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Hooded Fang: « Gravez »

Hooded Fang est un groupe canadien dont Gravez est le troisième album. Comme les précédents il est fidèle à une image vintage pop plutôt ensoleillée mais il entreprend aujourd’hui de lui donner un peu plus de tranchant punk. Pour cela le tempo sera acéré, l’inspiration lyrique plus sombre mais Hooded Fang va s’efforcer de maintenir une atmosphère estivale, dont la particularité serait d’être un été qui s’avérerait se présenter en chute libre.

L’introduction, « Dry Range », dure à peine trente secondes mais elle est d’un calme qui est annonciateur d’une tempête imminente, et celle-ci sera « Graves ». La basse est vrombissante et se coltine de plein fouet une guitare heavy metal. Les vocaux seront pourtant plus liquoreux, un peu comme s’il voulaient adoucir le fracas instrumental. Le mélange sera alors curieux avec des textes emplis de paranoïa mais sonnant toujours au bord de l’extase. Quand le tempo sera plus ralenti, sur « Bye Bye Land » par exemple, le combo parviendra à évoquer ce que peut-être une après-midi à la plage dont le côté brumeux donnera la sensation qu’on est sous l’emprise de stupéfiants quelconques.

La même humeur se retrouvera sur « Wasteland » avec un riff de guitare tropical triomphant qui ensuite se fond dans la lo-fi et, comme pour accentuer, le côté décalé de certains climats, « Trasher » versera dans le non-sens.

Gravez est donc un disque plutôt curieux. Il aborde certains sujets assez graves mais il le fait toujours au travers d’élements « fun » à tirer des compositions. C’est sur ce contraste que repose leur formule, la faconde artistique de ce nouvel opus ne devrait pas les dissuader de l’abandonner.

★★★☆☆

31 mai 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Free Time: « Free Time »

Ce combo situé à New York ne va pas révolutionner la pop rock par son approche simple et efficace. Son ambition est de nous fournir une musique légèrement éraflée par la les vocaux nasillards de Dion Nania rappelant Tim Vass des Razorcuts, des guitares en carillon, une basse mélodique et des percussions swinguant doucement.

La tradition est celle de cette indie-pop innocente dans la veine du courant C86 ; une approche dénuée de toute affectation, presque « slacker » avec des compositions tout sauf ambitieuses.

Le résulat est charmant à défaut d’être charmeur : « World of Love » se garnit d’un pipeau jouant avec la dissonance, « It Doesn’t Stop » évoque mélancolie où Nania se risque à des inflexions de crooner et la plupart des titres seront ainsi des morceaux mid-tempo construits autour d’accord mineurs (« I Lost Again ») ou de refrains paresseux (« I Lost Again »).

Pour que cette formule ne soit pas trop ressassée le groupe va néanmoins se monter capable d’énergie comme qur le noisy « Just One » et le solo de guitare sur « Nothing But Nice », tous deux inspirés de Pavement.

Free Time est l’exemple parfait de ce premier disque où un groupe essaie de mettre en avant ses influences tout en, toutefois, s’efforçant de ne pas en être prisonnier. Il est indéniable qu’il les maîtrise, reste que leçon bien apprise n’est pas encore synonyme d’inspiration. Celle-ci se trouvera, on l’espère, dans des mélodies plus accrocheuses promptes à susciter autre chose qu’une atmosphère où la bienséance, un peu trop de mise ici, se ternira avec certaines écorchures, présentes certes, mais pas encore assez assumées.

★★½☆☆

31 mai 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire