No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Dave Davies: « I Will Be Me »

Dave Davies veut-il qu’on se rappelle de lui comme le guitariste fondateur du hard-rock ? Ce peut une impression initiale à l’écoute du début de son nouvel album solo sur « Little Green Amp » et, à un degré moindre, « Livin’ In The Past » où il, s’emploie à composer des titres qui semblent « sampler » les premiers hits des Kinks comme « You Really Got Me » ou « All Day And All Of The Night ».

I Will Be Me est, fort heureusement, autre chose que cela. Après divers problèmes de santé, Davies essaie de rebondir ici avec l’aide de punkers comme Anti-Flag, d(un groupe « rootsy » comme The Jayhawks (une délicate ballade, « Remember The Future »), d’une chanteuse bulgare Geri X et de Chris Spedding assurant la six cordes sur « Cote du Rhone (I Will Be Me).

Dire qu’il s’agit d’une déclaration d’intention ne serait pas exagéré dans la mesure où Davies continue de se voir comme un marginal. Sur « Mainframe » il incrimine la technologie et « I Will Be Me » le voit chercher à s’échapper d’une société où « You can’t do what you want anymore ».

Les meilleurs surprises de cet album seront, en fait, les chansons les plus douces. Souvent alimenté par le cynisme, Dave Davies célèbre ici l’arrivée d’un petit fils (« The Healing Boy ») ou le romantisme avec « When I First Met You », duo interprété avec Geri X. « The Actress » se voudra plein de soul et « Midnight in LA », le titre le plus anglais, offrira lui une excursion dans l’avenue des souvenirs.

On pardonnera certaines références à l’ufologie (son péché mignon) et on célébrera plutôt la quête existentielle qu’il a toujours menée : « Walker Through The Woods » évoquera son flirt avec l’Hindouisme, dont la trace est perceptible avec la cithare de « The Healing Boy ».

Les refrains de Dave n’ont sans doute pas la force de ceux de son frère Ray mais il est capable de se monter subtil et délicat ; après tout il est le compositeur de « Death of a Clown ». I Will Be Me permet d’effleurer une partie de la agie des Kinks, le son y est parfois, les vocaux aussi même, et c’est la dernière leçon qu’on peut tirer de ce disque, le rôle de Dave aux harmonies montre par comparaison ses limites en tant que lead vocalist.

★★★½☆

24 juin 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Tom Odell: « Long Way Down »

Tim Odell est un nouveau de ces « hypes » que les média britannniques nous mitonnent régulièrement. Le jeune artiste de 22 ans comparé souvent à Taylor Swift a, en effet, reçu le BRIT Awards Critic’s Choice et a été nominé pour le prestigieux BBC Sound Of 2013. Il était donc logique que son premier album soit attendu avec curiosité.

Ce qui frappe avant tout chez Odell c’est sa voix, celle-ci n’est pas sans évoquer celle de James Walsh (Starsailor) sur les dix morceaux qui composent Long Way Down ce qui, quelque part, finit par paraître affecté. Odell aurait-il tendance à amplifier cette image de pauvre jeune homme un peu perdu ? C’est un question qui se présentera en filigrane tout au long du disque.

D’autres problèmes font surface également à l’écoute de l’album : celui-ci reste constamment sur un registre égal, sans montées ni descentes, ce qui lui donne une tonalité monocorde et très vite brouillé. Hormis « Another Love » et « Til I Lost », Long Way Down va s’avérer laborieux et linéaire sans aucun soucis à nous ménager des passages musicaux entre ombre et lumière qui nuanceraient son propos. Le résultat est soporifique et bien souvent agaçant.

Allant de pair avec cela, Long Way Down est particulièrement auto-centé, le pronom « je » est répété un nombre incalculable de fois ce qui empêche à l’auditeur de ressentir une quelconque empathie avec le chanteur.

Au final ce « debut album » est construit de façon méticuleuse, artisanale mais peut-être un peu trop professionnelle. Les compositions ne sont pas désagréables, le piano à la Elton John accompagne joliment les titres mais si un conseil devait être donné à Odell pour espérer accomplir une carrière pérenne, ce serait de se tourner un peu plus du Tom Waits qu’il est capable d’émuler sur un «  I Think It’s Going To Rain Today » plein de baryton soul et de s’éloigner de cette diction pleurnicharde de petit garçon à qui Maman refuserait un hamburger.

★★☆☆☆

24 juin 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire