The Secret History: « Americans Singing In The Dark »

Le premier album de The Secret History, The World That Never Was, avait placé le groupe dans une tradition mélodramatique oscillant entre le « concept album » et l’exploration de certains mythes à la façon de Bruce Springsteen. Musicalement on était proche des New Pornographers ou des Smiths et, tois ans pus tard, le groupe de Michael Grace Jr récidive avec Americans Singing In The Dark.

Là encore nous aurons droit à une thématique assez large, la lutte de personnes essayant de survivre au seuil de ce siècle mais l’optique choisie sera de prendre des personnages différents, en autant de petites vignettes qui résumeront le tout.

Musicalement aussi, le combo va changer puisqu’il n’hésite plus à intégrer des éléments de new wave, punk, soul, dub ou folk.

The World That Never Was est donc un album bigarré mais regorgeant de titres unis par la même passion et une sensitivité hors pair. Il faut rendre honneur, à ce sujet, à la chanteuse Lisa Ronson (oui, la fille de Mick Ronson) dont la voix demeure toujours dans la douceur et la retenue et qui, quand elle chante en harmonie avec Jamie Allison, emmène le disque vers des sommets.

Grace lui-même apporte sa touche d’empathie dans son phrasé, une empathie mâtinée de sagesse qui donne à l’opus la sensation que cette intelligence permet une mise à plat des émotions de manière plus efficace que si elle était simplement une vocifération.

Ce mélange d’intellect et d’instinct accompagne les morceaux du disque et parviennent à nous affecter, que ce soit sur les turbulents « rockers » « Johnny Panic [Forget Everything] » ou « Gideon & The Zeroes », en abordant une synth-pop classieuse (mais sans synthés !) comme sur « Age of Victoria » ou sur des ballades à vous briser le cœur (« Isabelle & The Music », « Age of Marianna »).

Le morceau phare sera « Sergio » (et, à moindre titre, un « Anthony » un peu trop animé) une chanson d’amour tout sauf conventionnelle avec des vocaux qui vous hantent, rebondissent en vous comme pour en faire le miroir de vos propres réflexions.

Non content de cela, le groupe s’est chargé des arrangements, et ceux-ci parviennent à remplir l’espace et les espaces de façon contagieuse pour l’oreille. Ils peuvent être mesurés, les claquement de main sur « Eleanor (The City & The Sea », plus urgents (le solo de saxophone sur « Johnny Panic ») ou saupoudrés délicatement comme ces échos de dub sur « Danny Boyd (Low Tide in Harbor Town) » et sa somptueuse ligne de basse.

Il est assez rare qu’un groupe puisse si vite conjuguer chansons décharnées, honnêtes et passionnées avec une interprétation aussi nuancée et de bon goût. Le désespoir présent restent élégant et presque humble tout au long de ce disque ; en créant un album aussi inventif pour célébrer l’affliction, The Secret History nous livre une œuvre à la fois édifiante, réjouissante et inspirante.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.