Daft Punk: « Random Access Memories »

Daft Punk a toujours joué sur une image, d’autant plus que celle-ci se veut être celle de l’anonymat. « Jouer » est d’ailleurs bien le terme puisque le duo de veut silencieux (rumeurs distillées au compte-gouttes sur les artistes participant à ce nouvel album), interview refusées (sauf, comme par hasard, magazine à grand tirage) et surtout cette latence imposée depuis le disque précédent (2007).

La logique est respectée puisque Random Access Memory est un « produit » peaufiné, que les invités répondent présents (Nile Rodgers, Giogio Moroder , Julian Casablancas, Pharrell Williams ou Panda Bear) , bref nos petits français sont, à ce niveau-là, plus diserts quand il est question de tenir ce que le bout des lèvres a promis.

« Let the music of your life lead right back to music » est la profession de foi qui introduit « Give Life Back To Music » comme pour donner sens à une approche. Celle-ci va demeurer peu surprenante comme nous renseigne « Lose Yourself To Dance », c’est donc peut-être par rapport à l’usage qui est fait des protagonistes qu’il convient d’appréhender ce que Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo proposent.

La production de Nile Rodgers sur le premier titre emboîte le pas à ce qui est pressque une réflexion nostalgique ou une machine à explorer un temps où…, elle façonne « Get Lucky » à l’inverse en un hit disco adapté au 21° siècle et sait imprimer à « The Game of Love » une signature où la « soul » façon Hall & Oates voisine avec des vocaux robotiques.

« Giorgio By Moroder » parlera de lui-même et « Instant Cush » s’enorgueillira de la touche rock avec Julian Casablancas (les Stokes passés au vocoder), bref on ne pourra pas reprocher à Daft Punk de mettre la bride sur le cou de ses invités et de tirer la couverture à lui.

Le fait d’avoir des collaborateurs venus d’ailleurs n’est pas nouveau ; ils sont ici bien utilisés . Une fois de plus Daft Punk manipule très bien son produit et Random Access Memory atteindra sa cible sans rien révoltionner.

Est-ce d’ailleurs ce à quoi le duo aspire. On peu en douter en se référant au titre de l’album ; ces « mémoires volatiles » qui, au fond, leur correspondent très bien. Au même titres que ses invités, ce disque ne sera qu’un instant d’oecuménisme électro gravé dans tout sauf la pérennité.

★★★☆☆

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