Sam Amidon: « Bright Sunny South »

Au fil des années Sam Amidon s’est discrètement fait connaître dans l’univers de la musique folk. Sa particularité ? Être l’héritier de cette tradition au sens le plus strict du terme mais y infuser quelque chose de frais en ne sortant pratiquement que des albums de reprises, bref assumer ses références sans être ouvertement dans la révérence.

Ce qui le distingue des autres folksingers est fait d’arrangements qui montrent une volonté de dévier de la norme, une voix richement expressive et la qualité desdits morceaux. Ces qualités ont été mises en avant par des producteurs issus d’autres univers (le musicien électronique islandais Valgeir Sigurðsso et le prodige néo-classique Nico Muhly pour les cordes de son précédent opus).

Sur Bright Sunny South, il récidive en utilisant les talents de Thomas Bartlett, Shahzad Ismaily, Chris Vatalaro et Kenny Wheeler, montant ainsi son intérêt pour le jazz et aborde ses « covers » de manière plus souple et improvisée, en traficotant accords et textes tout en n’en dénaturant rien.

Il y a un côté mélancolique dans ses chansons, exemplifié par des titres comme « Short Life » et « Pharaoh » inondés d’orchestrations de musique de chambre. Sur «  He’s Taken My Feet », une trompette va accompagner un éloge funèbre accentué par le bruit sec d’un tambour tout comme dans « I Wish I Wish » où la trompette jazzy semble disparaître du décorum. 

Sa version du « My Good Friend » de Tim McGraw va néanmoins nous alléger ce cette atmosphère tamisée par son côté enlevé et optimiste donnant une nouvelle direction à l’album. Il s’agira alors de déstructurer certaines compositions. Le «  Shake It Off » de Mariah Carey (rebaptisé «  Shake U Off ») va être méconnaissable, aplati et doté d’un caractère poignant et intense qui recrée l’original et « As I Roved Out » va être proprement libératoire de par son dépouillement et la ferveur mise dans un banjo rustique et une voix qui dialogue avec lui.

Amidon a décrit Bright Sunny South comme étant un album solitaire. Il a néanmoins une versatilité excentrique mais celle-ci ne sera jamais gratuite, son éclectisme est mis au service des compositions ; en cela il demeure toujours et encore dans la tradition folk , celle dans laquelle le phrasé épouse la mélodie et les textes font le reste.

★★★★☆

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