Owen: « L’Ami du Peuple »

Le terme « emo » évoque ces teennagers qui, même passé l’âge, ne peuvent se destiner à abandonner leur rébellion adolescente. Sur ce nouvel album sous le nom d’oWen, Mike Kinsella va continuer à élaborer autour de ce genre, lui apportant une touche de maturité gracieuse souvent manquante chez ceux qui sont sur ce registre.

Tout au long de L’Ami du Peuple, il va donc méditer sur ce qu’est la douleur, admettre qu’il est en pleine confusion mais, plutôt que de s’y complaire, va en chercher le contraste, le contraire.

Comme toujours Kinsella va se révéler articulé, réfléchi et comme investi. Il est vrai qu’une assez longue carrière à Chicago (Cap’n Jazz, Joan of Arc ou Owls dans lesquels il jouait toujours aves son frère) ainsi que le fait d’être père et d’atteindre 40 ans lui permet de regarder autour de lui et de dresser un bilan personnel.

Sur « Love Is Not Enough » il va soupirer sur ce constat que certains gens abandonnent et que des bonnes pomme vont pourrir signe de ce changement qui se manifeste aussi musicalement avec l’introduction d’un peu d’électronique et de cordes donnant épaisseur à son style acoustique.

L’Ami du Peuple va donc résonner entre deux pôles : l’affliction sera toujours présente (« Who Cares » avec se guitare sinueuse qui semble vouloir opérer une perfusion, « Bad Blood » un morceaux aux accents bruts parlant de dislocation émotive ou le hanté « Blues to Black » et son introspection perçante sur le temps qui passe et l’amour qui s’en est allé.

L’autre versant du disque sera constitué des réponses qu’il a trouvées. Il devient crooner sur « Vivid Dreams » évoquant la cristallisation de ces moments où la douleur a fait place à la rémission et, à l’intérieur même des morceaux où semble oeuvrer le désespoir, il pavien t à glisser quelques interstices où le répit se fraye un chemin et où le doux amer semble faire envoler le voile de tristesse qui enveloppe « Bad Blood ».

L’Ami du Peuple se révèle bien être ce qu’il proclame ; il fond de sensibilité et non de sensiblerie et, ne verse pas dans l’acrimonie mais dans l’empathie. C’est un disque de vétéran faisant partager la lumière qu’il aperçoit au bout de son tunnel.

★★★½☆

 

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