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Nine Inch Nails: « Hesitation Marks »

Trent Reznor revient à grandes enjambées avec toujours cette attitude musicale pleine d’emphase et de panache. Son hiatus a, comme souvent, duré peu de temps, il est de retour dans son cheminement (auto?)-destructeur et peuplé de bruits industriels. La question est alors  : que peut)il apporter après près de 25 ans de carrière ?

DansHesitation Marks on retrouve la même énergie impérieuse, avec un packaging qui semble être un patchwork musical, le tout axé vers une vérité toujours semblable à ce qu’elle était mais qui, en évitant la rage et l’angoisse habituelles en faveur de déclarations plus rationnelle, sonne, de ce fait, plus résolue, finale et comme insubmersible.

La tonalité générale est celle d’une marche assurée et consistante, mécanique et presque electro mais, à mieux l’écouter on peut y percevoir une pulsation plus organique et trompeusement primitive.

« Copy of A » semble reprendre là où « The Slip » s’était arrêté il y a cinq ans, avec une procession sombre et immaculée, conduite par le synthétiseur et véhiculant le doute et l’interrogation sur soi. C’est le premier indice indiquant que l’album va abandonner l’assaut sensoriel typique.

Le poison, s’insinuera, comme un goutte à goutte perfide tout au long des 14 plages. Plus on avancera, plus Reznor va satisfaire ses pulsions dormantes, ré-introduisant le funk de « Pretty Hate Machine » sur « All Time Low », le climat de « Year Zero » dans « Satellite » dans une superbe déconstruction du pop-punk. « Running » atteindra un paroxisme de paranoïa disco black sur un dance floor qu’on imaginerait peuplé de marionnettes. Une écoute intense trouvera nouvelles richesses dans le grincement des guitares, des lignes de basses bouillonnantes et les tapisseries orchestrales qui apportent couches sur couches de sons qui ne se répètent jamais.

Que dire de plus si ce n’est que, désormais, le paysage qui nous est proposé est nu et désertifié. Avec des balises imposantes qui jalonnent un chemin sinueux. Hesitation Marks dément en fait son titre dans la mesure où, s’appuytant moins sur les chocs soniques, il nous offre un dépouillement proche de l’ascétisme et par conséquent d’une véracité. L’ensemble peut se comparer à une vision panoramique lente comme un spectacle qui s’offre peu à peu sous nos yeux, dont l’excitation sera progressive et impitoyable, Nine Inch Nails a passé tant d’années à pratiquer le montage, le copier coller qu’il semblerait qu’ici Reznor était parvenu à coudre son propre Frankenstein, un Frankenstein lumineux et qu’il maîtriserait tant en nous laissant comprendre qu’il n’est jamais loin de pouvoir le déchaîner et de le faire sortir des archives dans lequel il l’a rangé.

11 octobre 2013 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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