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Bell X1: « Chop Chop »

En Irlande ils sont le deuxième groupe le plus populaire après U2 et ils gagneraient à être connus au-delà de leurs frontières. Leur musique est de la pop sans prétention, mélodique et soignée façon Crowded House ou le Radiohead initial, mais sur Chop Chop ils s’éloignent de leurs créations les plus récentes et se plongent dans un univers plus introspectif et auto-analytique.

Les tintements mélodiques de « Starlings Over Brighton Pier » ouvrent l’album nous dévoilant une facette plus élaborée, mêlent arrangements à cordes, cuivres et piano, le tout avec discrétion et mesure, comme si un air léger flottait au-dessus d’une houle maritime presque calme.

« A Tousand Little Downers » changera l’allure mais toujours avec cette sensation que les choses, ici une mélodie évocatrice de mélancolie, sont effleurées plutôt qu’assénées. Ainsi nos sens sont aiguisés et demandent presque ce qui va suivre, à savoir une section de bois et de cuivres apportant une touche finale discordante à un climat trop nuancé. « Dorama » mettra en valeur la voix délicate et presque efféminée de Paul Noonan, tout comme « Motorcades » une ballade délicieuse et sensible que des cuivres tout en retenue élèvent en apesanteur. Là encore, il sera intéressant d’entendre une chanson douce amère composée essentiellement d’accords en majeur, ce qui apporte une bouffée d’oxygène à ce qu’on entend généralement sur une chanson parlant de cœur brisé.

Ce titre sert de révélateur au fait que Chop Chop est un opus dépouillé et brut. Nulle trace de loops aux synthés ou de sons générés sur ordinateur, il s’agit ici tout simplement d’un album calme et posé avec une production impeccable. Les fans du Bell X1 original se consoleront avec le final « The End Is Nigh » mais ce ne sera qu’un coup de tonnerre au milieu d’une impressionnante collection de compositions.

★★★½☆

1 juillet 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Rose Windows: « The Sun Dogs »

Originaires de Seattle, Rose Windows se composent de sept membres ce qui n’est pas de trop pour ancrer leur son dans le stoner rock, le psychédélisme, et le chamanisme dans une démarche qui assume totalement son côté rétro. Ce dernier aspect est véhiculé à merveille par une voix, celle de Rabia Shaheen Qazi, qu’on pourrait comparer à celle de Grace Slick, hormis par le fait que son phrasé est moins emphatique et que sa théâtralité conserve toujours une facette mélodieuse.

Sur ce premier album, le résultat peut sembler direct et facile à appréhender : chorus âpres (« Walking With A Woman »), riffs élémentaires joués très fort (le « single » à la Deep Purple « Native Deams ») ; deux morceaux débordant de ferveur et de conviction. Mais ce qui rend The Sun Dogs plus intéressant est, indépendamment des vocaux, l’instrumentation qui prendra des tours assez baroques inhabituels. La flûte de Veronica Dye se pare de lourds échos sur l’introduction de « Native Dreams » y apportant une touche délicate et les arrangements de cordes et de piano complémentent et complexifient des changements d’accords qui, autrement, seraient sans surprise. « The Sun Dogs II : Coda » termine d’ailleurs l’album de manière stupéfiante à cet égard, un des exemples les plus satisfaisant que ce qu’un bon, simple et compact,songwriting (Chris Cheveyo) peut achever.

On comprend que ce dernier se soit éloigné du post-rock qu’était son début de carrière pour constituer un combo capable de générer atmosphères (à la fois sombres et sinistres mais élevées) et compositions dont les tonalités restent harmonieuses. The Sun Dogs pourra être facilement comparé aux deux premiers albums de Sleepy Sun par leur prétention toujours discrète et l’occasionnel passage acoustique, un « This Shroud » dont le subtil alliage entre influences orientales et blues du désert ravirait tout fan du Led Zeppelin période « Kashmir ».

En amalgamant savamment tous ces éléments, Rose Windows démontent que l’on peut toujours donner nouvelle vie aux vieux instruments du « classic rock ».

★★★½☆

1 juillet 2013 Posted by | Quickies | , , , | Laisser un commentaire

Treetop Flyers: « The Mountain Moves »

Dire qu’il y a quelque chose de familier dans la musique de Treetop Flyer serait enfoncer une porte ouverte. Le nom du groupe déjà se réfère à une chanson de Stephen Stills, on sait donc qu’on va avoir à faire à du « West Coast Sound » cuvée Crosby, Stills, Nash & Young et, à l’écoute, une petite touche Fleet Foxes y apportera une tonalité plus « moderne ».

Dans la lignée de ces derniers, de Mumford & Sons ou de Noah and the Whale, nous aurons droit à un folk-rock comme issu du Laurel Canyon des années 60 dans la mesure où banjos sont remplacés par guitares doucement électrifiés et esprit aérien et laidback. Le chorus qui ouvre l’album, « Things Will Change », est infectieux, porteur de ce soleil si généreux dans la Californie du Sud et tout l’album continuera dans cette optique, avec parfois quelques clins d’oeil du côté de The Band (« Houses Are Burning ») ou vers des climats plus tourbillonnants comme sur « Picture Show ».

Mais c’est surtout sur les morceaux lents que Treetop Flyers excellent. La voix de Harrison Reid est chargée d’émotion, que ce soit dans les titres hauts-perchés de la berceuse « Rose Is In The Yard » ou dans la voix de crooner sur « Waiting On You » émouvant hommage à son père décédé. Ce type de morceaux est représentatif de ce que l’on fait de mieux dans cette niche historique qu’est l’americana « chorale ».

Si on ajoute que Treetop Flyer est un combo londonien (sic!), qu’ils ait également varier sa formule avec un charmant doo-wop (« Postcards ») ou un folk acoustique, « Is It All Worth It », dont la simplicité brut clôturera The Mountain Moves avec élégance et musicalité, et on ne pourra qu’accompagner joyeusement ces échos de Fleetwood Mac , Crazy Horse ou des Eagles.

★★★☆☆

1 juillet 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Bosnian Rainbows: « Bosnian Rainbows »

Quand At The Drive-In explosa en vol en 2001 au faîte de sa popularité, les projets issus du groupe se scindèrent : les 3/5 du groupe formèrent Sparta poursuivant la tradition post-hardcore alors que le leader Cedric Bixler-Zavala et le guitariste Omar Rodríguez-López donnèrent naissance à un groupe « modern prog » :The Mars Volta.

Ce dernier, outre son travail solo, décidé de former à son tour un groupe, The Bosnian Rainbows, issu de son travail de producteur avec les punkers mexicains Le Butcherettes dont la chanteuse Gender Bender hérite ici de la fonction de porte-voix.

De groupe il s’agit, à l’opposé de la dictature douce qui présidait à ses autres projets. Inutile de chercher ici sa guitare stratosphérique ; il a, au contraire, une fonction plus en recul, un jeu atmosphérique et Bosnian Rainbows est plus caractérisé par des claviers que par des riffs monstrueux. Il y a, dans ce disque éponyme, plus du Cure et moins du King Crimson, le tout épicé par des beats électroniques, des synthétiseurs sombres et de bizarres scansions de guitares. Escorté par les vocaux à la fois aériens et organiques de Gender Bender, on obtient ainsi un étrange creuset où se déploie une jolie dream-pop indie.

Les « rockers » sont soigneusement espacés comme pour leur donner un plus grand impact : « Torn Maps » rappellera At The Drive-In et « Turtle Neck » révèlera un puissant staccato de percussions cohabitant avec de gracieuses harmonies vocales avant de déboucher sur une guitare enflammée.

Ce premier opus essaie donc de coaguler divers éléments ensemble. Les jams lentes et multi-couches forment la majeure partie de l’album mais les moments les plus accrocheurs seront ceux où le groupe de débride un peu.

Bosnian Rainbows n’est certainement pas un projet parallèle et, tout irrégulier qu’il soit, il constitue néanmoins un effort prometteur.

★★★☆☆

1 juillet 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Skillet: « Rise »

Dire qu’à ses débuts le rock était voué aux gémonies par les tenants de la « Christian majority ». Aujourd’hui, tout au moins aux States, les groupes de rock chrétien abondent et trencontrent une audience importante. Skillet en fait partie mais, à l’inverse de la plupart de ces combos, son optique musicale est délibérément post grunge ce qui le distingue de cette mouvance.

Rise est son premier album de puis 5 ans et se veut un « concept album » voir même un rock opera. Du premier il s’empare d’une histoire assez stéréotypée (la passage d’un adolescent à l’âge adulte) qui sera fort heureusement débarrassée de tout prosélytisme ; du second il empruntera une musique solide et grandiloquente oscillant entre Queen, le rock symphonique et le hard FM.

« Rise », « Sick of It », « Goode to be Alive » mettent en place le tempo et celui-ci ne variera que très peu (un freak out bienvenu sur « Circus for a Psycho », « une rock ballad » comme « American Noise ») et Rise se terminera sur un « rocker », « What I Believe », qui, pourrait-on dire, emballe le paquet.

Le problème de ce disque est que, si les morceaux ne sont pas mauvais en soi, ils sont trop interchangeables. L’album donne l’impression de se reposer sur une formule dont le groupe ne veut pas bouger. Les seules variations seront des vocaux partagés entre John Cooper et Jen Ledger ; ils ménagent des transitions fluides mais, elles aussi, sont trop systématisées pour engendrer la surprise.

Restent une interprétation sur laquelle il n’y a rien à redire si ce n’est le manque d’imagination, un produit soigneusement bouclé et formaté et la perspective que, comme sur ses opus précédents, Rise sera disque de platine (sic!).

★★☆☆☆

1 juillet 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire