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Hebronix: « Unreal »

Il est curieux que pour son premier album solo sous le nom de Hebronix, Daniel Blumberg entame Unreal par la phrase : « I am not in control. »

C’est pourtant un sentiment de liberté qui marque l’ancien leader de Yuck et de Cajun Dance Party. Peut-être même un peu trop dans la mesure où le disque se distingue totalement de ses travaux précédents en abandonnant ce rock flamboyant et fanfaron à la Dinosaur Jr. pour six titres sonnant irréels en effet tant ils sont ralentis par une sorte de stoner rock paresseux s’étirant sur 7 ou 8 minutes tout au long de ses six plages.

Langueur et onirisme comme sur « Unliving » invitant à « fermer ses yeux », rêverie accentuée par une voix chuchotée, des guitares à peine frappées et ce don de la ballade majestueuse que possédait Pavement. « Wild Whim » suivra un format similaire, un voyage éthéré dans ce que le rock alternatif peut proposer, avec, quelques élans plus virulents marqués par une fuzz à la Teenage Fan Club.

« Viral » Blumberg marmonne des vocaux à la limite de l’assonnance, approche post-rock aidant, mais « Garden » ou « The Plan » marquent très vite les limites de ce rock aux contours labyrinthiques tant il s’avère systématique. Au fond Unreal est un disque qui est symptôme d’affranchissement avec cette compulsion qui en découle, explorer des territoires qui lui soient nouveaux.

Le problème est que ceux-ci ressemblent plus à ce rock indé fort en vogue tout au long des années 90 avec son cortège d’instruments à vent désaccordés, de violons hantés par l’égarement et d’un improbable métissage de « grunge-jazz » et de « indie-funk ».

Unreal est un effort ambitieux à dénicher de nouvelles structures soniques mais on ne pourra pas ne pas être perdu dans le dédale qui le constitue.

★★★☆☆

25 juillet 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Letlive: « The Blackest Beautiful »

Quand ce groupe post-hardcore explosa dans la conscience rock de L.A. en 2010 avec Fake History on chercha tout de suite des comparaisons faciles.Les parallèles avec Refused et Glassjaw suffirent dans ce premier temps pour lui permettre d’acquérir une audience convenable mais ce bon sens mettait en évidence un manque de créativité dans une optique de carnage contrôlé.

Ce troisième album, The Blackest Beautiful, les voit enfin, frénétique tel qu’il est, adopter une approche plus spécifique.

Le chanteur Jason Butler reste toujours la pièce maîtresse du combo avec une voix pleine de mordant qui restera cramponnée en cinquième (voire sixième) vitesse tout au long des 11 plages qui composent le disque.

Mais, à l’inverse de Fake History, ses performances ne sont pas systématiquement incendiaires et font preuve d’une certaine aisance modulée. On s’en rend compte dès le titre d’ouverture, « Banshee (Ghost Fame) » où il ajoute du panache à sa voix et est accompagné d’un groupe qui n’hésite pas à aller contre les conventions habituelles du genre. De ce point de vue, letlive se distingue de la cohorte des groupes post-hardore avec une une maestria étonnante.

«  White America’s Beautiful Black Market » est ainsi une composition plus qu’engageante ; un crossover rock-rap qui évolue ensuite en une section où les 32 mesures traditionnelles d’une chanson pop sont brusquement sabotées à mi-parcours avant de déboucher sur une diatribe contre les gouvernements.

Les thèmes ne seront pas nouveaux mais la façon dont ils sont véhiculés musicalement leur donne une résonance inhabituelle. Il y a ici des mélodies, des structures dans les compositions qui sont claires ce qui donne à The Blackest Beautiful un aspect presque pop.

Voici un album qui ne délaisse pas la brutalité qui a fait connaître Letlive, mais qui est parfaitement contrebalancé par un esprit qui vise à l’expérimentation. Il est prélude à une question qui ne peut que surgir alors : vers où s’aventurera ce groupe la prochaine fois.

★★★½☆

25 juillet 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire