Crocodiles: « Crimes of Passion »

Le quatrième album d’un groupe, en l’occurrence Crimes of Passion du duo noise pop de San Diego Crocodiles, est signe que le combo est parvenu à survivre aux tournées, aux tensions et qu’il est parvenu à peaufiner son et vision. Bien des artistes (Queen Led Zep, U2, Radiohead ou R.E.M.) ont défini leur statut à cette étape, maturité et longévité, et quelque part, on peut estimer que Crocodiles ont cimenté ici l’empreinte qu’ils peuvent aspirer à laisser.

Crimes of Passion excelle dans la mesure où il commence à se différencier du fuzz et du shoe-gaze et qu’il abord des territoires où se décèlent harmonies et refrains presque joyeux et ensoleillés. Bien sûr tout cela ne fait encore que surnager à fleur d’eau discrètement, à l’image de ces reptiles qui ont donné leur nom au groupe, et le son reste encore imprégné de distorsion et de flou mais la migration va s’avérer subtile et délicatement passionnée.

Une preuve ? Le titre d’ouverture, « I Like It In The Dark » débutant sur un riff enjoué au piano ansi qu’un tambourin pour ensuite se fondre à quelques incursions dans le gospel avant de renouer avec la tradition originelle de Crocodiles : le fuzz et la noise-pop.

Tout l’album se singularisera d’ailleurs par une ambiance proche de la béatitude (phrasé presque « fun » à mille lieux de ces climats menaçants si souvent traduits par d’autres ensembles oeuvrant sur le même registre, solos de guitares à peine esquissés mais tranchants sur « Heavy Metal Cloud » par exemple, ou riffs carrément blusey sur l’excellent « Cockroach »).

Le duo passera ainsi allègrement de la six cordes virulente et très math-rocks de « Virgin » à la conclusion de ses Crimes de la Passion, lce « Un Chant d’Aour » qui le voit se mouvoir avec fluidité vers des atmosphères carillonnantes, claquant impérialement au vent d’une percussion lumineuse qui enrichira un délicieux travail à l’harmonica.

Voilà un album à la fois « fun » et joyeusement coquin ; il s’est emparé des climats radieux de la West Coast pour nous délivrer des sons où le lumière l’emporte sur les tréfonds. Il n’a âs néanmoins oublié ces derniers, c’est ce qui donne un charme insidieux et subtil à ces crimes que la passion autorise.

★★★½☆

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