Salvia Plath: « The Bardo Story »

Beaucoup d’artistes, et ce dans différents genres, ont toujours été des tenants de cette volonté de retranscrire l’effet qu’ils imaginaient les drogues pouvaient avoir sur nous. Michael Collins, utilisateur notoire de certaines substances en fait partie avec et son nouveau projet psychédélique sous le nom de Salvia Plath, The Bardo Story, un disque dont la nature est si prégnante qu’il pourrait être considéré comme un exercice d’auto-parodie.

C’est sans doute l’intention de ce chanteur qui, depuis son premier nom de plume Run DMT, s’est spécialisé dans des chroniques plutôt narcotiques de ses supposées itinérances (il voyageait clandestinement en sautant d’un train à l’autre) à travers le pays.

La différence est, qu’aujourd’hui, Collins s’est affranchi d’une démarche technique aux mécanismes assez crus et qu’il se trouve désormais dans un mode qui continue à explorer les processus de l’inconscient et les réalités altérées mais le fait dans un registre plus traditionnel en termes de compositions.

Les interludes « ambient » ont disparu tout comme les instrumentaux qui semblaient chargés d’opiacés. « House Of Leaves » est un titre existentiel au psychédélisme poussiéreux et direct, « Bardo Sates » est un bredouillement aux brouillards en « reverb » multicolores et « This American Life » est un doo wop éraillé et désespéré rappelant Ariel Pink.

The Bardo Story emprunte donc des sentiers familiers, en particulier sur un « Salvia Plath » respirant les clichés du psychédélisme mais, même dans ces moements, il est clair que Collins s’emploie à explorer des univers beaucoup plus notables. Il y a, par exemple, cette tentative d’invoquer une sorte de psychedelia intellectuelle, de créer des états où l’esprit se transporte et se pose les grandes questions sur la vie sans pour autant s’aider de substances qui l’altèreraient.

Michael Collins aime sans doute les drogues mais il est capable, musicalement, de s’en affranchir. The Bardo Story est, en effet, un merveilleux album dont la vibration nous ramène rêveusement vers les années 60 avec les Beatles, les Byrds ou les Beach Boys (« Phases »). Il y a presque un nostalgie de cette époque où le psychédélisme avait encore un impact immédiat car bas » sur la « pop song ». Cet opus parvient délicieusement à recréer cet amalgame où mélodie et songerie ( « Stranded », « Pondering ») se mêlent ou s’éparpillent, et procurant ainsi un merveilleux état qui fait sourire intérieurement, non pas de béatitude puérile mais avec le bonheur que quelques accords proprement traficotés pouvait et peut encore véhiculer.

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