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White Hills: « So You Are…So You’ll Be »

Un disque qui débute, dès la plage deux, par une guitare frappée de manière chaotique (« In Your Room »), le psychédélisme propulsif qui accompagne la chanson titre ou la menace glaçante et industrielle qui jalonne « Circulating » ; So You Are…So You’ll Be des New-Yorkais de White Hills réclame toute l’attention que des jams de guitares de sept minutes jouées plein volume peuvent solliciter.

Comme sur leur disque précédent, Frying On This Rock, le chanteur guitariste David W. a recruté l’ingénieur du son Martin Bisi (Sonic Youth, Swans) pour aller encore plus loin dans l’aspect abrasif qu’il souhaite conférer à son « space rock ». « Rare Upon Earth » par exemple sera un titre où la guitare explosive mettra vos tympans à rude épreuve, circonvolution musicale qui flirtera avec le pandémonium de Frying on this Rock ou du disque qui le précède, H-P1, et « Forever In Space » pourrait aisément passer pour une collaboration déchiquetée entre les Stooges et Mudhoney.

Le disque recèlera pourtant des moments d’accalmie où l’anarchie se fera moins hirsute. On aura droit à des pulsations plus calmes. Les bips tout droit issus de jeux vidéos (« InWords », « Outwords ») sont plus des passages de remplissage que des éléments notables mais ils démontrent que White Hills savent aussi bien maîtriser la tempérance que la frénésie. À ce titre, « The Interior Monologue » sera emblématique du dépouillement (recueillement?) auquel le combo peut parfois aboutir, avec des synthés sous-jacents et un feedback fascinant . La basse presque laborieuse de « MIST (Winter) » et ses guitares sinueuses flirteront avec le stadium rock ; nouvelle et timide incursion vers d’autres univers où les ombres de Hawkwind disparaitront au profit de pratiques moins stroboscopiques.

★★★☆☆

29 septembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Valerie June: « Pushin’ Against The Stone »

Parler d’authenticité en matière de musique c’est toujours s’exposer à certains risques. Il est vrai pourtant que certains styles s’y prêtent plus, en particulier quand il s’agit d’artistes qui sont issus d’un creuset originaire de Memphis qui ont eu un rôle crucial dans la naissance et le développement de nombreux genres.

Cette ville a, en effet, l’épicentre d’une région où naquirent le blues, le gospel, la country et la soul, avec un nombre de talents qu’il serait impossible d’énumérer. Les artistes qui ont, par conséquent, eu la capacité d’absorber toutes ces tonalités ne pouvaient sonner comme n’importe qui. Valerie June fait partie de ces artistes qui perpétuent la tradition Memphis et Pushin’ Against The Stone est son premier album « officiel », ceci voulant dire qu’il ne s’agit pas d’un disque auto-produit.

L’étonnant pour une chanteuse si « novice » est la manière dont elle parvient à amalgamer toutes ces influences sus-nommées et, ce faisant, de maintenir une voix véritable, originale et constante tout au long de l’opus. Que ce soit du gospel qui semble s’élever d’un chant d’esclaves que constitue « Somebody To Love » , sur le « twang » country émanant de « Tennessee Time » ou le garage soul qui s’élève de « Pushin’ Against The Stone » on retrouve une patte fondamentale et diablement originale grâce, en particulier, à la production de Dan Auerbach des Black Keys. Il aurait été, en effet, aisé de convaincre la jeune Valerie June de construire un album qui soit comme autant de « singles » potentiels mais Pushin’ Against The Stone est un de ces rares exemples où la chanteuse a opté pour mettre en avant une aptitude innée qui n’a que faire de ces considérations. Qu’elle y parvienne à cette vitesse est confondant et montre que, comme compositrice ou chanteuse, nous avons à faire à un talent dont les ressources semblent illimitées.

★★★☆☆

29 septembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Travis: « Where You Stand »

Travis n’a jamais été un groupe cool malgré le fait qu’il ait enregistré avant le Parachutes de Coldplay deux albums de la même trempe que celui-ci. Dix ans plus tard l’analogie est désormais obsolète car, alors que ces derniers ont, depuis, embrassé des atmosphères grandiloquentes et un prêchi-prêcha à vocation universelle. Travis, tout en maintenant cette touche diaphane, a choisi de poursuivre qui a peu varié faite de brit-pop post Oasis et de climats plus introspectifs.

Where You Stand est son septième opus et il est un excellent rappel des qualités dont Travis peut faire preuve. À la différence de Ode To J. Smith et de ses guitares rocailleuses , ce nouvel opus adopte une disposition contemplative et mature

L’instrumentation s’y conforme, des accords acoustiques frappés méticuleusement, des guitares électriques étouffées mettant en valeur le cliquetis d’un folk aéré (« Mother »), une power pop mesurée « On My Wall ») ou un rock étincelant (le carillon de la chanson titre) et les subtiles poussées de la batterie de Neil Primrose. La voix de Fran Healy s’ajuste à ce climat avec une résonance dont la patine est comme érodée sur des morceaux comme « A Different Room », la ballade « Moving » ou l’inflexion crooner qui jalonne un « The Big Screen » accompagné au piano.

En dépit de ce registre familier, Travis va pousser proposer quelques excursions aventureuses ; « Another Guy » sera tranchant et presque vindicatif avec une mélodie en accords mineurs, « New Shoes » verra Travis épouser la cause hip-hop avec un piano dépouillé rappelant un Gorillaz unplugged., enfin « Boxes » réintroduira une production luxuriante et chargée de type Death Cab For Cutie.

Disque agréable, parfois même beau, on sent un Travis là où il se situe (where he stands), partagé entre cette mélancolie qui lui va si bien et essayer de se mettre à jour par rapport à des nouvelles tendances qui sont presque contre nature pour lui. Le groupe a toujours son propre univers, on ne peut qu’apprécier l’effort qu’il fait à vouloir embrasser un autre monde de ses bras.

★★★☆☆

29 septembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire