No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Little Green Cars: « Absolute Zero »

Malgré leur jeunesse collective, Absolute Zero, le premier album de ce quintette de Dublin est imprégné de nostalgie et de récits de cœurs brisés. « Harper Lee » ouvre l’album et bombarde k’auditeur d’harmonies vocales et de textes bien structurés et introduit une dynamique entre les deux vocalistes Stevie and Faye pour le reste du dique. « My Love Took Me » Down To The River (To Silence Ma) » monterra une versatilité musicale avec une rythmique fortement influencée par le gospel et une incantation qui ne peut qu’évoquer celle de Florence Welch. Indépendamment des comparaisons, ce morceau attent des hauteurs assez remarquables en particulier grpace à la poroduction de Markus Drav : un élange de folk persuasif façon Mulmford & Sons et de grandeur héritée de Arcade Fire.

La plupart des plages sont imprégnés d’onomatopées mélancoliques qui attsient des braises allant dee chorus visant à l’élévation (« Angel Owl » ou « The Consequences of not Sleeping » à des pétillement plus puissants et punchy comme sur « Big Red Dragon » ou « The John Wayne » où les chorus sont presque grandiloquents. Le charme du groupe réside dans cet équilibre mais aussi dans le fait qu’il ne s’appuie pas uniquement sur eux et qu’il est capable de jouer des accords autour des chorus. Ici l’instrumentation devient plus complexe et elle se révèle dans les titres plus lents que sont « Please » et « The Kitchen Floor ».

La seule anomalie à ce disque résidera dans un « Red And Blue » dont la tonalité ambient et synthétique et l’utilisation du vocoder rompront tout sens de continuité à Absolute Zero.

Si ça n’était cela on ne pourrait que se réjouir de l’amalgame unique que fait Little Green Cars de ses influences diverses et se dire, qu’une fois digérées, elles permettront au groupe de parler de ses deux seules voix.

★★★½☆

16 septembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Interview de Crocodiles: « Partners in Crime »

Crime of Passion, le dernier opus de Crocodiles, tout en maintenant sa démarche «  noisy  » semble s’enfoncer dans une pop lumineuse et presque ensoleillée, un peu comme ces éclairs de lumière traversant le culte du ombre. Charles Rowell, un des membres dece duo de San Diego, en explique la procédure.

Crocodiles - psych Hi#94FAC - Copie

Un titre comme Crime of Passion, un morceau nommé «  Marquis de Sade  » vous paraissez ne pas avoir abandonné votre vision du monde (Rires)…

Oui mais il y a chez nous un peu plus de second degré, moins de sérieux si vous voulez. «  Marquis de Sade  » parle de sévices, certes, mais aussi du fait qu’on peut prendre plaisir à se les voir infliger. Tous nos disques ont un élément sombre parce que la lumière et l’obscurité font partie de notre mythologie. C’est pour cela que nous essayons toujours d’avoir un équilibre entre le bruit et la mélodie mais, sur ce disque, je crois que ce côté obscur est moins pris en compte.

Il y a presque un côté jubilatoire dans la scansion des cmorceaux.

C’est exact, nous étions dans un contexte moins stressant et il s’agissait pour nous de célébrer cette ambiancede manière presque festive. Nous avons passé un bon moment, même si pour nous, passer un bon moment signifie  : «  J’aime tout ce qui se situe dans le noir.  » (Rires)

Vous qui tenez aussi la basse, je me demandais si vous n’aviez pas été un peu influencé par celle de B.R.M.C.

Je les connais peu mais j’ai pas mal écouté leur premier album  ;  »Whatever happened To My Rock & Roll  » ou «  Red Eyes And Tears qui a, en effet, une super ligne de basse.

Il ya une sorte de mode autour du «  guitar rock  » depuis quelques temps  ; vous semblez vous en distinguer musicalement, tout comme de l’éthique «  noise pop  ».

Merci, c’est un de nos buts. Cette fois-ci nous avons cherche à écrire non seulement des pop songs , mais aussi des pop songs qui seraient parmi les meilleures. Je crois que sur ce disque nous sommes parvenus à obtenir les meilleures mélodies vocales et les meilleurs riffs possibles. Nous avons tous des guitaristes favoris et parfois nous regrettons qu’ils soient inégaux ou retenus. Je crois que sur Crimes of Passion tout est parfaitement adéquat  : chaque morceau possède un riff accrocehur, tout est ramassé, la reverb a le juste delay et rien n’y est noyé. Nous n’avons jamais considéré que nous étions un groupe «  shoegaze  ». On a toujours voulu écrire des chansons qui tiennent la route  ; on écoute les Stones, du punk mais aussi les Beatles. Il y a des groupes qui sont satisfaits d’être «  trendy  » ou brumeux et c’est comme ça qu’on perd la substance qui est pour nous la chanson en soi. Pour nous le rêve serait de composer une chanson que tout le monde reconnaissecomme les Smiths, les Byrds ou les Beatles.

C’est vrai que parfois la guitare est un peu «  jingle jangle  »

On adore les Byrds vous savez. On essaie d’écrire de la pop fuzzy, métallique et mélodique, avec un petit côté teigneux.

C’est aussi un disque très concis.

On a écrit plus de vingt morceaux alors que normalement ça n’est pas le cas. Le producteur nous a beaucoup aidé à ce sujet.

Que vous a apporté Sun Rose Wagner des Raveonnettes justement  ?

Il est très axé sur la pop vous savez. Il n’a pas changé énormément de choses  ; il est intervenu pour modifier certaines structures, mettre des chorus à d’autres endroits. Il s’est occupé des arrangements car nous sommes arrivés en studio sans aucun équipement. On len avait causé par e-mail et il nous avait déjà donné certaines consignes. Il aime les mêmes choses que nous, la pop music, le noise… On a donc utilisé ses instruments et c’est pour cela qu’il y a une coloration Raveonette dans ce disque.

Comme tous vos albums, il est «  noisy  ». Vous est-il difficile de trouver un équilibre entre votre approche pop mélodique et de vous entourer d’arrangements fuzzy et en distorsion  ?

Je ne trouve pas que ça le soit aujourd’hui. Crimes of Passion est notre quatrième album et notre identité est bien forgée désormais. On a passé beaucoup de temps à chercher quel type de groupe nous étions et je crois qu’aujourd’hui notre son est définitif. On a grandi sur la musique des Sixties, les Beatles par exemple…

Les Beatles, vraiment  ?

Bien sûr  ; c’est presque une évidence  ! On écoutait aussi Phil Spector et si vous ajoutez notre background punk…

«  Teardrop Guitar  » sonne comme une jam session…

On a écrit ça dans une chambre d’hôtel ; on était sorti boire un verre et, à notre retour, on a commencé à improviser pendant que Brandon chantait quelques vers. Je voulais que ma guitare sonne comme si elle pleurait.Les choses sont venues comme ça et ont justifié ainsi le titre. Sur « Cockraoch » ça a été presque lemême chose : une ligne de guitare puis une autre, de basse, qui nous sont venues comme ça. Crimes of Passion est tout sauf un album laborieux. Un fois que vous savez quel type de groupe vous êtes, il est assez facile de mettre les morceaux en forme. C’est la première fois où nous sommes totalement heureux du résultat alors qu’avant notre musique exprimait cette frustration. Nous n’aimions pas vivre à S an Diego et cette colère se reflétait. Sur la pochette, nous somems travestis et c’est pour signifier précisément à quel point nous sommes en accord avec nous-mêmes.

Votre approche du sexe, chose qui est toujours à l’esprit chez un Français (Rires,) est beaucoup plus subtile par comparaison à la pochette provocatrice de « Endless Flowers » votre album précédéent.

C’est sans doute parce que nous ne prenons pas ces choses aussi au sérieux. Je crois que nous na’vons plus besoin d’être provocateurs et que nous pouvons aborder le sexe de manière plus détendue.

En même temps quand on vous entend chanter « for your crimes of passion I can’t wait », c’est assez chargé.

C’est un morceau qui traite du plaisir qu’on éprouve à se faire malmener par sa petite amie. On s’était demandé pourquoi il n’y avait pas de chanson qui parlait du Marquis de Sade. Nous voulions que ce soit un titre joyeux et festif, une célébration du sévice. Le « crime of passion » n’est tout simplement qu’une référence à la pratique sexuelle que vous adoptez et qui apporte du plasir aux deux partenaires.

Çà révoque Jean Genet, est-ce mui que vous célébrez dans « Un Chant d’Amour » ?

On adore son film. Le morceau n’a pas été écrit par rapport à cela mais, une fois celui-ci terminé, il nous a semeblé logique de le nommer ainsi et de faire rééfrence à Genet. Tout comme dans le film, il y a une idée de séparation. Nous lisons beaucoup, en particulier les écrivains français, et je crois que sans la littérature Crocodiles ne serait pas ce uq’il est aujourd’hui. C’est une chose que je ne vois pas beaucoup dans l’univers du rock and roll d’ajourd’hui et je le regrette. Jadis il y avait des tas de groupes qui étaient ouverts à des écrivains comme Burroughs ou Allen Ginsberg c’est pour cela que nous souhaitions revendiquer fortement nos influences littéraires. C’est peut-être un peu trop forcé mais on voulait que les gens sachent ce à quoi nous visons.

Voyez-vous une hiérarchie entre la culture officielle et celle qi est plus populaire ?

Il n’y a rien de mieux que le « high art » et le « low art » réunis ensemble ! (Rires) C’est quelque chose qui est toujours là, « Sympathy for the Devil » a bien été écrit à partir du Maître et de la Marguerite de Bulgakov. Pour moi, c’est la combinaison parfaite.

 ssion

16 septembre 2013 Posted by | Conversations | Laisser un commentaire

Martin Simpson: « Vagrant Stanzas »

La tradition folk de Martin Simpson est imprégnée de récits tragiques, (souvent politiques et sociaux) et, de ce point de vue, la voix mélancolique de cet artiste britannique sonne fortement influencée par le blues. Vagrant Stanzas véhicule ainsi quelque chose de profondément sombre, peut-être même plus que sur ses disques précédents.

C’est un album périlleux à écouter car il est captivant servi qu’il est par une virtuosité à la guitare qui n’est pas sans rappler celle de Richard Thomspon ou Bert Jansch. Le bonus est que sa technique irréprochable n’est pas démonstration mais se met au service de touches musicales délicates et subtiles.

Le titre de l’album fait référence à ces vers sans suite précise, flottant dans le répertoire folk et réapparaissant de facçon récurrente sous différentes formes. La tradition de ce genre est fortement imprégnée d’adulation pour ses ancêtres ; les morceaux d’un album, y compris ceux écrits dans la dernière partie du XX° siècle, les titres plus politiques façon Dylan ou Leon Rosselson, ceux ancrés dans la poésie comme ceux de Leonard Cohen nous renvoient toujours à l’histoire de gens ordinaires et donne vie à une expérience universellement partagée qui transcende l’apparence triviale du quotidien raconté.

Simpson a ce don de rendre immédiat la nature pérenne de certaines choses, et il est, à cet égard, beaucoup plus contemporain que la plupart de ces artistes « nu folk » qui sont à la mode. Il n’y a rien de désuet à ses attaques aiguisées de guitares et à sa dévotion infaillible à l’ici et au maintenant de ses interprétations. La plupart des titres ont été enregistrés en solo, avec une seule prise et co-produits par un Richard Hawley semble gagner de plus en plus cet autre titre de noblesse. Les quelques overdubs discrets ne servent qu’à mettre en valeur textures et climats, « Waly Waly » par exemple et son rendu proprement enfantin.

Voisine avec ces tonalités soyeuses des exécutions farouches comme un acier tranchant, évoquant avec sobriété le sang , la terreur ou la passion qui peuvent nous consumer ; Vagrant Stanzas est tout sauf un album de vers libres qui semblent n’aller nulle part : en ce sens il contredit avec maestria le titre dont Simspon l’a affublé.

★★★½☆

13 septembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Glen Campbell: « See You There »

Depuis l’annonce qu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer, Glen Campbell, 77 ans, a reçu maints hommages de la scène musicale, pas uniquement country d’ailleurs. Récompensé par un Award et un Grammy, il a même effectué une tournée qu’on peut considérer comme étant un adieu personnel. See You There est clairement son dernier album et il est, une fois de plus, une invocation religieuse de la foi qui a guidé Campbell depuis qu’il s’est détourné de la drogue et de la boission suite à son divorce.

En 2011, en même temps que Ghosts on the Canvas, il avait ré-enregistré quelques parties vocales de quelques unes de ses meilleurs compositions. Sur cet ultime opus, les producteurs Dave Kaplan et Dave Darling leur ont donné un nouveau coup de pinceau et, même si le parfum country est toujours présent et imprégné de nostalgie (sur « Wichita Lineman » ou l’instrumental à la slide guitar qu’est « True Grit » par exemple), de nombreux changements sont perceptibles, teintés pour la plupart d’une aura crossover country propre aux années 70.

La décision la plus importante a été de supprimer toute trace des cordes qui orchestraient les versions originales, donnant à l’ensemble une tonalité plus intime et dépouillée qui n’est pas sans évoquer les ultimes enregistrements de Johnny Cash si on peut oser cet apparentement avec deux personnalités si différentes. « Rhinestone Cowboy » est ainsi accompagné par une guitare acoustique frappée délicatement avec une légère section rythmique qui revisite cet vieil hymne et le transforme en une aria country. « By The Time I Get To Phoenix » est dépecé de toute enjolivure pour ressembler à du Burt Bacharach et les arpèges rapides de « Gentle on My MInd » ont été remplacés par des discrets accords de guitare électrique.

Fondamentalement, ce qui importera est également la façon dont la voix de Campbell a muté : au temps jadis il était un ténor, aujourd’hui il sonne beaucoup plus comme un baryton. Cette métamorphose donne aux morceaux une tonalité plus empirique et réelle et apporte plus de poids à ce qui pourrait être son épitaphe quand il annonce sur « Galveston » : « I ‘m so afraid of dying ». C’est désormais un vieil homme qui chante et il nous offre ici un magnifique adieu dont les jeunes musiciens feraient bien cas de s’inspirer.

★★★★☆

13 septembre 2013 Posted by | Quickies | , , | Un commentaire

The Fuck Buttons: « Slow Focus »

Avant qu’elle ne devienne quelque chose qu’il suffisait de télécharger librement sans qu’on ait un quelconque sens de sa signification ou de sa longévité, la musique était un art. Ça n’est pas un moindre paradoxe que ce soit un groupe issu du courant « electro » qui parvienne à nous le rappeler. Slow Focus est le troisième album des Fuck Buttons et ils ont construit un véritable disque dans lequel le son assure différents sens, parfois sombres et inquiétants, parfois plus entraînants. Toujours doté d’une complexité que le duo britannique composé de John Power et Andrew Hung maîtrise il donne envie, de par son élaboration, ne pas de s’en éloigner mais de s’y plonger et y revenir encore et encore.

Il n’y aura ici pas besoin de paroles pour prendre en compte la puissance évocatrice qui court à chaque plage. « Brainfreeze » est un exemple de brillance mécanique tournoyant sur près de huit minutes et chaque titre sera une démonstration de flux et de reflux suintant avec facilité mais aussi application machiavélique. La production, quant à elle, est semblable à une ascension de gratte-ciel, comme si l’horizontalité des mouvements marins ne suffisait pas. ‘Sentients » est par exemple, un morceau lancinant à la rythmique presque organique, comme si Fuck Buttons renouaient avec la nature primale de l’humain et « Pince’s Prize » présente un véritable assortiment de bruits rétros mais aussi chargé de fuzz et de synthétiseurs caquetant comme si ils étaient immémoriaux. Le titre débouchera sur les tonalités sinistres de « Stalker », un des deux morceaux de plus de 10 minutes qui va conclure Slow Focus avec « Hidden Xs ». Ce dernier est indéniablement le morceau phare de l’album avec ses motifs répétitifs qui, peu à peu, pénètrent l’esprit de façon insidieuse jusqu’à ce que l’osmose soit totale.

Slow Focus alternera ainsi beauté cristalline et passages bruitistes, sales et acerbes mais ce sont ces soubresauts qui rendent l’album addictif et impactant. Il n’est presque pas surprenant que The Fuck Buttons aient été choisis, parmi d’autres, pour participer à la cérémonie des Jeux Olympiques de Londres.

★★★★☆

12 septembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Pop.1280: « Imps of Perversion »

La profession de foi de Pop.1280 est on ne peut plus explicite quand on sait qu’ils tirent leur nom d’un roman de Jim Thompson et que leur premier album était titré The Horror. Celui-ci était un véritable florilège de compositions goth-punk abrasives peuplée de références à des tueurs en série, des copulations animales et des bruits de lames de métal. Qu’ils aient rejoint le label de Brooklyn Sacred Bones est une preuve supplémentaire que leur intention est de terrifier nos sens auditifs.

Imps Of Perversion approfondit encore cette démarche d’une façon méthodique qui ne fait que donner plus de poids à la folie revendiquée. Le leader, Chris Bug a une manière de s’introduire dans le chaos musical plus nick caviennne que Nick Cave. Il le fait en riant de manière démoniaque (« Lights Out », « Naihouse ») et, même quand les synthés analogues de « Human Probe II » tendent à apporter un tout relatif apaisement, l’univers du groupe semble encore plus purulent que sur The Horror.

Sur « Lights Out » il est question de cracher son venim sur une personne qui se meut comme un rêve érotique et qui laisse derrière elle une substance non identifiée, impressionnisme lyrique et sombre servi par un phrasé qui semble une éructation permanente et des riffs de guitares torturés. S’ajoute à cela une imagerie qui semble se repaître dans le salace (« Do The Anglefish » ou « Coma Baby »).

Toute cette approche axée sur l’anomalie se fait jour au travers de Imp of Perversion : des lignes de guitares caustiques, bruits de tonnerre et de planchers éventrés, basse aux fumets acides ; il s’agit ici d’un disque « noise punk » dans toute sa splendide horreur évoquant les films de Carpenter et la musique de Suicide ou The Birthday Party. Imp of Perversion est un hymne au chaos de cette relation incestueuse qui unit un artiste à son public ; dans le cas de Pop.1280 il en est un symptôme encore plus emblématique.

★★★½☆

12 septembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Faber Drive: « Lost In Paradise »

Faber Drive est un combo pop-punk canadien dont une des démos a attiré l’attention de Joey Moi, le producteur de Nickelback au milieu des années 2000. Un peu comme Good Charlotte, le groupe a un répertoire composé de chansons pop « radio friendly », aux percussions puissantes et aux riffs accrocheurs et en légère distorsion mais qui n’arrivent pourtant pas à dissimuler le côté sirupeux.

Leur deuxième album, Seven Second Surgery, leur a permis d’atteindre le Top 40 en 2007 et Lost In Paradise peut être perçu comme une suite logique à leur évolution. Celui-ci va, en effet, s’éloigner de manière significative de leurs racines « punk commercial » pour mettre en place des sons électroniques orientés vers la dance ou la synth-pop des années 80. La production va être typique de la dite période, gros son et gros budget, comme va l’indiquer le titre d’ouverture, un « Set It Off » qui semble comme introduire une « party ». Tout va ensuite enchaîner les clichés electro-pop : vocaux fragmentés, chorus festifs et même un vague dubstep. « Candy Store » brisera un peu cette recette en démarrant sur une guitare acoustique avant que le rappeur Ish ne se mette à réciter une liste invraisemblable des sucreries. On se retrouve alors dans une routine quelque peu ennuyeuse ; celle de la pop triviale et ronronnante façon Train ou Jack Johnson.

Au final Lost In Paradise se résumera à un nombre conséquent d’hymnes disco-dance (« Dead On The Dancefloor », Don’t Stop ») dont la verve heavy pop a disparu. Même s’il ne s’agit que de baisser les guitares au profit des synthétiseurs, l’effort semble trop clinique une fois que le clinquant de la production a disparu pour ne laisser place qu’à des morceaux interchangeables.

★★☆☆☆

12 septembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Drowner: « You’re Beautiful, I Forgive You »

Comment ce groupe composé de cinq musiciens définit-il sa musique ? Il évoque des termes comme passionné, gigantesque, arty auxquels on pourrait ajouter des qualificatifs comme shoegaze et dream pop. Il se réclame aussi du gospel lysergique façon Spiritualized et il est vrai que des morceaux comme « Glow », « Metro » ou le « single » « Stay With Me » ont une intensité plutôt massive alors que des compositions plus downtempo de la trempe de « Mirror » ou « Not There » ont tendance à se faufiler, voire s’égarer, dans des textures plus spatiales et que la dream pop est finement représentée sur les titres aériens et délicatement amplifiés que sont « On Bright Days » et « Auto Zen ».

Il est certain que Drowner est à l’aise, par rapport à son premier E.P. pour s’affranchir de leurs influences premières et qu’ils n’hésitent pas à virer vers des schémas plus expérimentaux. On retrouve tous les éléments habituels du shoegaze et de la pop mais ils sont ici nuancés avec des vocaux multi-couches mis en avant et un équilibre entre bruitisme, chatoiement et musicalité judicieusement défini. L’instrumentation n’est, non plus, pas en reste dans sa diversité puisqu’elle se pare d’un piano chaleureux (« You ») et même d’une slide guitare lui donnant un parfum country-soul.

Même si ils ne s’en réclament pas, on peut penser parfois à Cocteau Twins dans la façon qu’ils ont d’oeuvrer dans des paysages cinématographiques où le son est se consume lentement mais garde toujours une puissance lyrique évocatrice. You’re Beautiful, I Forgive You est un disque qui peu à peu lorgne vers la musique « ambient » ; il y parvient plutôt bien pour un groupe discret qui pourrait bien être un des secrets les mieux gardés de l’indie-pop.

★★★☆☆

12 septembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Eros & The Eschaton: « Home Address for Civil War »

Les duos musicaux épouse/mari ne sont pas légion ; Eros and The Eschaton cache sous ce nom sybillin un couple dont, l’entente semble dépasser la cadre familial. On pourrait citer Ira Kaplan et Georgia Hubley de Yo La Tengo ou Thurston Moore et Kim Gordon de Sonic Youth, June Carter et Johnny Cash ; on peut ajouter sans hésiter à cette liste Adam Hawkins et Kate Pedroni.

Leur premier album, Home Address for Civil War, s’ouvre sur le faible bruit d’un bébé qui pleure avant que « 20 Different Ways » ne soit immergé dans couches et couches de guitares en plein élan et de percussions grandioses laissant peu à peu la place à la voix douce et soyeuse de Pedroni. Contrepoint parfait, c’est une introduction idéale à un album qui regorge de pépites musicales. « Carry The Water » nous fait partager des vocaux rêveurs, ceux de Hawkins cette fois, tandis que les harmonies flottantes du duo se fixent magnifiquement dans cette pop shoegaze dont Eros And The Eschaton est porteur.

Le premier « single », « Heaven Inside », ne dérogera pas à cette qualité musicale, titre shoegaze dans son aspect le plus pur : lourds effets de guitares et persistance de la batterie pour créer un chaos sonique sur lequel les harmonies du couple captivent l’oreille et retiennent l’attention à l’image de cet « Over And Over » et sa lancinante litanie.

Au-delà de la musicalité et de son adresse technique, le couple parvient ainsi à distiller une musique qui est à la fois pleine d’énergie indie-rock et de suavité dream-pop ; Home Address for Civil War n’est pas qu’un album shoegaze de plus, il est aussi un disque empli de cette chose rare qui se nomme le cœur.

★★★★☆

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Dog Party: « Lost Control »

Gwendolyn and Lucy Giles composent ce duo, dont la musique abrupte est surprenante quand on considère leurs âges respectifs, 17 et 15 ans. Ayant joué ensemble depuis le collège, elles ont évolué des légers chahuts qui composait leur premier album P.A.R.T.Y. All Night vers un troisième opus, Lost Control,qui les voit adopter (nouveau label aidant?) une maturité assez saisissante balançant entre l’excitation de pénétrer dans le monde adulte et la peur de s’y noyer. Cela se traduit par une musique pop punk pétillante rappelant The Soviettes, The Queers ou The Epoxies.

Alors que leur premier disque essayait laborieusement de se frayer un chemin à travers une mosaïque de tonalités lo-fi, Lost Control témoigne, au contraire, d’une approche sonique croustillante et pleine d’allant faisant de Dog Party un « power duo » dont les accords de guitares peuvent aisément revendiquer ce premier patronyme. Les riffs sont puissants et emplis de cette sève juvénile qui leur donnent toute sa saveur et les harmonies vocales, bouillantes, sont parfaitement en phase avec la façon dont ils sont assénés.Le jeu de cymbales de Lucy est, en outre, fracassant et écumant ; que ce soit sur des « rockers » percutants comme « Flamingo Go » ou des morceaux en crescendo de la trempe de « Lost Control ».

Des titres comme « Jet Pack » ou « Los Angeles » font fi de l’attitude blasée et puérile de leur premier disque et d’autres comme « Best Friend » et « I Can’t Wait » confirment leur maestria à domestiquer les procédés du genre adopté. L’amour et la perte qui jonchent leurs textes sont une affirmation d’indépendance mais aussi la conscience des aspects les plus graveleux du monde. Ces courants sombrent jalonnent la pop faussement « bubblegum » de Dog Party signe sans équivoque que les deux sœurs sont prêtes à affronter ce qui les attend.

★★★☆☆

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