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It Hugs Back: « Recommended Record »

Malgré son nom (« hug » signifiant « câlin ») It Hugs Back n’est pas un combo faisant dans la mièvrerie. Si les deux premiers albums du groupe étaient relativement calmes et presque sédatifs (vocaux murmurés, guitares retenues), Recommended Record est une toute autre affaire.

Menés par Matthew Simm (guitariste des tournées de Wire), IHB semble avoir délaissé les tonalités pastels et vaporeuses avec des compositions plus directes, denses, tendue et drues. Même si on n’exagère pas le rôle de Simms, ce dernier apporte des connotatioàs plus viscérales et brutales comme sur « Sa Sa sa Sails » le titre d’ouverture. Celui-ci capte instantanément l’attention par sa concision, deux accords simplement tout comme un « Big Sighs » et ses deux minutes de distorsion métallique. « Go Magic ! » sera servi par une résonnance T. Rex inattendue tout comme sera surprenant le piano rock de « Lower »

Le reste du disque voit le groupe perpétuer ce rock indie anglais vaguement hérité des années 80 mais en lui donnant des colorations plus affirmées et vives. « Teenage Hands » a beau être laid-back, il fait preuve d’énergie et « Recommended Records » qui donnera le signal de fin au disque le clôturera sur une note euphorique et punchy.

Au total, IHB a une attitude bricoleuse assez prononcée sur cet album. Peut-être est-elle liée à cette volonté de venir à bout d’une certaine image trop éthérée. Les explorations musicales abordent certainement trop de styles différents pour donner cohérence mais la façon policée dont elles sont assurées sont déjà symptôme d’un professionnalisme à qui il ne manquera qu’un déclic fondateur pour être recommandé.

★★½☆☆

30 mai 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Sparrow & The Worshop: « Murderopolis »

Pour un groupe comme Sparrow & The Workshop, artistes écossais qui s’efforcent, paraît-il, de mêler alt-folk et post-rock, Murderopolis est un album curieusement modeste et sans prétentions. Cela est rafraîchissant et original comparé à des groupes qui s’efforcent de se surcharger de bagages musicaux.

Ce troisième disque, lui, est presque nonchalant et discret, comme une ballade sifflotante au travers de diverses influences restant suffisamment effleurées pour garder véhiculer simplicité et familiarité.

Le titre d’ouverture par exemple, « Valley Of Death », parvient ainsi à évoquer le déroulé singulier et effrayant de Nick Cave tout en, grâce à la voix de Jill O’Sullivan, conjuguer un climat à la Dolly Parton. « Darkness » est un rocker tremblant et lustré, chaloupé avec cette désinvolture aisée que l’on retrouve chez Les Raconteurs, « Odessa » sera une somptueuse oraison à la PJ Harvey et les secousses gothiques de « Shock Rock » sont traversées par un glamour, poussiéreux toutefois, façon Howling Bells.

Ce qui lie cette démarche apparemment brinquebalante c’est le phrasé de O’Sullivan, capable d’insuffler une douce tristesse très country sans néanmoins verser dans le mélodrame. Ses vocaux charismatiques fournissent ainsi un style unique aux compositions. Les seules fautes de goût seront « Murderopolis » un peu trop emphatique précisément dans les climats fantomatiques qu’il veut souligner et un « The Faster You Spin » vitriolique et bilieux alors que les sens appelleraient à un peu de nectar.

Autrement, ce disque sera une balade agréable, survolant les choses sans s’y attarder, mais avec assez de zest pour qu’on ait envie de les effeuiller.

★★★☆☆

30 mai 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Kylesa: « Ultraviolet »

L’album précédent de ce groupe hard-psychedelia, Spiral Shadow, se caractérisait pat une atmosphère boueuse mais qui ne manquait pas, pourtant, d’éclaircies tendues par des éléments qui procuraient une certaine accalmie sonique et parfois même entraînante.

Sur Ultraviolet le combo géorgien semble avoir voulu s’emmitoufler à nouveau dans la face plus marécageuse de son alchimie musicale, sise entre des racines presque gothiques et ténébreuses et des courants plus psychédéliques et, par éclipses, presque pop.

Ce mélange va prendre longtemps à prendre, mais , quand il le sera, ce sera avec une certaine efficacité. L’album va débuter sur un « Exhale », assaut presque free-form de post-harcore et de métal avec des vocaux mixtes partagés entre Laura Pleasants et Phillip Cope superposant leurs inflexions sauvages. Les sections les plus « heavy » seront néanmoins comme ventilées par l’essor de nombreux breaks puissants et des effets trippy apportant une couche moins ravageuse. L’interaction va se faire encore plus prégnante sur le belligérant « We’re Taking This », intéressante variation sur les clichés du stoner rock et du métal rétro, ou sur les échos quasi interstellaires d’un « Unspoken » que les accords tordus font sonner comme un rock progressif s’arrêterait avant de trop l’être. « Drifting » amènera une petite dose de « space rock » mâtiné de « shoegaze » et « Vulture’s Landing » s’apparentera à du Smashing Pumpkins ayant découvert la béatitude mélodique.

Même si Ultraviolet est, selon ses membres, le résultat de galères traversées, il a le mérite de ne pas être trop confessionnel et de surtout s’attacher à apporter une certaine retenue aux ruminations évoquées. L’intensité « heavy » sera souvent colmatée par des climats éthérés (« Steady Breakdown » et ses riffs serpentins et un phrasé méditatif). Parfois même ,les vocaux prendront une qualité hymnale comme pour souligner que que derrière l’ultraviolet, se forment, plus visibles, des rayons vaporeux vecteurs d’assouvissement.

★★★½☆

30 mai 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire