No BS: Just Rock & Roll!

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No Age: « An Object »

Sur Everything In Between en 2010, No Age a nettoyé un peu son son de manière a mettre plus en avant ses mélodies et à créer un contraste assez excitant entre riffs harmonieux et une dissonance toujours prompte à pointer le bout de son nez. Sur ce disque suivant, No Age, le chanteur vocaliste Dean Allen Sprunt et le guitariste Randy Randall continuente d’explorer de nouvelles tonalités ainsi que des structures et une intsrumentation qui se veulent sans âge si on prend le titre de l’album au pied de la lettre.

Intérêt vers le raffinement donc, éloignée des racines punk initiales, avec une production minimaliste une attitude beaucoup plus « laidback » pour un album qui se définit en ces termes : simplicité et retenue. Mais toute médaille a son revers, ou tout revers sa médaille, dans le mesure où cette retenue à utiliser ce mélange où la clameur faisait bon ménage avec la cacophonie et sa formule de riffs accrocheurs affaiblit la dichotomie qui faisait de No Age un groupe exemplaire dans le registre qui a servi de socle à sa formation.

Du coup, par rapport à l’album précédent, celui-ci ne marque pas une rupture dramatique des trois disques précédents. Les guitares demeurent craquantes et à mi-chemin entre le grunge et le garage et des rythmes post punk mêlés à des atmosphères qui rocailleuses qui brumeuses. Quelques exceptions se font jour pourtant, la frénésie de « Circling With Dizzy » jalonnée d’effets de feedback et le savoureux morceauy alt-rock que constitue « Lock Box ». Les tempos seront donc plus atténués, préférant le « drone » à l’explosif (« Commerce, Comment, Commence ») et du shoegaze aux atmosphères menaçantes comme sur « A Ceiling Dreams Of A Floor » et son intereraction entre guitare et claviers.

An Object restera un objet ni trop dissonant ni trop abrasif, on ne pourra le soupçonner d’être anesthésiant ni excessif, mais demeurera imprévisible et trop erratique. Seuls les thèmes (malaise politique, instabilité sociale et le cynisme véhiculé par la complaisance) auront raison de ce compromis. C’est un peu maigre pour un disque qui, de compromis, passe à la compromission.

★★½☆☆

2 octobre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Sarah Neufeld: « Hero Brother »

Le violon de Sarah Neufeld tient un rôle essentiel dans la production de Arcade Fire. Ce peut être quand elle sert d’introduction bouillonnante et effervescente intervenant sous une guitare acoustique (« Neighborhood #4 (7 Kettles) » ou les balayages amples et lisses qui accentuent les lignes mélodiques (« Rebellion (Lies) » par exemple).

Son premier effort solo, Hero Brother, réajuste encore plus la chaleur qui émane de sa manière de jouer avec les cordes et rend encore plus manifeste un monde qui lui est propre ; un univers peuplé de mélodies qui vous hantent avec un travail de l’archet pourtant presque immaculé, à la fois vierge et primitif. Sans la dynamique assez vaste d’un groupe à son grand complet qui l’entoure, son plus hrand défi est de rendre intéressante une musique constituée essentiellement d’un travail au violon. Il est aisé, dès une première écoute, de sasir à quel point le talent de Neufeld se révèle à l’état brut ; il en faudra néanmoins plusieurs pour qu’une expérience entièrement novatrice se fasse jour à qui prend la peine d’écouter.

L’enregistrement en studio est, disons le, impressionnant et transforme Hero Brother en quelque chose de plus qu’un simple récital au violon. L’artiste utilise un falsetto qui semble se pâmer, des trilles de piano et d’autres arrangements à cordes pour intensifier l’intensité qui se fait jour derrière les multiples nappes de son instrument. La violoniste a aussi cette faculté innée d’habiller ses compositions avec une variété de scssènes comme des vaues qui se fracassent sur «  Breathing Black Ground », le crépitement d’un feu de camp et de subtils pivements de cordes sur « They Live On » ou les ruminations intimes et hiératiques d’un piano d’église sur « Forcelesness ». Enregistré dans des ambiances naturelles (des parkings de garage abandonnés, des halls d’orchestre ou des dômes géodésiques ces scènes vont prendre vie et grandeur grâce à la production de Nils Frahn.

C’est cette versatilité au violon qui fait de Hero Brother un album incontournable. On a comme la sensation que Neufeld réinterprète ce qui a cours dans son psychisme à chaque moment, en particulier cette passion irrésistible faite de doubles et soudains stops, de jeu permanent entre fréquences hautes et basses sur « Wrong Though » et « Right Thought » tous deux éléments établissant une distinction claire et presque didactique ente panique et calme intégral. Ainsi, « Wrong Thought » (pensée nocive) commencera par des mouvements rapides et aigus alors que « Right Thought » apaisera oreille et âme avec ses envolées presque angéliques avant, à nouveau, de véhiculer anxiété et suspense.

Il est indéniable que Hero Brother nécessite une plongée prolongée et intense avant que de pouvoir être appréhendé, compris et amalgamé en soi. Chose faite, cet effort ne peut être que captivant et gratifiant tant les talents de Neufeld sont protéiformes et avérés. Chaque plage démontre de manière presque évidente comment un simple violon peut devenir aussi addictif qu’un saxo ténor à son plus audacieux ou une guitare électrique dont les possibilités auraient été poussées jusqu’au bout de l’aspérité.

2 octobre 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire