The Love Language: « Ruby Red »

Le deuxième album de Stuart Mc Lamb, Libraries, avait musclé la lo-fi de son projet alternatif, The Love Language grâce à ses orchestrations lustrées et ses mélodies accrocheuses. Ruby Red, trois ans après, pousse un peu plus loin son territoire musical constitué d’énergie et d’expérimentation, tout en laissant de côté le relâchement tintinnabulant qui lui conférait un aspect « fun ».

À la limite, on trouve parfois une interprétation joyeuse qui donne à ses tourments émotionnels un peu de lumière et d’élan, y compris dans les titres les plus intimes mais cette touche personnelle est en grande partie absente de ce nouvel album. Elle l’est d’autant moins que le disque a été enregistré avec plus de 20 musiciens venant de plusieurs parties des USA ce qui donne efficacité à cette machinerie complexe mais lui ôte une grande partie de son âme.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de création artistique collective mais, en se préoccupant trop souvent de nous délivrer des épopées indie-pop expansives, l’excentricité non dépolie de McLamb semble se perdre dans cette activité.

Ruby Red est ainsi chargé de compositions ambitieuses, avec des instrumentaux qui forment ici un véritable arsenal où l’attention prêtée à la structure se fait si méticuleuse qu’elle appesantit ce qui était la point fort de McLamb, ses mélodies enlevées et légères.

« Calm Down » va démarrer sur une guitare familière puis évoluer très vite vers des claviers au frappé comme asséné puis une glockenspiel en distorsion. Cette clameur est, ici comme ailleurs, contrôlée, tout comme les six cordes cacophoniques de « First Shot ». Ça n’est que sur une ballade sophistiquée « Golden Age » que le disque parvient alors à nous toucher ou sur l’épique morceau final, « Pilot Light » que l’artiste semble enfin trouver la faculté de pondre un hymne à la hauteur de ses ambitions.

The Love Language feraient peut-être bien de réécouter leurs opus précédents pour fournir un véritable cœur à des chansons qui, précisément, parlent de chagrins d’amour.

★★½☆☆

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