéliques accompagneront «  Placid Deep  » et «  Dread Park  » d’une manière suffisamment satisfaisante pour voisiner avec les morceaux plus «  pop  » et à dessiner ainsi avec Disconnected un voyage dynamique et riche dans les cavernes d’un Atlantis psychédélique.

★★★½☆

29 octobre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Volcano Choir: « Repave »

Quand Unmap est sorti en 2009, il reflétait le statut hésitant de cegroupe issu du Wisconsin. 2013 les voit revenir un deuxième album dans l’année, un Repave qui montre que Volcano Choir est désormais un vrai groupe et non pas un ensemble de musiciens accompagnant son leader, un Justin Vernon toujours aussi influencé par Bon Iver.

La confiance qui habite le disque est liée à un Grammy Award qui couronnait les sons amples et cinématographiques de Vernon, out comme sa voix au registre hallucinant. La comparaison avec Iver s’arrêtera là car Volcano Choir ne s’appuie pas sur des métaphores indéchiffrables pour étayer les errances musicales qu’il affectionne et se concentre surtout sur des compositions qui sont avant tout des hymnes avec une multiplicité de choeurs qui se répondent en canon et justifient d’ailleurs le patronyme du combo.

Le « single », « Bygone » et un appel aux armes qui se veut fédérateur avec des vocaux en crescendo dont la tension se fera explosive et qui sonnera alors comme un cri de guerre. « Alaskans » verra ensuite Volcano Choir aborder un registre plus intimiste centré sur une guitare acoustique minimaliste évocatrice de méalancolie et de vulnérabilité. Le titre de l’album prend de ce fait toute sa valeur puisqu’il est un appel à la reconstruction et qu’il donne une tonalité d’espérance omme des titres tels « Comrade » peuvent le suggérer.

Il y a donc une certaine cohérence dans la vision de Vernon même si celle-ci semble être un peu moins mise en avant que d’habitude. Des versatilités expérimentales tout comme une production méticuleuse tentent d’ailleurs de délaisser l’approche singer/songwriter qui caractérisait le groupe et, quelque part, on ne peut s’empêcher de penser que l’émergence de Volcano Choir en tant qu’entité est assurément le principal événement de Repave.

★★★☆☆

29 octobre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Nedelle Torrisi: « Nedelle Torrisi »

Nedelle Torrisi est une de ces artistes qu’il est difficile de cataloguer ; active depuis les années 2000, elle a enregistré avec Xiu Xiu, The Curtains, Sufjan Stevens et Ariel Pink. Après la séparation de Cryptacisze, le duo formé avec Chris Cohen, la voici de retour avec un premier album, éponyme, qui la voit aborder un registre assez familier pour elle : une pop assez théâtrale infectée par une influnece jazzy façon Quiet Storm et une once de R&B contemporain. On retrouve donc des chansons pop au sens actuel du terme, avec une avalanche de synthés et des vocaux baignant dans de la reverb.

L’allié le plus important de Torrisi sur ce disque est Kenny Gilmore, le producteur de Los Angeles (Ariel Pink, Haunted Graffiti) qui joue également la plupart des instruments sur cet enregistrement. Julia Holter et Dev Hynes contribuent également à accompagner la voix de Torrisi entonnant ses chansons d’amour de manière directe au cœur évanescent sur un arrière-fond divers composé de synthés vintage rappelant à la fois le space-rock psychédélique des années 60 et le R&B des nineties, des accords de piano à la façon de Steely Dan et des arpèges de guitares acoustiques flirtant avec la musique baroque.

De cette expérience qui la voit sauter d’un style à l’autre on notera le schéma « dance » de « Double Horizon », la jolie ballade au piano « The Perfect Timing » et la titre phare «Born To Love You » intervenant malheureusement vers la fin de Nedelle Torrisi. Les vocaux vaporeux et oniriques de la chanteuse sont, hélas, peu représentés ici ce qui donne pour résultat un « comeback album » acceptable et, peut-être ?, prometteur

***

29 octobre 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire