Willie Nile: « American Ride »

La résurgence de la carrière de Willie Nile est autant bienvenue que surprenante. Ce chanteur compositeur de New York sortit en 80 et 81 deux albums de folk-rock rocailleux unanimement encensés par les critiques qui ne trouvèrent rien d’autre qu’un faible écho malgré ses tournées incessantes. Des problèmes avec ses labels le laissèrent en sommeil jusqu’en 2004 et depuis, peu à peu, il est parvenu à mettre à jour quelques disques enregistrés de façon indépendante et demeurés souterrains.

American Ride est, aujourd’hui, un de ses projets les plus passionnés et les plus remarquables. On y retrouve pleinement assumée des influences urbaines à la Bruce Springsteen accompagnées d’un flair pour les mélodies accrocheuses et les chorus puissants qu’on, trouve chez quelqu’un comme Tom Petty.

La voix de Nile a retrouvé un certain allant et résonne de confiance avec des inflexions qui rappelle, ci et là, Steve Forbert, John Hiatt ou Graham Parker. Cette versatilité permet de passer des morceaux qui sont comme ces hymnes ampoulés (« This Is Our Time » qui ouvre le disque), au rockabilly fringantfaçon Stray Cats (« Say Hey ») ou à l’imagerie socio-religieuse de « God Laughs ».

Nile est, ici, dans son élément non seulement musical mais aussi géographique comme en témoignent «  Sunrise in New York City », chanson d’amour à sa ville qui n’est pas sans rappeler la pop vue par McCartney et le plus sombre « Life on Bleecker Street ».

Une reprise ici, le « People Who Died » de Jim Carroll prise sur un tempo rock et enjoué. Elle n’est peut-être pas la plus adaptée à un contexte dans lequel Nile rend hommage à son père et Carroll tous deux décédés. La seule ballade, « The Crossing », devra énormément à Randy Newman et Paul Simon et cohabitera avec un folk rayonnant, « American Ride » véritable « road-song » dans lequel le chanteur énumérera le plus grand nombre de villes inimaginables. La chanson-titre est, en fait, une double chanson d’amour dédiée à une fille et aux USA dotée d’une belle imagerie rappelant que Nile est aussi un lyriciste.

Ce titre est une chanson on ne peut plus synchrone avec un retour dont on ne peut pas dire qu’il ne soit pas réussi. Sachant que Springsteen, Petet Towshend ou Lucinda Williams sont des fans absolus, il ne reste plus, à vous aussi, qu’à le devenir.

★★★½☆

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