Rapid Talk: Interview de The Pastels.

Près de 20 ans après leur séparation, les Pastels sont de retour avec Slow Summits et un line-up quelque peu changé mais dans lequel figurent encore Stephen Pastel et Katrina Mitchell. Dans une discussion à bâtons rompus, un peu comme la couleur de ce nouvel opus, ils évoquent ce long interstice passé et ce qui, désormais, les attend.

pastels_1_photo_credit_blair_young_hi_res© Blair Young

Je ne vais pas être le premier à mentionner ce long hiatus. (Rires)

Stephen : Quand vous êtes au milieu de tas de choses, vous perdez conscience du temps qui passe. Le fait que Anabel (Wright une des fondatrice du groupe) soit partie était assez significatif dans la mesure où nous formions un trio assez égalitaire et que nous avions une vision commune. Il nous a fallu du temps pour réfléchir à ce vers sur quoi nous allions évoluer. Nous avons eu la chance qu’on nous demande d’apporter notre contribution à des musiques de films.

Katrina : Nous n’en avons fait qu’une ensemble pour l’instant…

Stephen : On a aussi fait de la musique pour des pièces de théâtre. A certains moments vous pouvez travailler très vite, surtout pour un groupe comme le nôtre qui a eu une longue existence, mais il y a des périodes où vous avez besoin de renouveler vos idées.

Katrina : On est entrés en contact avec Domino Records et les choses se sont passées plutôt bien. En même temps nous avions tous deux des choses à gérer, familiales ou autres, aussi nous avons pris le temps nécessaire pour fabriquer un album dont on puisse être fiers.

En quoi ces autres expériences musicales ont pu influencer la genèse et la conception de Slow Summits dans la mesure ou soniquement vous avez pas mal changé ? (Rires)

Stephen  : Je crois que nous allions dans cette direction de toutes manières. Je crois C’est d’ailleurs par cette raison qu’on nous a demandé de travailler dans le cinéma. Beaucoup de choses ont coïncidé  : Tom (Crossley, multi-instrumentiste de International Airopt) s’est joint à nous et nous a beaucoup apporté, notre instrumentation (flutes, trompettes…) a transformé notre son en quelque chose de nouveau. Durant les eighties il y avait trop de guitare, de pop en distorsion et nous avons procédé par petites éliminations progressives pour arriver à cela.

Katrina  : C’est bien de se concentrer sur une musique qui ne soit pas uniquement du divertissement. Nous avions fait quelques instrumentaux assez courts pour le théâtre et la suite logique était de passer plus de temps à cela avec toujours cette idée que nous étions en apprentissage. Il est difficile de jouer sur l’espace tout en restant simple, de percevoir en quoi une musique peut générer un visuel.

Demeure néanmoins la même atmosphère de mélancolie.

Stephen  : Le fait d’écouter des choses venant de plusieurs sources rejaillit sur vous et vous inspire un certain climat. Cette sensibilité fait parti du «  son Pastels  ». Quand vous créez quelque chose, le produit est toujours un reflet de qui vous êtes. Je pense être une personne qui réfléchit trop parfois.

Katrina  : Je ne suis peut-être pas aussi mélancolique et cérébrale que Stephen(Rires). En même temps la musique que nous préférons contient toujours des éléments de désir et de manque.

Ce disque, je trouve, est plus en phase avec votre nom  ; il est plus «  pastellisé  » que les Pastels ne le sont, dirais-je.

Stephen  : Peut-être avons-nous mis en accord notre patronyme avec notre goût des nuances. (Sourires)

Le titre d’ouverture, «  Secret Music  », fait référence à la pluie dans une rue…

Stephen  : Les analogies nous viennent le plus souvent quand une image assez forte vient à l’un d’entre nous. Ensuite vous essayez d’y greffer textes et musique. Ici, il s’agissait d’imaginer à quoi ressemblait une ville la nuit, un néon brouillé par exemple, pour ensuite suggérer une idée de romance ou d’espoir mais aussi d’inconnu. Ce que nous voulons suggérer est que ce qui se passe n’est pas ce que vous voyez en un simple coup d’oeil.

« Night Time Made Us » est une chanson sur l’amour perdu il semblerait.

Stephen : Je regardais en arrière, l’époque où j’avais 18 ou 20ans et où, tout en respectant mes parents, je souhaitais voler de mes propres elles, choisir mon destin. Là encore, je suis partii d’une image forte, la maison de mes parents, et la suite en a découlé.

Vous êtes deux à chanter, pourtant vote point de vue n’est ni masculin ni féminin.

Katrina : En général nous interprétons nos compositions.sauf sur « Secret Music » où Stephen m’a demander de chanter, ce qui était très flatteur. (Rires) J’avais écrit quelques vers pour Stephen sur « Check My Heart » mais il a refusé de les chanter (Rires).

Stephen : Je les trouvais trop bizarres et j’ai eu beau essayé je n’entrais pas dedans.

Vous n’avez pas ce problème sur les instrumentaux… « Slow Summets » par exemple a une tonalité différente.

Stephen : Je crois que c’est venu des musiques que nous avons composé. Ce qui se passait se situait plus haut que nos voix et cela nous a appris à prendre en compte les espaces. IL fallait que celui qui écoute soit capable d’utiliser sa propre imagination. Je suis très influencé par Swell Maps ou Faust et cette idée d’aller d’une situation à une autre.

Le titre de l’album évoque pour moi l’idée d’une ascension laborieuse. Quel sens avez-vous donné à Slow Summits ?

Stephen : je crois que c’était une bonne manière de nous rééfrencer nous-mêmes. Nous sommes toujours dans l’idée que nous avançons, on l’espère vers le haut, mais lentement et que le sommet est toujours éloigné. C’est vrai qu’il y a une idée de quelque chose de laborieux ; mais c’est aussi une idée assez moderne, la « slow food ». (Rires) C’est une réaction contre ce qu’il peut y avoir d’effervescent et de pressé dans la vie d’aujourd’hui. C’est une agression contre laquelle Slow Summits essaie aussi de réagir.

 

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