Deafheaven: « Sunbather »

Deafheaven est un groupe de metal pas ordinaire. Il s’inspire autant du post-rock que du hard pour créer une sorte de black metal atmosphérique inspiré de Godspeed.

Sunbather est le deuxième album de ce combo de San Francisco et, tout comme le premier Roads To Judah, il va diviser ceux qui s’émerveillent de ses qualités transcendantales et les plus puristes qui les considèrent comme perdu toute authenticité. Le problème est que cette distinction ne rend pas justice à un ensemble qui est beaucoup plus proche du courant « screamo » (style qui reprend le lyrisme de l’emo et lui greffe une musique hardcore) et de groupes comme Envy.

Distinction de cuistres metalleux faite, le titre d’ouverture « Dream House » en est une très bonne représentation, s’étirant sur neuf minutes d’émotions mais aussi de rythmes explosés et de cris qui en feraient une idéale BO de Freedy.

Tout ceci pourrait être convenu et stéréotypé si chaque morceau ne se singularisait pas par des moments surprenants et atypiques évitant à l’album de tomber dans le redondance. Chaque pause dans le vacarme va nous faire nous demander si celle-ci sera suivie d’une nouvel accès de fièvre sonique montant encore plus haut ou si celui-ci va s’écraser bruyamment au sol.

Sunbather est donc composé de 9 titres qui vont s’écouter avec fluidité, comme s’il était porteur d’une mission et que la destruction se devait d’être soigneusement contrôlée et voisiner avec la relaxation. « Vertigo » durera 14 minutes et ne cessera de nous solliciter, nous faisant comprendre qu’il ne s’agit pas de jouer le plus fort possible mais de déceler la beauté qui se niche dans les interstices et les transitions.

Cela peut se faire de manière trompeusement simple (un « Irresistible » exempt de distorsion) ou « ambient » façon Godspeed avec « Windows » qui débouchera sur le chaos, deux titres dont la présence sur cet renforcera l’impact.

Sunbather est un disque de metal exceptionnel, son l’attrait ne résidera pas dans la force, mais par ses éléments constitutifs, dissociés ailleurs ou chez autrui, qui, ici, permettent de former un tout : qui a parlé de « transcendance » ?

★★★★☆

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