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Franz Ferdinand: « Right Thoughts, Right Words, Right Action « 

Le côté débonnaire de la musique de Franz Ferdinand a toujours transcendé ses influences et c’est ce qui a permis au quatuor britannique de rester pertinent depuis presque une décennie. Il est certain que les inspirations du groupe – l’indie-op écossaiuse du début des années 80, les observations culturelles et sociales de quelqu’un comme Jarvis Cocker, le disco-punk graveleux et le rock « art school » anglais – sont les outils appropriés pour leurs textes malins et à l’acerbité souvent cynique.

Dans le monde de Franz Ferdinand, on peut ainsi trouver autant de sens dans les machiinations peu scrupuleuses et égoïstes d’un séducteur que dans une rupture cruelle, un coup crapuleux, sordide et vite fait ou, en l’espace d’une nuit, à s’adonner à toutes les débauches.

Right Thoughts, Right Words, Right Action est le quatrième album de Franz Ferdinand, et le premier depuis 2009. Fidèle à la démarche du groupe il contiendra un mélange assez fluide entre commentaires prosaïques et notions plus cérébrales, avec les thèmes familiers que sont ceux de l’amour destructeur, du désir romantique voué à l’échec ou des adieux toujours aussi difficiles à faire. D’une façon générale, les paroles vont se montrer plus réflectives. Ainsi « Fresh Strawberries » va s’interroger sur l’existence éventuelleld’une pouvoir supérieur capable de donner une sens plus profond à l’existence tout en avouant son incertitude à où le trouver ou ses doutes quant au sens de cette quête. « Evil Eyes », va, lui, mettre en avant des tendances athées et le protagoniste perturbé de « Treason Animal » va énumérer de qui il est amoureux successivement (une némésis, un narcissiste, un pharmacien, un psy, etc.) pour conclure à chaque fois sur ce qui lui a été révélé  : « Je sais ce que le miroir m’a dit . » C’est un titre dérangeant, qui se terminen sur une note encore plus désespérée et résignée : le constat que quelque chose ne fonctionne décidément pas.

La musique, elle aussi, montre que le groupe a grandi. Le pub rock de Nick Lowe ou le proto-punk des Stranglers sont là, tout comme les riffs de claviers accrocheurs façon Squeeze. Les orgues murmurent sur une bonne quantité de titres, par exemple le rock minimaliste de «  The Universe Expanded » ou la mélodie teintée de surf du pub-rocker « Brief Encounters ». Le clavier prendra une place essentielle sur un « Goodbye Lovers & Friends » rappelant Cure à son plus percutant et heavy et adoptera même un tour encore plus étrange sur un « Love Illumination » qui met en scène un orgue loufoque, des cuivres aigus et un pont presque « classic-rock ». Le titre phare sera « Stand on the Horizon » démarrant comme un hymne dico-punk bouillonnant avant de se catapulter dans un coda qui, à perte de son, mêlera mélodies vocales se chevauchant et arrangements à cordes oscillant entre le glam et la soupe.

De toute évidence Right Thoughts, Right Words, Right Action est un album tout en nuances et en subtilités, et il constitue sans doute le disque le moins accessible du groupe. Il sera peut-être plus rassurant de se frotter au fracas habituel de morceaux post punk comme « Bullet » ou « Right Action », ou à un « Evil Eye » qui rappellera The Clash mais en étendant son univers et sa vision du monde, qu’elle soit thématique ou musicale, le groupe qu’il s’est confortablement installé dans un schéma de carrière propre à lui garantir une certaine longévité.

26 septembre 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire